Découverte
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Biographie

Skunk Anansie

Skunk anansie est un groupe de rock alternatif britannique emblématique des années 90, qui au même titre que des groupes comme Nirvana, The Smashing Pumpkins ou encore Pearl Jam (et bien d'autres), ont contribué à l'effervescence musicale de cette époque. Le quatuor londonien est composé de Cass (Richard Lewis) à la basse, Ace (Martin Kent) à la guitare, Mark Richardson à la batterie et de la très charismatique chanteuse surnommée "Skin" : black, féministe invétérée, au charisme hallucinant, qui pouvait avec la même aisance hurler son texte à plein poumons tout comme interpréter des chansons façon diva. Le groupe se forme en 1994, et sortent jusqu'en 2001 3 albums qui ont tous connus de vifs succès en Europe et aux Etats Unis. A une époque où diverses formations de grunge ou de rock alternatif cartonnaient au top 50, ils ont su se faire une belle place tout en haut des charts. Avec un premier album intitulé Paranoid and Sunburnt et des tubes comme Selling Jesus, I can dream ou Weak, ils ont sû allier avec talent des influences pop typiquement british avec d'autres sonorités plus aggressives made in USA. Ils sortent en 1996 leur deuxième album intitulé Stoosh, qui sera aussi un carton planétaire. Leur dernier album avant leur séparation en 2001 Post orgasmic Chill ne se vendra pas autant, même si on notera des efforts perceptibles du groupe pour mélanger d'autres styles à leur musique comme la dub ou le hip hop. Au même titre que des groupes comme Rage against the machine, Skunk Anansie a contribué à faire émerger un rock militant et engagé teinté d'une bonne dose de vitamines, et ont indéniablement fait le bonheur de quantités d'adolescents jusque début 2000.
Après la séparation Skin se lancera dans une carrière solo pas franchement réussie, tout comme les autres membres du groupe, avec plus ou moins de succès. A noter que leur batteur Mark Richardson intégrera le groupe Feeder après la mort de Jon Lee, batteur originel de la formation, jusque 2009.
Les quatre compères reviennent courant 2009 avec une série de concerts pour une tournée intitulée "Greatest hits" avant de retourner en studio pour enregistrer leur quatrième album Wonderlustre qui sort le 13 septembre 2010.

Anarchytecture ( 2016 )

Troisième album d'une lignée résolument plus orientée pop qu'à l'accoutumé, Skunk Anansie semble avoir la forme depuis sa résurrection d'outre tombe, et même si franchement jusqu'ici rien de vraiment folichon n'était sorti de cette réunion si ce n'est l'occasion de (re)voir en live un des groupes rock les plus marquants des 90's qui, il faut bien le dire, réussit encore aujourd'hui à chambouler et retourner une salle de concert, l'envie et les idées, elles, sont toujours bien présentes.

Cette fois ci, après avoir essayé la pop mainstream (Wonderlustre) et s'être tourné vers quelque chose d'un peu plus old school (Black Market), la bande à Skin prend un virage électro-pop, et nous sert une grosse demi heure de refrains acidulés, accompagnée de son lot de textures électro, pas vraiment originales ni follement aguichantes, mas complètement assumées, et toujours accompagnées d'une orchestration qui fait bien souvent mouche.
Si le virage pop poussif (produit avec des gants) amorcé sur Wonderlustre n'est pas franchement très réussi, force est de constater que ce qui était percutant chez les Britanniques, ce qui faisait qu'un album de Skunk Anansie ne ressemblait à personne d'autre il y a plus de 15 ans, est toujours présent, même après tout ce temps. Refrains pop entêtants, guitares lumineuses et basse groovy sont toujours de la partie, en quantité et qualité bien moindres je vous l'accorde, mais l'époque de Stoosh ou Post Orgasmic Chill est révolue, il faudra bien l'admettre.
Alors oui, un certain nombre de titres gâchent grandement ce qui aurait pu être un album intéressant : Death for the Lovers, Love Someone Else, I'll Let You Down, beaucoup trop mous et chiants, sont à dix lieues de représenter ce que le groupe était il y a quelques années, et ça n'est définitivement pas ce qu'on a envie de retenir de Skunk Anansie, chez qui on préfèrera largement l'époque où les titres acides et les tournures folles pleuvaient dans nos oreilles. Néanmoins l'album n'est pas complètement dénué d'intérêt et propose quelques titres accrocheurs (Victim, Beauty is Your Curse, That Sinking Feeling, You Are The Flames) et réussit presque tout le temps à sauver de la noyade ses titres les plus faibles par un effet de basse monstrueux, des vocalises lumineuses ou un riff bien lourd. C'est ça aussi Skunk Anansie, même après toutes ces années et même avec cette envie frustrante de coller à une époque pas du tout en phase avec leur musique...

Alors qu'importe si Skunk Anansie ne fait plus aussi bien qu'avant, qu'importe si le groupe n'est plus franchement pertinent aujourd'hui, on est simplement contents qu'ils soient revenus il y six ans et que l'aventure continue, on prendra toujours autant son pied en live (ça c'est garanti), on écoutera avec curiosité leurs nouveaux efforts, sans vraiment adhérer ni vraiment comprendre, regrettant amèrement ce manque d’explosivité, cette absence de claques dans la figure auxquelles ils nous ont habitué pendant toute leur période 90's. Mais on s'en remettra non ?

