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Biographie

Sliver

Sliver existe depuis dix ans et se compose des quatre membres : Anthony (batterie), Quentin (basse ; originellement tenue par Pipo mais qui a quitté l’aventure en 2007), Ben (chant, guitare, piano) et Orel (samples, claviers, screams). Adepte d’une certaine éthique, influencé par des essayistes comme Michel Onfray, Ruwen Ogien, William Morris ou des écrivains comme Chuck Palahniuk, Bret Easton Ellis, Murakami Ryu, Sliver diffuse une réflexion politico-sociale par le biais de sa musique ou de communiqués engagés distribués tout au long de ses tournées européennes. Entre emocore, indie et rockin’hardcore, le quatuor sort ainsi un premier EP Kamikaze en 2007, signe dans la foulée chez Winged Skull Records et met sur pied un album en 2009 au nom éloquent : Music Is A Weapon.

13.5 / 20
0 commentaire

Disobey Giants ( 2012 )

Une nouvelle fois grâce à sa démarche et son singularisme, Sliver redonne toutes ses lettres de noblesse au mouvement punk dans son acceptation la plus large. Rares sont les groupes en effet qui peuvent se targuer de pénétrer aussi bien et avec autant de justesse cette révolte des origines.

Ainsi, avec beaucoup d’à propos, au lieu des remerciements habituels, Sliver fait une longue place dans son livret à ses "inspirations" et cite pèle-mêle ATTAC, Banksy, Naomi Klein, Kropotkin, Hubert Selby Jr ou Emile Zola – et cent autres penseurs aussi intéressants -  aux côtés de Refused, BoySetsFire ou Thursday. Et il ne s’agit pas de pose. Tout Disobey Giants honore ces références. La "désobéissance civile" de Thoreau parcourt en filigrane toutes les lyrics ("Disobedience 101"), en même temps que le torrent de colère lorgne du côté du situationnisme et de l’Insurrection qui vient ("The Invisible Commitee"), tandis qu'en toile de fond, les récents mouvements - des Indignés à Occupied Wall Street - font entendre l’envie d’un autre futur ("Small is beautiful")

Et s’il faut bien insister sur cet aspect, c’est que les enfonçages de portes ouvertes sont d’ordinaires légions en la matière et qu’ici, le groupe s’en extirpe grâce à des lectures salvatrices. Musicalement, l’opus est plus inégal. Malgré une recherche manifeste d’éclectisme, les parties emocore/rockin’core sont un peu poussives, la faute à un chant crié qui n’est pas le fort du groupe – trop aiguë, trop geignard, trop strident –. C’est dès qu’il s’en éloigne que Ben et sa troupe redeviennent les plus attractifs ("The Quiet Riot", l’introduction de "Polaris", "The Partisan").

Avec ce 2e full length, Sliver reste fidèle à ses principes, solidement harnaché à une monture engagée et fougueuse. Ce disque ne fera peut-être pas l’unanimité, mais nul ne pourra dire qu’il ne transpire pas l’amour de la Musique avec un grand M.

PS : Le meilleur titre s’avère probablement la reprise de "The Partisan", monument de l’histoire de la musique, qui après avoir été écrit pendant la seconde guerre mondiale par le résistant Emmanuel d'Astier de La Vigerie, a été popularisé par le génialissime Léonard Cohen, enfoncé dans nos chairs par le featuring de Bertrand Cantat avec 16 Horsepower et que Sliver chante avec puissance, en modifiant le premier mot – "allemand" remplacé très intelligemment par "ennemi" – avec des chœurs et un passage par le français que le groupe devrait désormais davantage exploité. Une vraie réussite.

L'album s'écoute en intégralité sur bandcamp.

A écouter : "Polaris", "The Partisan"

Music Is A Weapon ( 2009 )

Sliver défend une certaine conception de la musique. Une conception de la société aussi.  Les deux sont liés. "To resist is to create. To create is to resist".

A l’ouverture, il y a Chuck Palahniuk. L’auteur de Fight Club. Celui qui voulait frôler la vie. Entre les deux, il y a un peu de l’héritage de Castoriadis, des situationnistes et du marxisme originel. Révolution, j’écrirais ton nom. Les paroles de Sliver font honneur à cette mouvance. Déterminisme social, esclavage moderne (par l’argent, la publicité ou la consommation), appel à la résistance, réflexion sur l’existence et sur la condition humaine ("Memento Mori"). Ben fait une nouvelle fois preuve d’un vrai talent d’écriture et insère une réflexion salutaire dans un processus créatif complexe.

