Biographie

Spitfire

Spitfire se forme à la fin des années 90 autour de Matt Beck (Chant / Guitare), Jimmy Reeves (Basse) et Chris Raines (Batterie) et enchaine directement avec la sortie d'un premier EP Straining Towards What's To Come chez 2Jake Records (1998) et The Dead Next Door chez Solid State en 1999. Rejoint ensuite par Jon Spencer (Scarlet), un nouvel EP The Slideshow Whiplash voit le jour avant un premier split en 2001.

3 ans plus tard, c'est autour de Matt Beck, Chris Raines, John Spencer, Scottie Henry (Norma Jean) et Tulloh (Scarlet) que reprend forme Spitfire. En 2006, un premier album sous le bras, Self Help, le combo est rejoint par Ian Sabo tandis que Tulloh prend la guitare. Après quelques rumeurs de split en 2007, Spitfire annonce la sortie d'un nouvel album, sans Ian Sabo et Scottie Henry. Cult Fiction (clin d'oeil au Cult Classic de Scarlet) sort en 2008 mais très rapidement, le groupe repart dans l'obscurité avec un unique message : "Was Born. Started Cult. Fulfilled Prohecy. Died With Dignity.".

Chronique

Cult Fiction ( 2008 )

En 2008, Norma Jean sort The Anti-Mother, Converge No Heroes, The Chariot annonce en fanfare son The Fiancée et on se noie sous les albums de Metalcore plus fades les uns que les autres. Autrement dit, pas le bon moment pour un disque qui reste bien trop confidentiel. Trop injustement méconnu, Spitfire, pourtant dans les pionniers de ce qui est devenu le Metalcore, revient en clin d'oeil sur Cult Fiction. 15 putains de titres prêts à en découdre, avec une verve et une fougue bien contagieuses ("Pro-Life", "Chemo The Rapist") lorsque l'atmosphère poisseuse ne colle pas à la peau ("Meth Monster").
Car le potentiel de Spitfire ne se dévoile pas dans des compos bondissantes ou aux refrains faciles à retenir (36 Crazyfists) mais plutôt dans la maitrise subtile des ambiances dégagées par ce Cult Fiction (les très captivants "Apnea", beaucoup plus nuancés que le reste de l'opus ou l'incisif "Chemo The Rapist").
Alors clairement, sans le cacher, Spitfire et Scarlet sont très proches musicalement parlant, de part leurs membres mais aussi par le style des compos. Pour autant, les 2 groupes se complètent et peuvent s'écouter l'un après l'autre sans risque d'overdose : plus frontal pour Scarlet et plus nauséabond du côté de Spitfire ("Crossed").

Avec quelques passages parfois classiques ("In Vitro", conclusion que l'on peut esquisser si l'on cerne rapidement Cult Fiction) ou des breaks semés à quelques endroits clefs, Spitfire aurait pu tomber dans la facilité, mais il ne faut pas oublier que les musiciens avaient sorti un Self-Help qui reste, dans le contexte de sa sortie, une grosse baffe (2006, même année que Cult Classic) et que le combo avait déjà presque 10 ans dans les pattes. Ce n'est ni plus ni moins qu'une série de leçons de quelques minutes qui s'enchainent sur "Pro Life" ou "Meth Monster" : tous les ingrédients sont là, subtilement dosés.

Alors que le temps a passé, Cult Fiction reste pourtant trop souvent dans les limbes alors qu'il se révèle parfait pour les amateurs d'ambiances un peu poisseuses à la manière de Scarlet. Considérez cet album comme un classique, rattrapez le temps perdu et foncez.

A écouter : Meth Monster