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Biographie

Shores

Brian Przybylski - Guitare / chant / basse
John Massel - Batterie
Billy Bartholomew - Basse
Sean Stearns - Guitare

Originaire de Grand Rapids dans le Michigan (USA), Shores est, au départ, un duo formé de Brian Przybylski (guitare,chant,basse) et du batteur John Massel de North Lincoln. Leur premier album, Coup De Grace est enregistré fin 2008 par Matt Younker, Christian Kremo et Josh Stacey au White Lodge de Wayland puis mixé en 2009 par Christian Kremo. Masterisé en 2010 par Derron Nufher au Sarlacc studio, l'album sortira enfin en novembre 2010 chez No Idea Records, après que le groupe ai effectué son premier concert en août.Durant le long processus de sortie de Coup de Grace, Shores ne reste pas inactif puisqu'il enregistre aux Cold War Sudios de Grand Rapids, sous la houlette de Rick Johnson, son second album intitulé To Volstead, qui sort en octobre 2011 en même temps que Ritual, un split avec Charles The Osprey. Billy Bartholomew et Sean Stearns, qui ne prenaient part qu'aux lives, deviennent finalement des membres à part entière du groupe. Fin 2011, Shores retourne en studio avec Rick Johnson et sort en mars 2012 un split avec Creepoid, puis en août, son troisième album, Leavening, toujours chez No Idea Records.

Leavening ( 2012 )

Groupe on ne peut plus prolifique puisqu'il nous gratifie, depuis Coup de Grâce en 2010, d'un album tous les ans, Shores s'auréole, sur ce Leavening, d'une lumière solaire qui semble éclater en myriade de gouttes de pluie aveuglant ainsi notre monde bruyant, douloureux et vain.

C'est une impression de familiarité qui domine cette réalisation, pourtant le charme agit toujours avec autant de force et l'abandon se dessine dès les premières notes de "Chardonnay", au simple miroitement de ces mélodies ensorceleuses, tristes et languides. Quelques arrangements discrets, une voix féminine pour accompagner Brian sur "Chagrin", sont les seuls changements perceptibles qui n'altèrent en rien le grain et la justesse de la musique.
Et Leavening tel un ferment chimique, élixir d'indolence, engourdit les sens de nonchalance dans un laisser-aller désinvolte et élégant. Léthargie et profonde rêverie, détaché du monde, affranchi...tout dépasser, sans se retourner, même transi dans les brumes de la mélancolie. Ouvrir son âme pour que tout se pare de soleil ou de pluie et que ces pauvres existences scintillent de rires ou de pleurs, rendre beau le chagrin et la douceur. Oublier, se dissiper, disparaître, couler doucement comme ces gouttes d'eau sur la vitre avant que le froid nous pénètre. Car à l'orée du songe perce la conscience de l'immuable réalité et quand les guitares se font plus stridentes ("Broderick"), les riffs plus bruyants, la batterie plus rude et les notes trop sucrées pour être vraies, se perçoivent avec plus d'acuité encore, la faiblesse de l'homme et la souffrance de vivre.
C'est sur la triste et belle mélodie de "Chardonnay" que s'achève Leavening, comme une invitation à se perdre à nouveau dans les dédales de l'oubli. Tel un baume anesthésiant, administré avec bienveillance, il éloigne les tourments et calme nos peurs les plus rationnelles et les mieux fondées, le temps de quelques titres.

"Strange creatures we are, even to ourselves, vastly overrated, strange creatures, we all"

Shores confirme un talent qui ne se dément pas et se présente désormais comme une valeur sûre attestant d'une entière maîtrise de son art et d'une maturité totale. Pourvu d'un son particulier, de mélodies entre mille reconnaissables et d'un univers bien à lui, le groupe possède une identité propre et ne ressemble à aucun autre.

Leavening est en stream intégral sur le site du groupe.

