Albums du moment
Pochette Queen Of Time
Pochette Geometria
Pochette Hypercut Pochette Muerte

logo Sumac

Biographie

Sumac

Aaron Turner est un homme très occupé et ce malgré la séparation d'Isis et la fermeture de son label Hydra Head Records. Lorsqu'il ne compose pas aux côtés de Nate Newton (Converge), Caleb Scofield (Cave In) ou Faith Coloccia (Mamiffer), celui-ci est sans cesse en quête de nouveaux horizons.
Il croise ainsi sur sa route Nick Yacyshyn, Canadien de naissance et batteur de profession dans la formation Baptists. De cette rencontre né Sumac en 2014. Le duo sera également rejoint lors des sessions studio par Brian Cook (Russian Circles). La sortie d'un premier album intitulé The Deal est rapidement annoncée tout comme la signature du groupe chez Profound Lore Records la même année.

American Dollar Bill - Keep Facing Sideways, You're Too Hideous To Look At Face On / Collaboration avec Keiji Haino ( 2018 )

Tour à tour régleur de boussole de Isis, agitateur des boues de dragage de Old Man Gloom, étireur des notes suspendues de House of Low Culture, allongeur des rythmes éthérés de Mamiffer, collecteur des sons improbables de Lotus Eaters ou des fréquences spectrales de Drawing Voices, épaississeur d'ambiance de Thalassa ou vrombisseur (oui, ok... et alors?) des cordes de Sumac, en même temps patron de maison de disque (feu Hydrahead, Sige), arrangeur, producteur, graphiste et donneur d'envie d'envisager à nouveau le support cd (si si, allez voir les cd sleeves grands formats carrés du « A small turn of human kindness » de Harvey Milk ou du « Planets of old » de Cave In), et alors qu'il vient tout juste de célébrer son quarantième anniversaire, Aaron Turner continue de donner l'impression qu'il a déjà vécu de nombreuses vies d'artiste. Et quelque chose nous dit qu'il n'est pas près de mettre fin à ses audacieuses pérégrinations.
Alors lorsque Sumac, son projet central depuis 2015, celui avec lequel il enregistre et tourne le plus, rencontre Keiji Haino, légende dépositaire depuis les années 70 d'une contre-culture à lui tout seul, cela donne une collaboration aussi inattendue que détonante : American Dollar Bill – Keep Facing Sideways, You're Too Hideous To Look At Face On ou soixante-sept minutes d'improvisation pure et sauvage, divisées en cinq titres provocateurs.
Multi-instrumentiste sexagénaire ayant collaboré avec tous les musiciens les plus fondus du monde, de Brotzmann à Zorn, de Merzbow à O'Malley et ayant expérimenté dans sa longue discographie les styles les plus hétéroclites, Keiji Haino joue de la flûte sur American Dollar Bill, pose quelques plages de guitares et prête sa voix sur trois titres. Le résultat est fascinant. Les vocaux de la légende japonaise résonnent comme un croisement génétiquement trafiqué entre les cris orgasmiques de Irène Papas sur ∞ (Aphrodite's Child666) et le chant sous influence fongique de Damo Suzuki sur les meilleurs albums de Can (Peking O sur Tago Mago par exemple)... Can... la référence est lâchée... On ne pourra pas ignorer que American Dollar Bill sonne comme un hommage « post-moderne » au mythique groupe allemand et, par-delà, au krautrock et à ses délires hypnotiques improvisés. Un hommage à peine travesti par les géniales sonorités « post-tout » de Sumac ; de la lourdeur diaphane avec flûte de l'intro du premier titre au vortex noisy et épais de I am over 137% a love junkie and still it's not enough Part 1&2, le trio américain donne ici à entendre une magistrale aventure sonore et prouve que leurs augures musicales gravitent déjà ailleurs et autrement.
« Autrement » car, malgré les vocaux de Keiji Haino, imprévisibles et déroutants, la vrai valeur ajoutée de cet album collaboration réside dans l'incroyable inspiration des deux titres instrumentaux – What Have I Done (Part 1&2) - où les cordes de la basse de Brian Cook (ex-Botch, Russian Circles) tempêtent comme rarement (merci à Kurt Ballou qui a mixé tout ça) et où les drums de Nick Yacyshyn (Baptists), libérés par le contexte de l'improvisation, colonisent l'espace pour oser les rythmes et les breaks les plus incroyables. Quant à Aaron Turner, il profite de l'occasion pour livrer les miscellanées de son audacieuse œuvre guitaristique... Une pure démonstration !
American Dollar Bill est un album essentiel car inattendu ; urgent car intemporel. Si cet album a dévoilé l'évolution future de Sumac, on se réjouit d'avance.

