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Biographie

Stratovarius

Stratovarius se forme en 1984 à Helsinki en Finlande sur les cendres du groupe Black Water. Le groupe est au départ fortement influencé par Black Sabbath, et reste longtemps dans l’ombre. C’est en 1988 que sort leur premier single Future Shock/Wich Hunt rapidement suivit d’un second puis de leur premier album Fright Night en 1989.
Ce premier album les fera notamment jouer avec Anthrax, et c’est alors le début d’une longue carrière, et d’une évolution incessante de leur musique. Au fur et à mesure du temps, plusieurs changement de line up se suivent, mais cela ne les empêchera pas d’affirmer leur style et d’être un groupe très productifs (ils sortent a peu prés un album par an). Leur musique est rapide, énergique, et très mélodiques, les musiciens sont techniquement très bon et Timo Kotipelto nous dévoile à chaque nouvel album l’étendue de ses capacités.
En 1997, l’album Visions puis en 1998 l’album Destiny, considérés par beaucoup comme les deux meilleurs album du groupe, permettent à Stratovarius de se faire connaître dans le monde entier. Après les deux albums Elements Part 1 et Element Part 2 plutôt moyen comparés aux capacités du groupe, les tensions au sein du groupe éclate et l’avenir parait sombre pour le groupe. Timo Tollki le leader décide alors de continuer seul (en ce mettant les fans du groupe à dos en engageant une chanteuse). Cependant la maladie apparemment responsable de son attitude exécrable, cause du split du groupe, le contraint à suivre une cure. C’est certainement ces soins qui permirent au groupe de renaître de ses cendres (seul le bassiste reste sur la touche remplacé par le bouillonnant Lauri Porra).
Les finlandais reviennent alors sur le devant de la scène avec un album éponyme en 2005. Stratovarius surmonte les obstacles, livrent Polaris et Elysium en 2009 et 2011 et est plus que jamais un groupe incontournable du Metal Symphonique.

12.5 / 20
1 commentaire (12.5/20).
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Enigma: Intermission II ( 2018 )

Après le best-of, la compil’. Les nouveautés ne sont pas bien folichonnes chez Stratovarius ces temps-ci. Enfin bref. Faute de mieux, écoutons quand même Enigma : Intermission II.

 

En 2001, Strato sortait Intermission, une compilation surprenante mélangeant quatre titres inédits, trois reprises (une de Judas Priest et deux de Rainbow), des b-sides et un peu de live. C’était cohérent, le tout s’articulait bien, et le groupe était à son apogée, juste avant les dispensables Elements, l’éponyme tout aussi facultatif, et les problèmes de line-up que l’on connait. On la réécoute encore de temps à autre, cette Intermission. Tout ça pour dire que les gaziers connaissent la formule, puisqu’ils l’ont déjà appliqué avec brio.

Retour vers le futur, on est en 2018 et nous voilà avec la suite logique, Enigma : Intermission II, entre les mains. Là où le combo aurait pu nous offrir dix-sept ans de bonus-tracks japonaises, cette fois c’est la déception. Exit les covers (qui étaient l’exercice de style le plus intéressant de l’opus de 2001), exit aussi les versions live. Enfin, exit toute notion de classement permettant d’y voir plus clair dans le déroulé de l’album, de savoir ce qu’on écoute. En effet, nous avons au menu trois nouveaux morceaux, qui sont les pistes 1, 4, et 7 ; deux titres sortis en vinyle 7’’ livré en bonus de l’édition collector d’Elysium, qu’on trouve en position 3 et 5 ; les bonus-tracks de Nemesis se retrouvent en positions 2 et 9… Compliqué de s’y retrouver. Le seul bloc cohérent est la nouveauté de cette deuxième compil : les 4 derniers titres sont des versions orchestrales. Et pour le coup, on aurait préféré diluer ces moments gênants dans les autres titres, pour que la pilule passe mieux, mais on y reviendra.

 

Voilà pour la forme.

Sur le fond, ce pot-pourri (puisque c’est la correcte appellation française d’une « compilation ») porte bien son nom : des fois on a du pot, des fois c’est pourri. Commençons par les trois inédits, qui représentent pour beaucoup de die-hard fans l’intérêt principal de l’objet, et éliminons d’emblée Burn Me Down dont on ne retient rien, une compo qui n’est pourtant pas mauvaise mais qui transpire la facilité et le pilotage automatique. Heureusement, Enigma est un véritable tube, qu’on prendra plaisir à écouter en boucle plusieurs fois avant d’accepter de passer à la suite, même si elle est tout aussi évidente que Burn Me Down, un copié-collé des codes de Stratovarius. Oblivion se démarque en étant un mid-tempo sombre et poétique mais sans être une balade, jouant la carte de l’émotion en restant massif, le titre est à la fois aérien et lourd. Une excellente surprise comme on aimerait en découvrir dans un futur album des Finlandais.

