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Biographie

Social Distortion

Mike Ness - Chant, Guitare
Brent Harding - Basse
Jonny Wickersham - Guitare, Choeurs
Charlie Quintana - Batterie



Lorsque est abordée la scène punk des années 80 plusieurs noms reviennent irrémédiablement: Minor Threat, Black Flag, Dead Kennedys et bien évidement Bad Religion. Mais s'il en est un souvent oublié ou mis de coté il s'agit bien de Social Distortion.

Californie 1978: l'histoire débute comme tant d'autres, Mike Ness rencontre Dennis Danell à l'université et le pousse à rejoindre son groupe. Officiant dans un punk rapide, agressif et somme toute classique, Social D se fait une petite réputation dans la région d'Orange County. Après presque 3 années d'existence, et déjà des changements de line-up autour des inébranlables Mike et Dennis, tout s'accélère en 1981 lorsque le label du coin Posh Boy sort leur premier single "Mainliner". Enormément aidé par la radio locale, c'est en 1982 que le groupe connaît son premier tournant: la formation complétée maintenant par Brent Liles à la basse et Derek O'Brien à la batterie, embarque pour une tournée nationale avec Youth Brigade. Ce tour sert de base au documentaire punk: Another State of Mind.

Fort de ce voyage et du succès rencontré par le film, le premier opus Mommy's Little Monster sort à l'aube de l'année 1983 via 13th Floor Records (Label fondé par Mile Ness). Grâce à la renommée d'Another State of Mind, l'album se distribue très bien et la formation commence à se faire un nom auprès de la scène punk nationale. Malheureusement les problèmes débutent presque aussitôt: nouveau line-up, mais surtout de gros soucis de drogue pour Mike engendrent une brève séparation en 1985.

Cure de désintoxication terminée, le groupe se reforme en 1986. John Maurer est alors à la quatre cordes, et Christopher Reece aux fûts. Il faut cependant attendre encore deux ans pour que le successeur de Mommy's Little Monster voit le jour: Prison Bound sort en 1988 chez Restless Records (Devo, Flamming Lips) Le changement sans être radical marque les esprits. Au punk-rock basique succède un mélange de punk et de country, comme si Johnny Cash avait rencontré The Clash, l'influence des premiers albums très blues des Rolling Stones est également palpable. Et malgré son succès modeste, ce disque, annonciateur de ce que sera Social Distortion dans la décennie à venir, fait entrer le groupe dans une nouvelle ère.

Cette ère va se dessiner avec la signature chez Epic en 1989, Social D se lance donc dans la composition de son nouvel opus. Celui-ci est réalisé sous la houlette Dave Jerden (Jane's Addiction, Alice in Chains) en mars 90. Dans la lignée de Prison Bound avec les moyens en plus, ce disque éponyme porté par deux singles incontournables: "Ball and Chains" & "Story Of My Life" demeure pour beaucoup le meilleur album du groupe.

Lancé dans la dure loi de la major, les sorties s'accélèrent à mesure que la popularité grandit. Somewhere Between Heaven and Hell en 1992 est le disque le mieux vendu, tout en restant fidèle aux influences passées. S'en suit, après un nouveau break et une succession de batteurs (Chuck Biscuit, s'installe en 1996 pour les quatre prochaines années) la sortie à l'automne 1996 de White Light, White Heat, White Trash, qui reste le plus grand succès du groupe. Cet album de rupture particulièrement accessible, met en exergue un retour aux sources en laissant de coté les influences rockabilly pour un punk très énergique et toujours mélodique. Il grimpe jusqu'à la 27eme place des charts, et le single "I Was Wrong" envahit les ondes radio.

En 1997, le groupe quitte Epic pour retourner ses premières amours chez Time Bomb Recordings (fondé sur les cendres de 13th Floor Records) et sort son Live At the Roxy en 1998. Toutefois la carrière du combo est mise entre parenthèse avec les débuts solo de Mike Ness. C'est un tragique événement qui permettra à Social D d'émerger de nouveau, Denis Daniell décède le 29 février 2000. Jonny Wickersham (US Bombs, Youth Brigade) le remplace, Charlie Quintana prend la batterie, et le groupe repart pour quelques concerts occasionnels. Le successeur de White Light, White Heat, White Trash, se fait attendre. Avec des premières sessions et une sortie prévue pour 2000, l'album hommage à Dennis Sex, Love and Rock 'n' Roll ne voit finalement le jour que fin 2004 avec Cameron Webb (Danzig, Zebrahead) à la production.

