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Biographie

Silent Front

Phil (Guitare, Chant)
Russel (Basse)
Gareth (Batterie)

Actif depuis 2002, Silent Front trouve son inspiration dans la scène noise des 90's (Dazzling Killmen, Condense) que le groupe nuance de relents post-hardcore. Après un premier EP et un 10" partagé avec Tiger Force, le trio londonien connait quelques soucis de line-up (batterie), mais passe à la vitesse supérieure en 2009 lors d'un split 7" et une tournée remarqués avec Shield Your Eyes.  Dans la foulée les anglais enregistrent un premier album, Dead Lake (2010), qui leur permet d'enchainer les concerts furieux sur les routes d'Europe.

Chronique

14 / 20
1 commentaire (14/20).
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Dead Lake ( 2010 )

Au noise rock, il fallait bien que le Royaume-Uni s'y (re)mette également. C'est chose faite avec Silent Front. Dead Lake est leur premier album mais les londoniens tordent le coup aux guitares depuis 2002. Entre temps, sûrement pas mal de glandouille, un EP et une paire de splits bien branlés dans le genre nous avaient déjà alertés quant au bien fondé de leur rage adolescente. Mais le terrain de prédilection de Silent Front, avant tout autre endroit ou support, est bel et bien la scène. C'est dans le feu de l'action que ces mecs parviennent à en découdre et à faire monter l'aiguille dans le rouge. Cette réputation là, ils vont la trainer comme une lourde chaine à leurs pieds sur toute la longueur de Dead Lake.

Le premier titre ("Loss"), avec son rythme chaloupé distinctif et ses cordes chauffées à blanc, suggère aussitôt leurs potes de label frenchy, aka Scul Hazzards, et bien entendu tout ce qui traine derrière, là bas, dans la grosse mare saumâtre de la noise des 90's. S'il faut des noms, ou un nom, j'ai envie de ne citer que nos chers Condense. Comme eux, Silent Front joue sur les nuances, ou du moins y travaille allégrement. En retenant la tension pour mieux la faire exploser, en polissant les guitares jusqu'aux mélodies emocore pour mieux les fissurer ensuite, les anglais mettent régulièrement les doigts dans la prise pour briser la régularité de l'encéphalogramme. Seul le chant, criard et follement insurgé, conserve une ligne de conduite intransigeante. Les bonnes intentions sont là, gravées à l'énergie musculaire, mais ne touchent au but que ponctuellement. Outre un enregistrement un peu faiblard, qui ne rend certainement pas justice au son littéralement barbare qu'ils produisent en concert, Dead Lake perd parfois le feu sacré pour ne le retrouver qu'un peu plus tard. La faute à des accalmies finalement peu excitantes et surtout récurrentes. A chacune des mes écoutes, je me suis surpris à penser qu'un format plus court, plus resserré en terme de composition et de sauvagerie aurait davantage mis en valeur les qualités d'un groupe qui n'en manque absolument pas. Mais c'est aussi peut-être parce que Silent Front a également cherché le tact et la finesse, en plus des coups de poings, au tréfond de ce lac acide et sans vie ? Sans aucun doute.

Le LP+CD est sorti sur un vrai conglomérat de labels mais c'est Bigoût (Kiruna, Sofy Major) et Rejuvenation Records (Shub, Scul Hazzards, Kimmo) qui s'y collent pour la France, deux écuries définitivement passionnées par le ramonage de conduits auditifs.

Tracklist : 1.Loss 2.Moving Hands 3.More Than Grazes 4.Knot 5.A Few More Moths 6.Misanthrope 7.Suit For a Certain Occasion 8.Across The River And Into The Trees

A écouter : Moving Hands - Misanthrope