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Biographie

Shikari

Bas - Basse
Mark - Chant
Maurice - Guitare
Michael - Batterie

Shikari (traduction japonaise de bodyhunters) est un quatuor néerlandais formé en 1999 sur les cendres de Office Killer. En 2000, le combo sort un premier disque sur Deadlock Records : Robot Wars qui les place entre screamo et power violence façon Union of Uranus. Jusqu'en 2004, Shikari écume les concerts en Europe aux côtés de groupes comme Phoenix Bodies, At The Drive-in, Seein' Red ou encore The Robocop Kraus.
En 2005 Shikari se sépare et réalise un concert d'adieu sur la scène de leur première prestation 6 ans auparavant.
Aujourd'hui, Bas joue dans un groupe de blues, Maurice s'adonne au stoner et au garage rock tout en jouant dans Marat, Mark chante dans Grinding Halt et Michael est disponible depuis le split de Makiladoras en 2006.

Chronique

15.5 / 20
1 commentaire (16/20).

1999-2003 ( 2004 )

C'est en mai 2005 que Shikari joue son dernier concert, à l’endroit même ou l'aventure avait commencé en 1999. Sorti un an avant leur séparation sur Level Plane, ce disque a pour objectif de rassembler les premiers efforts du combo hollandais aujourd'hui difficilement dénichables. On y retrouve les deux splits aux côtés de Seein' Red, Robot Wars, leur tout premier (et terrible) 10", ainsi qu'un 7" sorti également chez Level Plane bien plus tôt. Le tout est mis en valeur par un artwork illustrant parfaitement la singularité sonore de Shikari, à savoir une fournaise macabre et décharnée sur laquelle parviennent encore à pousser quelques brins d'espérance colorés. Toutefois, oubliez ici le classicisme screamo hardcore construit d'alternances entre mélodies et portions de routes déconstruites. Shikari est l'archétype du sans compromis et de la tension maintenue à l'extrême limite du claquage physique.

Directement influencé par Uranus, Shikari exprime une noirceur et une rancœur juvénile propre à l'époque moderne, urbaine et usinée. Sans détour aucun, inscrites noir sur blanc et hurlées à la mort, les paroles désabusées (accompagnées dans le livret de quelques notes de leur auteur sur les circonstances de leur écriture) mordent à pleine dent et avec immédiateté dans des thèmes tels que la désillusion sociale, l'uniformisation de masse, ou bien tirent une inspiration de sujets bien précis à l'image de "Ons Land", unique morceau écrit et chanté en hollandais traitant du système monarchique en place aux Pays-Bas.
Un peu à la manière de Zann, voire de Louise Cyphre, Shikari ajoute à sa déferlante hardcore le lestage d'une guitare n'hésitant pas à faire tendre ses riffs vers le metal extrême, bourru et heavy. La tendance est immédiatement palpable dès "Post Student Syndrome", ouverture dantesque et hystérique de Robot Wars, mais avant toute chose, point d'entrée et catalyseur d'une colère inassouvie.
On y est en plein dedans. Dans l'oppressant et l'obscur. Shikari ne se contente pas seulement de cela et va puiser sa différence dans un puits noisy et chaotique familier à Mohinder ou encore aux indémodables Swing Kids, Pré-The Locust, dont il faudra bien qu'on vous parle un de ces jours. Puis lorsque Shikari semble s'apaiser, comme sur la courte introduction très Saetia, de "Tekila", ce n'est que pour mieux s'enfoncer dans la bataille à grand coup de riffs incisifs que n'auraient pas renié Orchid et de gueulantes à se mettre en boule au fond d'un trou creusé de tes propres ongles.

Shikari restera dans les mémoires comme un groupe intègre et extrême, porteur d'un message musical  dont les structures et la vitesse essoufflent et mettent à genoux la moindre oreille avide d'intensité. Aussi puissant que classe.

MP3 en téléchargement : http://www.bacteria.nl/Shikari_MP3.htm.

A écouter : Post Student Syndrome - Tekila - Ons Land