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Biographie

Sinmara

Sinmara (ex-Chao) est un groupe de Black Metal originaire de Reykjavik, Islande. Partageant des musiciens avec AlmyrkviWormlust ou encore Svartidaudi, la formation sort Aphotic Womb en 2014, puis un split avec leurs compatriotes de Misþyrming en 2017 ainsi qu'un EP. Le deuxième LP des nordiques voit le jour en 2019 chez Ván Records (The Ruins Of Beverast, Chapel Of Disease, (Dolch),...). 

Chronique

Hvísl Stjarnanna ( 2019 )

On pouvait commencer à se dire que la scène islandaise avait tendance à prendre son temps. Elle qui avait déferlé autour de 2014-2015 jusqu’à ne plus savoir où l’on devait donner de la tête, voilà qu’elle nous a laissés orphelins pendant quelques poignées de mois d’attente. D’attente et de doute même ; cette nouvelle génération de groupes n’était elle que poudre aux yeux ? Un épisode passager du Black Metal contemporain qui finalement ne laisserait qu’une dizaine de disques dans son sillage ? 

Fort heureusement, Svartidaudi a relancé la machine l’année dernière et c’est au tour de Sinmara de briller après un Aphotic Womb datant d’il y a déjà cinq ans. Hasard du calendrier, similitude due à des membres communs ou à leur statut de « frères de label » (Van Records) ? L’évolution des deux formations est en fait assez proche, car Hvísl Stjarnanna tout comme Revelations Of The Red Sword prend des libertés sonores vis-à-vis de son aîné nettement plus rocailleux, sale et asphyxiant. Sinmara a quitté sa grotte et fait désormais résonner sa musique dans le ciel nocturne, avec tout ce qu’il comporte de froid, beau et effrayant à la fois. Léger comme l’air, l’album emporte sa proie sans la moindre difficulté avec l’agilité d’un oiseau de nuit. 

Car Hvísl Stjarnanna est complexe, aux contours indéfinissables, perpétuellement changeants. Principales responsables, ces guitares versatiles qui ne se fixent jamais. Elles courent, volent  chacune de leur côté en ignorant sciemment les notions de pesanteur, d’ombre et de lumière, de beauté et de malaise. Impossible alors de qualifier un morceau de manière unilatérale et manichéenne car chacun d’eux recèle de quoi émouvoir et faire frissonner dans un apparent chaos complètement maîtrisé. Même après des dizaines d’écoutes, pas moyen de mettre le doigt sur un titre et de le résumer en quelques riffs, tant Sinmara regorge d’idées de mélodies lead, d’arpèges froids ou de trémolos d’ambiance. Hvísl Stjarnanna est un labyrinthe spectral aux proportions gigantesques, bâti sur des fondations solides (un jeu de batterie riche et permettant de garder les pieds sur terre). 
Et que ceux ou celles qui à la lecture de ces lignes redouteraient l’overdose se détrompent. Ces six mouvements sont fouillés mais se dévoilent avec un naturel déconcertant, balayant les écueils du cache-misère et du pompeux au profit d’un voyage aussi mouvementé que captivant.  

Hvísl Stjarnanna rappelle d’autres œuvres travaillées où il est difficile de dépêtrer les mélodies en pagaille, des disques certes plutôt exigeants mais renfermant en eux des récompenses rares. Pèle-mêle, le Memoria Vetusta II de Blut Aus NordNihil Quam Vacuitas Ordinatum Est par Ad Nauseam, les énigmes sonores de Gorguts ou Portal...Si ces galettes fourmillant de détails trouvent grâce à vos yeux, jetez-vous aveuglément sur cette deuxième œuvre racée et aérienne des Islandais.