Chroniques
Pochette Terre Ancestrale
Pochette Juice B Crypts
Pochette Simulacrum
Pochette Pitfalls
Pochette R(h)ope Pochette Daemon

logo Set Your Goals

Biographie

Set Your Goals

Michael Ambrose - batterie
Jordan Brown - chant
Audelio Flores - guitare
Joe Saucedo - basse
Matt Wilson - chant
Dave Yoha - guitare

Set Your Goals est fondé en 2004 à San Francisco (Californie) par des fans de Gorilla Biscuits. Les deux chanteurs, Jordan Brown et Matt Wilson, et le batteur Michael Ambrose choisissent d'ailleurs le nom de leur formation en hommage à leur groupe fétiche puisqu'il s'agit du titre du premier album de CIV (chanteur de Gorilla Biscuits). Le line-up de départ comprenait également les deux guitaristes Dave Yoha et Manuel Peralez ainsi que Michael Quirk à la basse. Ce dernier est rapidement remplacé par Joe Saucedo.
Set Your Goals enregistre son premier ep en mai 2004 chez Straight On Records et part en tournée en 2005 avec The Warriors, Life Long Tragedy, Animosity, Turmoil et Wait In Vain. Manuel Peralez quitte alors la formation pour rejoindre un autre groupe de hardcore de San Francisco, Alcatraz. Audelio Flores lui succède.
Les performances scéniques du groupe et le succès du ep vont susciter l'intérêt de nombreux labels. Set Your Goals signe en janvier 2006 chez Eulogy Recordings, label connu pour abriter de nombreux groupes straight edge, et qui produit déjà leurs camarades des Warriors.
Tout va alors s'enchaîner très vite pour ce jeune groupe : en avril 2006 il réenregistre son premier ep sous le titre de Reset, et, dès juillet, sort son premier album, Mutiny. Enregistré au Laundry Room de Seattle, il est produit par Barret Jones (Foo Fighters, I Am The Avalanche, Nirvana). Set Your Goals est ensuite invité en août à San Diego en ouverture du set de reformation de Gorilla Biscuits et poursuit par des tournées avec des groupes notoires tels Ignite, Most Precious Blood, With Honor, The Distance, Terror ou Anti Flag.
La notoriété de Set Your Goals grandit très vite et le groupe est actuellement considéré comme l'un des plus grands espoirs d'un hardcore punk positif qui avait été quelque peu absent ces dernières années. C'est sans nul doute un groupe à suivre.

13.5 / 20
3 commentaires (11/20).
logo amazon

This Will Be The Death Of Us ( 2009 )

En 2006, Set Your Goals avait marqué la nébuleuse punk hardcore par sa façon de remanier les codes HxC en les popisant sans vergogne. La réclame était née :  "Lifetime meets Blink-182" . Elle ne s'est pas démentie depuis.

En signant chez Epitaph courant mars 2009 et en assurant la première partie de New Found Glory la même année, le groupe laissait peu de doute sur la coloration de son opus à venir et sur un possible revirement de jurisprudence. This Will Be The Death Of Us, en dépit de son artwork à velléité morbide, vient donc parfaitement se jucher dans son nid punk/pop attendu, fait de mélodies coton et de lignes de chant cajoleuses. Autant le dire, ceux qui avaient fermé le dossier SYG avec Mutiny ne le rouvriront pas. Et la première écoute poussera pas mal des autres auditeurs à les imiter, l'efficacité et le génie passé des américains semblant s'être abondamment taris.

Car le nier serait mentir.This Will Be The Death Of Us roule bien sans excès de vitesse dans le sillon crée par son prédécesseur et continué par une horde de groupes de la même veine (Daggermouth, Four Year Strong), sans heurts, sans brusqueries (Allez accordons un crédit à la tentative plus vitaminée de "The Fallen…", et encore, on est généreux). Les 11 titres fleurent bon la ballade au milieu des chœurs, des alternances de chants, des variations rythmiques et autres joyeusetés ensoleillées ("Summer Jam"), sans parvenir (chercher ?) à évoquer l’aspect brut et violent du hardcore d’origine. Still teen-music donc ? Oui, et tellement bien assumé que la croisière finit par faire embarquer, la fabuleuse "Like You To Me" en tête, titre représentant les californiens dans toute leur catchysité.  N’en déplaise à son intitulé donc, This Will Be The Death Of Us respire plus la vie que la mort.

