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Biographie

Streetlight Manifesto

Streetlight Manifesto s'est formé autour de 3 musiciens déchus de Catch 22 qui ont participés à l'enregistrement de Keasbey Night (Tomas Kalnoky (chant, guitare&composition), Josh Ansley (basse) et Jamie Egan (trombone) .
Entourés au départ de 3 ex-One Cool Guy pour constituer un groupe hétérogène (2 guitares, 2 sax, 1 trompette, 1 basse et 1 batteur) ils sortent leur première Demo EP en 2002, un EP qui leur vaudra une signature chez Victory Records (maison de Catch 22).
Nous retiendrons de la guerre médiatique menée entre les 2 formations, que Streetlight Manifesto cherche son cœur de cible dans les fans de Keasbey Nights qui auraient été déçus par les albums suivants des C22.
Mais cette démo de 4 titres rassurera bien vite son monde tellement finalement le groupe ne s'attaque pas ouvertement par sa musique à Catch 22. En effet, loin d'une simple copie de l'album de référence les Streetlight Manifesto créent un style propre à eux qui évitera toute vendetta. Et cela ils le confirment par la sortie de leur album fin août '03 intitulé Everything Goes Numb. Salué par la critique, le disque permet de tourner un peu partout mais n'empêche pas quelques changements de line-up.
En 2006, le groupe sort sa version de Keasbey Nights, une réinterprétation de l'album de Catch 22 du même nom, qui alimente les rumeurs de tension entre Kalnoky et ses anciens comparses. L'année suivante, Somewhere In The Between arrive dans les bacs, toujours chez Victory Records.
L'album suivant est une collaboration du nom de 99 Songs of Revolution, avec deux disques de Streetlight Manifesto et deux disques de Bandits of the Acoustic Revolution. Sorti en 2010, il amorce un nouvel album intitulé The Hands that Thieve, initialement annoncé pour novembre 2012. Malheureusement, suite à quelques échanges avec le label, l'album arrive en 2013, d'un côté par le label, et de l'autre mis à disposition par le groupe sur Internet anonymement. Il faut attendre 2017 pour que le différent légal opposant Kalnoky et Victory soit résolu.

The Hands That Thieve ( 2013 )

Derrière la sortie de ce disque se cache un conflit juridique entre un groupe et son label. Pour la sortie de The Hands That Thieve, Victory et Streetlight Manifesto se sont en effet engagés dans un conflit juridique qui aboutira à une sortie en catimini de l’album, et surtout une fin juridique 4 ans plus tard liée au nombre d’albums sortis sur le label. Au delà de l’affaire en elle-même, l’opus en question arrive avec un line up stable depuis quelques années, et surtout un album de reprise dont le résultat ne serait pas aussi intéressant que les compos originales de Streetlight Manifesto.

Pour ceux qui auraient quelques années de retard, Streetlight Manifesto est un groupe de Ska / Punk mené par 3 anciens Catch 22 (rien à voir avec l’album d’Hypocrisy) qui avaient été mis en avant sur Everything Goes Numb à l’époque ou le Ska avait le vent en poupe, poussant même le vice à sortir une version de Keasbey Nights de … Catch 22 pour éviter que Victory le réédite. Cela donne le ton de la relation entre le groupe et son label.
Ainsi, l’un des fil conducteurs de The Hands That Thieve sera ce conflit : des paroles aux titres, rien ne cache la relation entre les deux parties. Cet album sera donc celui de la séparation, et Streetlight Manifesto en fait une sorte d’exutoire / défouloir, bien plus que déjà évoqué précédemment.

Musicalement, les musiciens restent dans cette même veine Punk / Ska des opus précédents, avec toujours un gros travail sur le jeu de cuivres (« Toe to Toe ») de Jim Conti et Mike Brown. Dès l’introduction de « The Three Of Us », il est aisé de reconnaitre la patte de Kalnoky tant que la structure des morceaux, mais également les quelques ajouts de backing vocals présents.
S’il garde certains passages ultra-catchy (« Oh Me, Oh My »), tantôt Punk (« Ungrateful »), cet opus reprend des côtés plus variés déjà intégrés avant, comme certains passages quasi-acoustiques (« Your Day Will Come ») ou des aspects aux airs de fringants garçons-vachers américains (l’intro de « With Any Sort Of Certainty ») voire Sud-Américains sur « If Only For Memories ».
De fait, la qualité de The Hands That Thieve ne surprendra pas, tous les ingrédients sont là pour en faire un disque captivant bien au-delà de ce que l’on pouvait attendre ! Comme à leur habitude, Streetlight Manifesto dépasse allègrement les 4 minutes tout au long de l’ensemble et alterne entre Punk et Ska, avec une grosse omniprésence des cuivres sur l’ensemble des rythmiques. Rien à redire, le disque révèle une vraie variation de composition tout en étant d’une homogénéité qualitative non négligeable (l’enchaînement « If Only For Memories » / « They Broke Him Down ») et une vraie base Punk avec une ligne vocale toujours aussi rapide (« The Three Of Us »).