Malgré de nouveaux changements qui ont amené à la formation actuelle, le groupe continue régulièrement de tourner avec notament The Dead 60's et Flogging Molly. Un nouvel enregistrement semble prévu pour l'année 2007.

Chronique

16 / 20
3 commentaires (17.33/20).
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White Light, White Heat, White Trash ( 1996 )

Lorsqu'un groupe ayant une certaine carrière, annonce la sortie d'un nouvel opus deux termes sont systématiquement utilisés: évolution ou retour aux sources. Trop souvent reprises à de pures fins mercantiles, ces expressions sont de nos jours vidées de tout sens. Mais il est des groupes, tels Social Distortion, qui préfèrent les clins d’œil aux grandes déclarations galvaudées. Ainsi après trois albums plus Rock'n'Roll que Punk, et surtout trois années de break, la formation d'Orange County revient en cette fin 1996 avec un disque au titre évocateur: White Light, White Heat, White Trash.

Irrémédiablement ce titre appelle à un majestueux groupe: The Velvet Underground qui en 1967 allait surprendre son monde avec un White Light / White Heat retournant aux premières amours expérimentales ; à des années lumière du très Pop The Velvet Underground & Nico. Social D aurait-il décidé de revenir sur les traces de leurs débuts, à savoir un Punk-Rock expéditif loin des ambiances Rock'n'Roll / Country de ces derniers temps ? Les quarante premières secondes n'abondent pas en ce sens malgré la distorsion et les accords saturés, puis le rythme s'accélère pour ne plus jamais ralentir. "Dear Lover" résonne, la machine est lancée!!!
Sur un terrain où il n'avait plus évolué depuis plus de dix ans, le groupe conduit cette galette, avec hargne et panache retrouvés. Ce choix délibéré est ,de plus, subtilement mis en boîte par une production judicieuse: Michael Beinhorn (Hole, Soundgarden...) boulverse les habitudes, et ose le pari de mettre en retrait la voix de Mike Ness. Le chant, une once plus agressif, n'a lui pas vraiment changé tout comme les thèmes abordés avec mélancolie et cynisme: prison, drogue, erreurs passées et assumées... Cependant la nouvelle orchestration conjuguée au timbre rocailleux, ouvre de nouveaux horizons, comme si Tim Amstrong (Rancid) chantait sur du Samiam.
Les morceaux se retiennent vite grâce à des mélodies simples, permanentes mais sans jamais devenir pompeuses. Toutefois le schéma  redondant verse / chorus / verse aéré par de légères introductions et de courts solos, fait que les pistes les moins intéressantes  souffrent directement de la comparaison avec les singles et les singles potentiels : le très entendu "I Was Wrong" ; le très mélodique "When the Angels Sing" et les efficaces "Don't Drag Me Down" et "Throught These Eyes".
Une fois les onze pistes et la quarantaine de minutes avalées à vitesse grand V, une surprise de taille attend l'auditeur. Comme pour clore les débats, une reprise non prévue est proposée. Les Rolling Stones - grosse influence passée du groupe - voient leur grand classique rock "Under my Thumb" revisité à la Bad Religion, de telle manière qu'il en devient le morceau le plus punk du disque. Avec cette parfaite métaphore pour illustrer le demi-tour effectué, le retour aux sources est désormais entériné.

Alors que Somewhere Between Heaven and Hell était la suite logique, mais bien trop proche, de Social Distortion, White Light, White Heat, White Trash arrive réellement tel un album de rupture, et permet de replonger vers les origines lointaines qui ont façonné le Social D d'hier et d'aujourd’hui.  Ce pari osé pour la troisième et dernière sortie chez la major EPIC sera malheureusement, suite au décès quatre ans plus tard de Dennis Danell, la dernière collaboration de Mike Ness avec son ami de toujours.

A écouter : "When the Angels Sing" "I Was Wrong" "Don't Drag Me Down"