Car Music Is A Weapon s’impose rapidement par sa singulière construction qui jongle entre les styles rockin', punk, indie et emocore avec aisance, utilisant le piano autant que les scratchs et les noisys electro, dans un ensemble qui rappelle Refused dans ses envies d’éclatement sonore (Magnus Lindberg et Pelle Henricsson aux manettes en studio, ça aide) et Hell Is For Heroes pour la touche mélodique. Les dix titres oscillent donc entre des ballades soignées ("Memento Mori", ou la magnifique "The Edge Of The World") et des salves énergiques avec voix criées/alternées/décrochées, basse vénéneuse et tempo indiscipliné ("Monkey", "H.O.S.T.A.G.E.S.").

On pourra reprocher quelques titres un peu en dessous ("We are not dead" qui mériterait plus d’énergie dans son exécution, "H.O.S.T.A.G.E.S." un brin trop conventionnel) mais on ne pourra nier que Music Is A Weapon est un disque intelligent, qui respire l’honnêteté et le don de soi. La multiplicité des petits détails (variations de rythme, agencement des morceaux, hand clapping, utilisation d’un megaphone, filets de synthé, arrangements) couplé au travail du son et à la maturité acquise par ses auteurs lui confère en outre une dimension plus grande que celle entendue sur le EP. Au final, dans le genre, en France, peu (aucun ?) n’ont fait mieux. So, Let’s start acting.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Music Is A Weapon", "Memento Mori", "The Edge Of The World"
13 / 20
1 commentaire (20/20).

Kamikaze EP ( 2006 )

Sliver c’est un peu le conte japonais du moustique qui voulait être papillon ou celui d’un Tyler Durden médiocre employé de bureau voulant être chef d’une organisation anarchiste (Fight Club). Elaboré comme un album concept où la forme renvoie au fond, Kamikaze (au sens étymologique du terme : le vent divin) pose la question de l’essence et de l’existence sur fond d’emocore volontaire.

Peut-on être autre que ce qu’on est? Qu’est-on? Le moustique a-t-il le choix de s’abreuver de sang? Et qu’adviendrait-il s’il refusait la fatalité de son destin? En 7 textes, écrits en anglais, soignés et sensés, Sliver exprime son opposition au système ("Needles and Retinas"), à l’uniformisation des êtres ("Thursday") et à la machine autoritariste qui broie l’individu.
La résultante? Le cri de révolte flottant comme un étendard.
Fortement inspiré par les années The Used, Finch et autres Thursday, le quatuor y va allégrement du riff emocore, avec batterie comme poutre fondatrice et gueulantes croisées ou superposées. La formule n’est pas nouvelle, mais les thionvillois du haut de leur 8 ans d’expérience, s’évertuent à l’exécuter avec passion et application. Si certains titres pèchent peut-être par un trop plein de répétitions (la phrase hurlée 'give me some time' dans "General Programming"), d’autres bénéficient de quelques ajouts de noise/samples/scratches notables ("The Edge Of World") et le combo s’en sort avec les honneurs grâce à un phrasé typé Glassjaw (période Worship & Tribute) qui ose envolées, modifications vocales et sauts de ligne rock n rollesque ("Needles And Retinas").

Malgré l’hexagone de naissance présent sur la carte d’identité, on raccrocherait plutôt Sliver du côté de la scène américaine, de par son approche musicale et son feeling émotif. Mature et solidement construit, Kamikaze (textes + paroles) jouit d’une cohérence et d’un état d’esprit qui permet au groupe de tiré son épingle du jeu des formations française du même type. Un soupçon de sanguinité en plus, ou d’audace supplémentaire, permettra à coup sûr à ses auteurs de piquer définitivement son auditoire.

A écouter en intégralité sur la page Myspace du groupe.

A écouter : "Needles And Retinas" ; "The Edge Of The World" ; "Kyoseichu (Parasites)"
Sliver

Style : Rockin' Hardcore / Emorock
Tags : -
Origine : France
Site Officiel : slivering.net
Myspace :
Amateurs : 1 amateur Facebook :