S’il reste à mon sens un brin en dessous de Somewhere In The BetweenThe Hands That Thieve est un disque dans la suite logique du reste de la discographie de Streetlight Manifesto. On ne peut déplorer que le groupe n’aie pas encore donné de suite au vu de la qualité globale des différents albums. Foncez sur ce disque !

16 / 20
3 commentaires (17.33/20).
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Somewhere In The Between ( 2007 )

Après un premier album Everything Goes Numb de haute volée, s’imposant d’emblée comme la nouvelle référence Ska-punk (troisième vague) au tournant du millénaire, la bande à Thomas Kalnoky (ex-Catch22 et né en ex-Tchécoslovaquie) se voit dans l’obligation de ressortir le mythique album Keasbey Nights (album initialement enregistré et sorti par Catch22, composé pour partie par son chanteur/guitariste susnommé) pour de sombres raisons de contrats et…de pognons. Kalnoky décide alors de réenregistrer et réarranger les musiques, par respect pour le public peut-être, par défi musical probablement, mais certainement pas par envie. Bref, Keasbey Nights ressort dans les bacs en 2006, mais cette fois-ci enregistré par Streetlight Manifesto (vous suivez ?). Les musiques sont toujours aussi géniales, mais ça un goût de déjà vu (ou de déjà entendu).

Tout ça pour dire qu’on attendait ce nouvel opus, Somewhere In The Between depuis quasi quatre ans, sachant que la rumeur l’avait d’abord annoncé pour… janvier 2007. Les dix chansons de la nouvelle galette furent enregistrées entre l’été 2006 et l’été 2007, à Los Angeles en Californie. L’art Work est réalisé par …Thomas Kalnoky himself, homme à tout faire, grâce à ses compétences acquises à la Savannah College of Art and Design (quand il quitta Catch22, c’était pour finir ces études….dans cette école, comme ça vous savez tout, non,en fait, il faudrait que vous sachiez que son premier groupe s’appelait Gimp, et flirtait avec la vague pop punk des années 90).

 

Dès l’intro de « We will fall together » (un très joli clip a été réalisé), on reconnaît la voix éraillée de Thomas Kalnoky, les quatre (!) cuivres affûtés, trombone et trompette, puis saxos, prenant chacun leur tour leur solo court et puissant, la basse déroulant, la batterie, sans effusion technique, s’en tient à diriger les six furieux devant lui, les refrains à reprendre en chœur, les modes mineurs plein d’émotions, on se laisse porter par des compositions travaillées qui évitent les redites connues du genre. Alternant passages punk-rock et ska dans le même sens que l’on enchaîne un couplet avec un refrain, “Down Down Down to Mephisto’s Café? est taillée pour le hit, le tube, le single, la radio, le live, la scène, alors que « Would you be impressed ? » dévoile un côté latino inattendu et bienvenu. Ce qui avait déjà fait le succès de Catch22 à l’époque était cette facilité et ce talent d’écriture (et de musiciens) : des intro avec des arpèges (on sait que Thomas compose d’abord toutes les chansons sur sa guitare acoustique, qu'il balance sur son ordi portable et envoi à ses camarades pour que chacun trouve ses parties), des phrases de cuivres techniques et qui vont chercher les notes très hautes, des refrains à s’en casser les cordes vocales.