A écouter : dans l'indolence et l'absence.
16 / 20
5 commentaires (15.6/20).
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To Volstead ( 2011 )

Groupe singulier dans la paysage musical actuel, à contre courant des modes et des clichés, fortement influencé par le slowcore des années 90's et assumant parfaitement cette position, Shores, après son surprenant Coup de Grace, revient avec To Volstead, un album dans la droite lignée de son prédécesseur, dédié à l'un des acteurs majeurs de la Prohibition aux États-Unis au début du XXe siècle.

Dédicace ironique car To Volstead est un nectar éthylique, et, chaque chanson, comme une nouvelle flasque d'alcool vidée apporte un surplus d'ébriété jusqu'à atteindre l'état comateux dans lequel la perception du monde se modifie dans une hébétude divine.
Repli dans une bulle irisée de notes délicates et translucides, à l'abri des désillusions et des souffrances,
Bercé par la grâce des mélodies, le temps s'oublie dans une voluptueuse amnésie, et plus rien n'a d'importance.
Griserie d'harmonie et de fragilité, d'effleurements légers et de frôlements éthérés, glissement dans une douce ivresse,
Engourdissement des sens, la réalité s'estompe dans la torpeur, la tiédeur et la paresse.
Quelques instants de sérénité volés, de vaporeuse tranquillité subtilisée.
Et toujours des montées sublimes et sensibles, au cœur des titres, au cœur des chairs, qui se consument en exaltations introverties ; et toujours le voile d'un léger trouble au goût douceâtre qui se distille à l'orée de la conscience car le songe ne dure pas et se perçoivent, déjà, la frustration et la dépression des lendemains de beuveries où les cadavres de bouteilles gisent épars comme autant de rêves brisés.

Shores nous convie à une lente flânerie, triste et mélancolique, au grès d'une musique d'une virtuosité magnifique mais qui sait rester humble, profondément humaine et tout simplement belle ; une languide poésie de l'indolence et de l'absence face au désespoir et à l'absurdité du monde.
"Don't worry, don't hurry, there are worse things"

To Volstead est en écoute intégrale sur le site du groupe.

A écouter : comme on s'enivre ; The Opening Salvo, Beau Monde, Faith Hill et Humoring ayant particulièrement le goût de l'ambroisie.
15.5 / 20
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Coup de Grace ( 2010 )

Tristesse et mélancolie, spleen et apathie, et la pluie qui tombe, sans discontinuité, tout au long des ces moroses après-midis où le monde sans couleur se dilue dans les brumes froides et humides. Shores, c'est comme se retrouver dans la peau du héros de Rodenbach dans "Bruges-la-Morte" : au fil des écoutes, l'on sent "le brouillard contagieux entrer dans l'âme et toutes nos pensées estompées, noyées dans une léthargie grise..."

Tempos lents, musique sobre, minimaliste, épurée voire éthérée, ne laissant que peu de place aux effets, Shores est directement influencé par la scène slowcore des années 90 (Codeine, Seam, Bedhead ou C-Clamp), rehaussé d'une pointe de tension rappelant Slint, de shoegaze et de certaines atmosphères évoquant les Smiths.
Des mélodies subtiles, claires et cristallines s'égrènent comme autant de gouttes de pluie se perdant dans les eaux saumâtres des canaux stagnants. La voix de Brian, monocorde et lancinante, ajoute encore à la sensation de lassitude et de languissement. Et les montées, poignantes et enlevées, où la batterie se fait plus intense, parviennent à rester mesurées et introverties. Une musique à l'aura trouble et vitreuse où bruine un malaise latent et une atonie légèrement dépressive. Une délicate dérive, ensorcelante et envoûtante, provoquant l'engourdissement de l'esprit tout en déclenchant une lente combustion intérieure.

Coup de Grâce est une insidieuse berceuse et ce premier album de Shores un authentique coup de maître.

Coup de Grâce est en stream intégral chez Punknews.

A écouter : Meanwhile, Engage Pall, One Palm Sunday, Canned Heat