Quant aux autres pistes, même si certaines sont suffisamment pêchues et relativement agréables (Kill It With Fire, Second Sight, Giants), beaucoup sont molles (Hallowed, Last Shore, Old Man And The Sea…) ou peu recherchées (Hunter, Fireborn…) et méritent leur statut de chutes d’albums passés. Toujours sympa à avoir en bonus-track pour compléter le contexte d’un disque, mais regrouper ces morceaux moyens n’a vraiment un intérêt que pour le collectionneur qui n’aurait pas réussi à les trouver ailleurs.

En fin d’album vient le malaise des versions orchestrales. Fantasy est tout simplement inécoutable à cause de la batterie électronique Playschool martelée impitoyablement. C’est tout bonnement dégueulasse. Le problème va en s’arrangeant au fil des titres, Shine In The Dark contient moins de percussions, mais toujours trop. Le titre aurait gagné à ne pas en avoir du tout, pour mieux faire ressortir les arrangements. Idem pour Unbreakable qui a encore moins de batterie, puis Winter Skies qui n’en a pas (enfin !). C’est cette dernière qu’on retiendra le plus, grâce à son travail sur les guitares sèches en plus des orchestrations. Néanmoins, plus la batterie est discrète, plus on se rend compte que le reste des parties instrumentales sonne un peu cheap. Du symphonique enregistré au synthé, sans réelle profondeur…

 

Enigma : Intermission II a comme une forte odeur de facilité. Heureusement que Stratovarius sait appliquer sa recette-miracle, qui continue de fonctionner sur quelques titres-clé. Mais ce n’est plus vraiment suffisant pour convaincre : quand on fait du Power aussi « typique » et depuis aussi longtemps, bah encore heureux qu’on le fasse bien. Maintenant, on attend le prochain album avec espoir, en croisant les doigts pour que le groupe accouche d’aussi bons hymnes qu’Enigma ou de titres risqués et réussis comme Oblivion, tout en tournant un peu moins en rond…

A écouter : Enigma, Oblivion
14 / 20
1 commentaire (17.5/20).
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Eternal ( 2015 )

On ne peut pas vraiment dire que Stratovarius revienne avec ce nouvel album : le groupe n'est jamais vraiment parti. Bien que majoritairement constitué de sang neuf aujourd'hui, les Finlandais sont actifs depuis plus de vingt-cinq ans, et sont devenus un mastodonte incontournable du power-metal. A ce stade, que peut donc apporter un quinzième album à une carrière déjà aussi massive ?

Sans surprise, Eternal ne révolutionne rien. L'album comporte de très bons titres de power, très rapides, aux refrains efficaces, aux solos endiablés : My Eternal Dream, Shine In The Dark, Rise Above It... Leurs constructions sont si proches qu'aucun ne se démarque vraiment des autres.
Jens Johansson et Matias Kupiainen sont toujours aussi virtuoses de leurs instruments respectifs. Les titres mid-tempo continuent d'avoir un intérêt discutable, Lost Without A Trace en tête, et la ballade Fire In Your Eyes est même assez ennuyante.
La production est comme d'habitude nette, propre, très moderne. Les sons leads des claviers suivent l'évolution marquée sur les derniers Stratovarius, alternant entre l'indispensable clavecin mais aussi des parties aux sonorités plus électroniques (Man In The Mirror, l'intro de Shine In The Dark, voire même l'intro de My Eternal Dream dont le synthé semble être réglé pour jouer The Final Countdown de Europe).
 
Sans surprise, Eternal est un bon album. Le fait que certains titres puissent être bâtis sur un même schéma n'est pas nécessairement un mauvais point quand la base autour de laquelle tout s'articule est bonne. En l'occurrence, les Finlandais ont la formule parfaite, celle qui marche depuis des années pour eux. Les titres les plus power-speed sont tous très accrocheurs, on en perçoit tellement l'énergie que les morceaux donnent envie de les voir joués en live. On retiendra particulièrement la prestation pleine de puissance de Rolf Plive à la batterie. Il se permet aussi d'apporter de temps à autres un léger groove au milieu des parties habituellement en double-pédale intensive (les pré-refrains de My Eternal Dream et de Feed The Fire).
On peut aussi citer The Lost Saga dont la première moitié comporte de (très) légères influences Amon Amarthiennes, tant au niveau des paroles que de la musique. L'inspiration viking n'est par contre pas assez prononcée et trop sporadique pour parler d'originalité de cet album par rapport à la discographie de Stratovarius, mais elle contribue à rendre épique et intéressante cette piste finale.

Eternal n'est donc rien d'autre qu'un album de plus pour Stratovarius : toujours la même recette, toujours efficace. Sans parvenir à proposer quelque chose d'original, le groupe parvient néanmoins à nous faire garder une oreille attentive grâce à certains détails agréables comme le jeu du batteur ou de rares influences distillées ça et là. Au fond, c'est peut-être comme ça que Stratovarius a su se maintenir à niveau pendant toutes ces années. Après tout, même sans rien révolutionner, Eternal n'est probablement pas si mal nommé.

A écouter : My Eternal Dream, Shine In The Dark