En parlant de talent, le saxophoniste Jim Conti auraient d’ailleurs pu jouer la plupart des instruments sur l’album, sa politesse lui imposa de se concentrer sur son sax ténor et sa voix qu’il prêtera à quasi part égale avec le chanteur/guitariste, Kalnoky. On ne peut s'empêcher de se dire que lorsqu'on à un Zidane dans une équipe, c'est quand même tellement plus facile pour tout le monde. Toujours inspiré, du jazz aux standards des années 50 « (The Drifters et Squirrel Nut Zippers), en passant par Nirvana et la B.O. de Stand By Me » (sic), on ne se lasse pas d’écouter les morceaux qui dépassent les quatre minutes de façon récurrentes, « The Receiving End of it All » est peut-être le morceau le plus représentatif, avec ses cinq minutes de variations.

A ceux qui avaient évidemment enterré le ska et ses variantes, la réponse vient de faire toctoc à votre porte.

Attention, si vous ouvrez...vous risquez de tomber sur eux.

En écoute sur la page mypace.

A écouter : "The Receiving End Of It All", "Would You Be Impressed?"
15 / 20
2 commentaires (18.5/20).
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Everything Goes Numb ( 2002 )

Le CD en main, de gros autocollants vous rappellent que ce disque présente la musique d'anciens membres de Catch 22.
Inséré dans le mange-disque, l'affichage de la durée de l'album est surprenant.
55 minutes et 16 secondes pour un groupe de ska-punk avec seulement 12 pistes (et aucune piste cachée)?!
C'est en effet l'une des particularité de ce groupe: la longueur de ses morceaux, 4 minutes 30 en moyenne avec des pics à plus de 6 minutes.
Il semble que la phase d'écriture fut très productive et qu'un choix est survenu: moins de titres mais plus longs.
Nous voici donc en présence de 12 morceaux aux rythmes cassés, comportant énormément de breaks permettant le placement de nouvelles mélodies.
Ce choix apporte une très grande richesse à l'album puisqu'il permet ainsi de pouvoir passer des rythmes ska, à des rythmes plus coulés et ouverts dans un même morceau.
A chacun de se faire une opinion sur le sujet, mais il est clair que cela permet aux Streetlight Manifesto de sortir du lot par rapport à leur proches "concurrents" et ainsi de peut-être toucher un plus large publique.

La machine une fois lancée on se rend compte que le son est très propre, et les basses très discrètes, la production mettant en avant les aigus et les mediums, sans doute afin de permettre une plus grande polyvalence phonique.
Et cette pluralité stylistique se ressent dès les premières notes, les 2 saxos sont complètement incorporés aux autres instruments alors que la trompette garde son statut habituel qui consiste généralement à appuyer les refrains.
Ce choix permet non seulement une très grande variété de mélodies, mais libère surtout complètement les guitares qui n'ont plus à lancer les morceaux et qui peuvent dorénavant se concentrer sur l'accompagnement et grâce à leur son très claires donner des rythmes parfois très reggae ("A moment of silence").
Les sons saturés sont donc essentiellement mis de côté, mais savent parfaitement revenir au premier plan lorsque nécessaire ("We are the few", "Falling, falling").

Cette plage d'accompagnent prise par les guitares fait fatalement de l'ombre au bassiste qui éprouve énormément de mal à se faire entendre.
Heureusement le mariage basse/batterie étant parfaitement consumé, il vous suffit de vous concentrer sur la batterie pour retrouver la basse qui joue sommes toute un jeu très classique (pas de slap, pas d'écart).
Chose que Paul, le batteur, ne se contente absolument pas de faire, car en plus d'assurer sa rythmique, il fournit un jeu très puissant, rapide et facile dans les nombreux contre-temps.

L'ambiance générale est rapide et festive, les très nombreux chœurs hurlés donnent un style un peu hardcore ("The big sleep", "That will be the day") alors que la voix éraillée de Tomas fait un peu penser à du punk plus old school ("point/counterpoint").
Les textes respectant ces affinités sont plutôt positifs, et prônent l'unité sans jamais tomber dans des méandres philosophiques.
Les cuivres sont très présents, et cela à tous les stades des morceaux, ils offrent un style parfaitement ska aux mélodies rapides, se permettant même une petite incursion du côté du défunt Johann Brahms en empruntant une partie du thème principale de la "Danse Hongroise N°5" sur le titre "If and when we rise again".

Nous obtenons ainsi un album à part, très riche et relativement novateur qui ne fera pas forcément doublon avec votre discographie des Catch 22.

A écouter : We Are The Few ; Here's to Life ; The Saddest Song