A écouter : Victim, Beauty is Your Curse, We Are The Flames, That Sinking Feeling
14 / 20
3 commentaires (12.67/20).
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Wonderlustre ( 2010 )

Skunk anansie. Le genre de groupe qui pourrait presque vous faire aimer la pop, qui vous réconcilie définitivement avec le brit rock, et vous rappelle des souvenirs d'adolescence. Plus énergique qu'un Placebo, le charisme de navet du chanteur en moins, plus efficace qu'un Muse et son chanteur d'opérette, plus inspiré qu'un Therapy?, etc etc la liste est tellement longue... Et avec ça, un parcours presque parfait, chacun de leur album, en plus d'être une réussite commerciale (au moins sur les deux premiers) était la plupart du temps ensencé à la fois par la critique et par le public. Mais ces anglais là ont su s'arrêter, contrairement aux groupes précités, au bon moment, ils ont senti le vent tourner, et sont partis chacun de leur côté. D'accord, des tonnes et des tonnes de fans étaient plus que déçus de cette décision, alors quand on apprend en 2009 qu'ils reprennent le chemin des salles de concert pour une tournée "Greatest Hits", on en sauterait presque  de joie ! Méfiance tout de même, beaucoup de groupes se reforment juste le temps de quelques concerts, histoire de renflouer les caisses, puis plus rien, silence radio. Les exemples sont nombreux et rappellent combien il est difficile de vendre de la bonne musique en ces temps où argent et succès sont généralement synonymes de néant artistique... dure époque. Mais les quatre zikos britanniques ne se sont pas reformés juste pour faire comme tout le monde et profiter de cette espèce de mode qui veut que nombre de groupes de rock ressuscitent de façon plus ou moins justifiée. Skunk Anansie est allé un peu plus loin dans la démarche, puisqu'ils sortiront leur quatrième album studio en septembre 2010, juste après leur tournée best off. Cette fois ci c'est pour de bon, Skin la terrible et sa bande sont de retour dans les bacs, et ça c'est une sacré bonne nouvelle.


Au programme de ce nouvel album, 41 minutes de son pour 12 titres de pop/rock british. Que dire de cet album, que nombre de fans n'attendaient plus... et bien c'est une déception, pas un mauvais album en soi, juste un album un peu raté pour un come back. Après plus de 10 ans de silence, on pouvait s'attendre à un peu mieux de la part de nos anglais énervés. On retrouve bien dans ce nouvel album intitulé Wonderlustre la patte sonore de Skunk Anansie, à savoir des chansons pop percutantes, enrobées de mélodies soignées, accompagnées de cette voix magnifique tantôt légère tantôt pesante, le tout relevé d'une puissance sonore qui a fait les beaux jours du groupe. Le problème, c'est que les différentes compositions ne sont qu'un pâle reflet de ce qu'était jadis le groupe, rien de vraiment mauvais mais rien de vraiment exceptionnel non plus. On est quand même très loin de l'originalité d'un Charlie Big Potato, du groove d'un Intellectualise my blackness, de la puissance d'un Little Baby Swastikka ou de hits comme I can dream. Bref, la mayonnaise ne prend plus, et on a l'impression tout au long de cet album qu'ils se sont un peu ramollis. Fini les riffs cradingues et les influences dub/hip hop, tout (ou presque) sur cet album emprunte au registre de la pop pré mâchée et pré digérée, un peu comme s'ils étaient fatigués, qu'ils ne croyaient pas vraiment en ce nouvel album ou tout simplement qu'ils tournent au lexomil... Dommage. Que reste il donc du Skunk Anansie qu'on a connu dans les années 90 ? Quelques chansons un brin énergique (God loves only you, My Ugly Boy ou encore Over the love, It doesn't matter), et des chansons pop dans la veine de Weak ou Hedonism, plutôt réussies (Talk too much, The sweetest thing ou encore Feeling the Itch). Au placard les distos grasses, les textes engagés et les incendies musicaux, place aux morceaux arrangés par des pros du conformisme radiophonique (notamment les producteurs de James Blunt et Robbie Williams pour ne citer que les plus mauvais). Wonderlustre oscille donc entre titres au potentiel énorme et bluettes insipides, le tout freiné par un lissage de production qui ne ressemble pas du tout aux habitudes du groupe.


Au final, pas de prise de risque de la part du combo, ça ratisse large niveau public visé, et les anglais perdent donc avec ce nouvel album une occasion de renouer avec leur style d'origine. L'album plaira à certains, décevra d'autres, mais quel plaisir de savoir qu'ils sont de retour, tout simplement pour avoir une chance de voir (ou de revoir) ce groupe aux concerts dont on ne ressort jamais indemne. Les compositions de Skunk Anansie prenant tout leur sens en live, il y a fort à parier que l'album s'en sorte beaucoup mieux devant une foule d'auditeurs ! A suivre.

A écouter : God loves only you, My ugly boy, The sweetest thing, It doesn't matter, Feeling the Itch