PS : Réécoutez Can. Encore. Toujours.

A écouter : What Have I done... et tout le reste.
11.5 / 20
0 commentaire
logo amazon

The Deal ( 2015 )

Est-il besoin de présenter à nouveau Aaron Turner (Isis, Old Man Gloom, Mamiffer, Lotus Eaters, House Of Low Culture...) ? Son curriculum vitæ parle de lui-même. Musicien, chanteur, graphiste et fondateur des labels Hydra Head et SIGE Records, cet artiste accompli est l'un des plus difficiles à suivre de par son actualité chargée. Pour son nouveau projet en date du nom de Sumac, Aaron s'est adjoint les services du batteur Nick Yacyshyn (Baptists) ainsi que la participation auxiliaire de Brian Cook (Russian Circles, Botch) afin d’enregistrer les pistes de basses de The Deal, leur premier album. En voilà une carte de visite pour le moins alléchante.

Pourtant, il est difficile de ne pas penser à OMG à l'écoute de cet album qui sonne d'une manière tout à fait caractéristique. Cette volonté de faire s'aligner Sludge et Noise a toujours été une des nombreuses marques de fabrique de l'ex-frontman d'Isis, avec sa patte rauque reconnaissable. Et c'est bien là le problème car à aucun moment Sumac n'a le mérite de surprendre l'auditeur. Riffing monochrome, répétitions indigestes, longueurs qui auraient tendance à faire piquer du nez tout comme ces ambiances en fin de titres qui n'en finissent pas (The Deal)... Il semblerait que cette nouvelle formation soit davantage un prétexte à user le stock d'idées non retenues durant l'enregistrement de The Ape Of God qu'à une véritable expérimentation sonore digne d’intérêt à ajouter à la liste de Turner.
Une fois passés l'intro drone vibrante et l'outro bruitiste, pistes aussi interchangeables qu'inutiles, et la durée surévaluée des morceaux qui mériteraient une découpe approfondie en plusieurs sous-parties, que reste-t-il ? Et bien pas grand-chose. Évidemment ça tabasse fort et on en prend plein la tronche, mais l'album n'offre guère plus. Yacyshyn se démène tant bien que mal pour maintenir attentif l'auditeur et y parvient par moments en proposant un martèlement de ses fûts aussi technique qu'inventif qui sait se mêler aux riffs répétitifs d'Aaron (Hollow King).

Malgré une production colossale, la première écoute nous laisse avec un sentiment d'incompréhension. Impossible de savoir ce qu'il vient de se produire dans nos tympans car aucun message ni aucune âme ne semble se dégager de The Deal, et la chute est d'autant plus grande que les attentes étaient élevées autour de cette nouvelle "superformation".
Après les brillants The Ape Of God d'Old Man Gloom et Statu Nascendi de Mamiffer, on pouvait s'attendre au retour d'un de ses nombreux projets ou à un certain compromis entre ces récentes sorties. Aaron Turner en a décidé autrement. Il n'est malheureusement pas toujours possible de retrouver la complicité de composition de Nate Newton (Converge, Doomriders...) ou Stephen O'Malley (Sunn O))), Khanate...) chez n'importe quel musicien décidé à élaborer un nouveau groupe.

A écouter : Blight's End Angel