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Biographie

Sleaford Mods

Sleaford Mods naît en 2007 dans les contrées humides de Manchester, d'abord comme projet solo de Jason Williamson en collaboration avec l'ingénieur du son Simon Parfrement. Les premières sorties ne rencontrent qu'un succès très limité mais, dès 2012, le chanteur est rejoint par Andrew Fearn qui remplace Parfrement. Rapidement, les deux musiciens trouvent leurs marques, sur scène comme en studio, et les sorties de qualité s'enchaînent. La critique, tout comme le public, adhère de plus en plus à la formule Sleaford Mods : des instrumentations basiques et un flot de paroles ininterrompues déclamées avec rage. Critiquant aussi bien la vie politique et sociale de son pays que les plus grandes stars du Rock, dans ses textes ou sur les réseaux sociaux, la personnalité de Williamson est au centre du groupe. Leur album Divide And Exit, sorti en 2014, les révèle au grand public, notamment au Royaume-Uni puisque la presse musicale découvre en Sleaford Mods un groupe moderne dans son approche de la musique mais résolument Punk et irrévérencieux.Une collaboration avec Prodigy à la fin de la même année voit le jour pour le morceau "Ibiza". 
2015 marque la sortie d'un nouvel album Key Markets tandis que le groupe tourne de manière active en Europe. 

Chronique

14 / 20
1 commentaire (14.5/20).

Key Markets ( 2015 )

La ville de Manchester n'a pas été avare en formations de qualité : The SmithsNew Order, Joy DivisionThe Fall et, depuis maintenant quelques années, Sleaford Mods. Difficile pourtant de faire moins sujet à la hype qu'un duo de quarantenaires au jeu de scène inexistant qui déverse son dégoût de la société dans une explosion de postillons suintant la bière chaude. Après un Exide And Divide acclamé par la critique, les Anglais auraient pu prendre leur temps et se reposer mais Key Markets sort moins d'un an après.  
Autant jouer carte sur table, puisqu'avec ce groupe on peut difficilement faire autrement, rien n'a changé ou presque depuis cet illustre prédécesseur. Sur un fond instrumental Post Punk où la basse et la boite à rythme règnent en maîtres, le vocaliste chante (parle?) et expose ses créations littéraires. Les figures de style suivent les jeux de mots cyniques et les critiques acerbes sans que l'on ait jamais besoin d'ouvrir un dictionnaire : « populaire », dans son sens premier, mais loin d'être stupide. C'est l'impression qui se dégage des compositions de Sleaford Mods qui font avec ce qu'ils ont, envoyant balader les moyens colossaux et les artifices pour se concentrer sur l'essentiel : le groove et le message. 

N'allez pas pour autant croire que tout le monde appréciera ce disque. Les instrumentations sont circonscrites au minimum, rachitiques, sans aucune emphase sur des quelconques riffs ou structures mélodiques. Point de travail en studio de longue haleine non plus mais de simples boucles, répétées tout au long de courts titres qui amorcent une hypnose progressive, proche de ce que mettrait en place des groupes de Post Punk ou de Hip Hop Minimalistes voir même Loop, le côté psyché en moins. On est alors tenté de citer The Fall même si le dépouillement qu'impose le duo va beaucoup plus loin que ce que propose Mark E Smith. Dépouillé des fioritures, Key Markets l'est assurément mais il pullule pourtant de bonnes idées qui, petites touches par petites touches, offrent à chaque piste sa personnalité et on se surprend à chantonner le refrain de « Bronx In A Six », à trouver la basse de « Silly Me » sensuelle et envoûtante tandis que « Cunt Make It Up » reste indéniablement la plus grande réussite du disque.

Sleaford Mods a trouvé sa vitesse de croisière et l'on peut déjà entendre les critiques les plus virulentes reprocher le manque de prise de risques que représente Key Markets. Qu'importe, les fans trouveront ici douze morceaux de qualité tandis que les autres passeront leur chemin. Même si l'on espère retrouver les deux Anglais pour de nouvelles envolées lyriques alcoolisées, on ne saurait que trop leur conseiller de ne pas rentrer dans le travers de la discographie immobile puisque ce serait bien dommage de gâcher un tel talent. 


A écouter : Bronx In A Six, Cunt Make It Up, Silly Me, Face To Faces