Que retenir in fine ? La sympathique touche féminine apportée par Hayley Williams (Paramore) sur "The Few That Remains", une intro aisément mémorisable sur "Equals", la traditionnelle- mais plutôt réussie – acoustique de fin d’album ("Arrival Notes"), la présence de Chad Gilbert (Shai Hulud, New Found Glory, International Superheroes of Hardcore) pour clore l’effort ("Our Ethos : A Legacy To Pass On"), un double chant toujours charmant, des tracks set your goalsiennes au possible ("Look Closer", "Like You To Me"), une production évidemment bien léchée ; bref de quoi maintenir solidement le combo dans son crédo. Le sextuor ne recherchait probablement pas autre chose.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Like You To Me", "Look Closer", "Our Ethos : A Legacy To Pass On"
16 / 20
3 commentaires (17.33/20).
logo amazon

Mutiny ( 2006 )

Profitant du nouvel élan insufflé au hardcore par les Comeback Kid, With Honor, et autres This is Hell, Set Your Goals s’est vu propulsé au devant de la scène en à peine un an, sortant en moins de 6 mois d’intervalle une réédition de son premier EP Reset et un premier album. L’envie, palpable et l’ébullition, visible ; l’ambition est affichée : chasser le capitaine et s’emparer de la tête du navire punk hardcore.

La colère attendra. C’est en douceur que les californiens signent leur entrée, "Work in progress", comme une carte de visite, l’étendue du panorama : introduction acoustique, voix claire, épaulée, puis explosion soudaine, le phrasé d’un leader politique ("Life is about doing whether you want to or not"), dans une tradition Rise Againstienne ; avalanche aux fûts et cascade de lignes mélodiques. L’amorce est faite et l’artillerie visible. Set Your Goals a construit son album tout en jonction et en pont, la deuxième piste claque ainsi les flancs du navire sans même une seconde de répit. Les chœurs de l’équipage rugissent, les rythmes s’alourdissent un instant ("Mutiny"), regonflent les voiles, et repartent de plus belles ("This Song Is Definitaly Not About A Girl" et son fader enchaîné en plein milieu du morceau), qu’on se le dise : SYG porte fièrement l’étendard du punk hardcore à chacune de ses compositions.

Punk hardcore si l’on veut, ou pour être plus précis, pop punk hardcore, l’opus mêlant effectivement des éléments des deux courants. Historiquement influencés par des formations comme les Gorilla Biscuits ou Kid Dynamite, les natifs de San Francisco avait d’abord opté dans Reset pour un style à la croisée des chemins de H2O et Lifetime : en somme, HxC tatoué sur la peau, mais résolument mélodique. Avec Mutiny!, le côté popisant est encore plus exacerbé ("To Be Continued"), si bien qu’on croirait parfois entendre New Found Glory sur une instrumentale de Strike Anywhere ("An Old Booked Misread", "This Very Moment"). Si les amateurs de voix caverneuses crieront de ce fait à l’hérésie, les cœurs plus tendres eux, chavireront certainement. Le duo vocal, complémentaire comme pouvait l’être celui de Blink 182 (on retrouve d’ailleurs ici un timbre proche de Delonge) mène en effet la révolte de main de maître. La mélodie gouverne, rien ne semble vide, les cales sont pleines de riffs ronflants et les barils de poudre sonore éclatent sans temps morts. "Echoes", clôture en apothéose ces 11 titres, avec une succession de tempos changeants achevée par un da.da.da renversant où les voix de Brown et Wilson s’enchevêtrent pour le bouquet final.

Fusionnant pop rock et hardcore, pour un résultat plutôt inédit, Mutiny ! aura causé en 2006 la lame de fond souhaitée par ses auteurs. Bien que l’effort ne sera probablement pas épargné par les « tough guy » qui y verront un hardcore dénaturé de sa substance, l’efficacité et la coloration de l’œuvre en feront un des albums de l’année dans son genre, et si les réticents refuseront de parler de révolution, nul doute qu’il faudra tout de même avouer, que la mutinerie est en marche.

En écoute sur myspace.

A écouter : "Work in Progress", "An Old Book Misread", "Echoes"