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Biographie

Shikabane

Shigeru - batterie
Arai - basse
Itakura - guitare, chant

Groupe de grind/crust japonais formé en 1993 à Tokyo sous la forme d'un quatuor, Shikabane (cadavre) débute ses concerts un an plus tard. Jusqu'en 1995, date à laquelle elle devient trio, la formation enregistrera trois démos et un ep. Shikabane enregistre par la suite plusieurs ep dont un split avec Agathoclès, ainsi qu'un premier album, Why Do You Live ? en 2003.

16 / 20
1 commentaire (15.5/20).

Why Do you Live ? ( 2003 )

Initialement tiré sur support digital par Mangrove Records, Why Do You Live ?, deuxième album de Shikabane, se voit accorder un second souffle via l'excellent label Prank Records (World Burns To Death, Signal Lost, Guyana Punch Line, Crow et j'en passe) qui réédite à 1000 exemplaires vinyl le disque de ces japonais sans dieu ni maître.

A la question existentielle, "Why Do You Live ?", gravée comme une épitaphe sur le tombeau crasseux de l'humanité, Shikabane rétorque d'un crachat noir et acide. Nihiliste jusqu'au bout des ongles, le combo respire la grisailles des jours et des heures sombres passés et surtout à venir. En étant toujours fidèle à la tradition nippone du genre (Crow, Gauze ...), Shikabane semble cette fois déployer plus en avant sa véritable personnalité. Au taquet comme des jeunes loups affamés sur les productions précédentes, la meute prend cette fois ci le temps d'élaborer son traquenard. D'un down tempo pesant et sombre annonciateur de l'armaggedon (très marqué Amebix), les gaziers se ruent à notre gorge comme des sales cabots sur la curée avant de se retirer, tapis dans l'ombre et préparant la prochaine attaque. On en prend littéralement plein la gueule.
Mené par un chant mortuaire sorti de la gueule d'un vivant aux bornes du trépas, la liturgie de Shikabane ne laisse aucun répit, et ce, même pendant l'interlude à la guitare sèche parsemé de syllabes mâchées et régurgitées en lambeaux. Que ce soit lors des frasques fastcore nourri de blast beats ou durant les rales crust / d-beat pugnaces aux vocaux arrachés et puissants façon Muga, les atmosphères lugubres et dépressives se mêlent au côté épique des riffs enrôlés de force dans un véritable combat. Une lutte perdue d'avance mais pour laquelle sera déployée toute l'énergie possible jusqu'à la mort de l'âme et du corps.

Si dans ce genre de hardcore on a souvent envie de dire "Au diable l'originalité, l'important c'est que ça poutre", Shikabane parvient à tirer son épingle du jeu en proposant un album autant marqué de l'empreinte des ténors du genre que par un souffle purement subjectif et une vision personnelle du hardcore. Vivement la suite si ces mecs n'ont pas définitivement vomis leurs trippes.

Tracklist : 1.Ash - Bone; 2.Why Can't Obstacle Disappear In This Society ?; 3.Nihilism; 4.Coming Apart ...; 5.Break Down Of Mental Balance - I Dive In A Foward Looking Attitude; 6.What Do You Take Responsibility This My Suffering ?; 7.I Can't Try; 8.The Last Myself

A écouter : Si tu l'oses

Living for Someone or Living for Myself 12" ( 1998 )

Même si l'on pourra trouver une certaine proximité phonétique, Shikabane n'a rien à voir avec l'ikebana et l'art floral japonais. Formation pionnière de la scène grind/crust nippone, les tokyoïtes sont, certes moins connus que Gauze, Crow ou Deathside, mais n'en ont pas moins acquis un statut de légende conféré par leurs quinze années d'activité.

A l'origine sorti en 1998 chez MCR Company, Living for Someone or Living for Myself est le premier véritable album du groupe. Huit titres pour dix minutes, quantitativement le ratio est assez explicite. Dix minutes de folie furieuse, d'énergie brute, sans aucun artifice, Shikabane suit les préceptes d'une scène japonaise qui abhorre toute émotion autre que violente, mêlant le meilleur du hardcore Eighties des Ripcord, Heresy ou Negative Approach à l'une de ses héritières, celle du grindcore des premiers âges genre Agathocles.
Ca va très vite donc, et Shikabane se lance dans la mêlée sans aucune arrière-pensée. Alternant rythmiques d-beat et blast beat avec une agilité qui rappelle fortement feu Disrupt ou même Terrorizer ("Collapsing", "Shogyo"), les nippons sèment ruines et désolation à coups de serpe, offrant de redoutables expectorations d'énergie pure, concises mais néanmoins d'une rare intensité qui nous maintiennent en apnée ("Self-Extinction", "False Reality"). En plus que d'offrir à nos oreilles meurtries son arête la plus acérée, Shikabane se fait également le prophète d'un futur loin d'être réjouissant avec, dans le rôle d'oiseau de mauvais augure, Itakura et ses funèbres incantations assénées sur un timbre à la jonction du jappement de roquet et d'une manifestation de douleur consécutive au coincement d'un doigt dans une porte.

Certes Shikabane n'offre rien d'original. Rugueux, vif et lapidaire, Living for Someone or Living for Myself ne s'adresse pas aux friands d'expériences nouvelles mais à ceux qui souhaitent retrouver un style naturel, instinctif, dénué de toute aspérité. Pas de souci, ils seront servis.

A écouter : Collapsing, Shogyo