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Biographie

Sulphur Aeon

C'est des profondeurs du mythe de Lovecraft que naît Sulphur Aeon en 2010 du côté de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. T. (Guitare / Basse), M. (Chant) et D. (Batterie) sortent tout de suite une démo Sulphur Psalms y développant un Black Metal / Death Metal abyssal. Une signature avec Imperium Productions leur permet de sortir l'ep Deep Deep Down They Sleep en 2012 et surtout l'album Swallowed By The Ocean's Tide qui fait baucoup de bruit dans le milieu underground.

Chronique

15 / 20
1 commentaire (14/20).
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Gateway To The Antisphere ( 2015 )

Quand une formation frappe fort avec son premier opus, c’est logiquement que le second soit attendu de pied ferme. Lorsqu’en 2013 Sulphur Aeon sortit Swallowed By The Ocean's Tide les critiques furent unanimes. Tout le monde salua une réalisation inspirée, brutale, subtil mélange de Death outre-Atlantique violent et de Dark Metal Scandinave. Deux ans plus tard, les Allemands sont de retours avec une nouvelle galette sous le bras Gateway To The Antisphere et visiblement avec une certaine envie d’en découdre.

Pour cette nouvelle œuvre le trio germanique reste dans la thématique de son premier succès : l’univers de Lovecraft et le mythe de la bête Cthulhu. Un sujet vaste, nourrissant bien des fantasmes, qui permet beaucoup de liberté dans l’écriture. C’est avec une introduction sous forme d’incantation, …To Drown This World, que Sulphur Aeon décide de nous plonger dans son monde, une manière somme toute classique, mais qui a le mérite de poser des bases et permet une immersion en douceur. Une douceur relative qui est vite remplacée par un véritable mur de son. Les Allemands ont fait le choix d’une production massive, Devotion To The Cosmic Chaos possède des riffs épais, ravageurs, et une batterie puissante, les frappes sont très lourdes et écrasent tout sur leur passage. Ce qui pourrait être considéré comme un manque de finesse, marque plutôt une envie d’imposer un son dévastateur qui cloue l’auditeur sur place en lui démontrant avec force de quoi le groupe est capable. Si effectivement la brutalité est l’élément prédominant de Gateway To The Antisphere il n’en reste pas moins que Sulphur Aeon sait également faire dans la nuance, Calls From Below bien que tout aussi massif, est beaucoup plus down-tempo dans son ensemble. La violence fait ici place à une terreur bien réelle, bien aidée il est vrai par des vocaux qui se veulent très profonds, accompagnés par un effet de reverb dont les échos frappent et résonnent encore longtemps après avoir été prononcés.

La première partie pouvant évoquer par moment les dernières sorties de Behemoth, notamment au travers de la production, la seconde, se veut en revanche bien plus inspirée. Abysshex ou Diluvial Ascension - Gateway To The Antisphere sont des titres plus variés et complets. Sulphur Aeon apporte plus de richesses dans la composition. Un véritable duel de guitares se joue, l’une imposant une rythmique toujours aussi solide, et l’autre se lançant dans des leads mélodieux, qui pour le coup, font basculer Gateway To The Antisphere dans une atmosphère plus froide et mystérieuse. Beaucoup de formations donnent tout sur les premiers titres, puis vient l’heure de l’ennui. Ici c’est un peu l’inverse, une belle montée en puissance se fait au fil de l’album, un crescendo intéressant dans sa structure et son approche mélodique,  pour un disque qui, après plusieurs écoutes s’avère être taillé pour le live.

Sans changer radicalement de style et de formule, Sulphur Aeon joue ici la carte d’un album plus brutal avec une grosse production qui pourrait tout de même désarçonner les fans de la première heure.

A écouter : Abysshex