Albums du moment
Pochette Monumenty selhání
Pochette A Different Shade of Blue
Pochette A Dawn To Fear Pochette Nighttime Stories

logo Sergeant Thunderhoof

Biographie

Sergeant Thunderhoof

Sergeant Thunderhoof est à l'origine un groupe sans prétention formé par quatre amis originaires de Bath (Angleterre).
Lancé sans véritable plan de route fin 2013, le projet bascule en l'espace de quelques mois à mesure que le quatuor prend conscience de son potentiel et aboutit à la sortie au printemps 2014 d'un premier EP 5 titres, puis d'une première tournée en Angleterre. Inarrêtables, les anglais reviennent dès Novembre de l'année suivante avec leur premier album: Ride of the Hoof.

15.5 / 20
0 commentaire
logo amazon

Ride Of The Hoof ( 2015 )

Sergeant Thunderhoof est de retour une petite année après son démarrage en fanfare et tous les voyants sont au vert: l'équipage n'a pas changé - jusqu'à Sara-Jane Swettenham que nous retrouvons de nouveau aux commandes de l'identité visuelle du groupe - et les prétentions ainsi que l'inspiration sont sensiblement identiques au moment de passer la seconde. Annoncé sous les meilleurs auspices, restait encore aux natifs de Bath à prouver par le riff que ce second chapitre de leurs aventures méritait autant le détour que leur EP introductif qui avait mine de rien sévèrement piqué notre curiosité il y a tout juste quelques mois de ça. Une tache à laquelle la formation anglaise, s’attelle d'ailleurs avec vigueur dès les premiers instants de ce Ride Of The Hoof.

Visiblement toujours sur sa lancée de l'an dernier, Sergeant Thunderhoof saute la case présentations pour rentrer énergiquement dans le vif du sujet. Un bon riff valant tous les discours du monde, "When Time Stood Still", premier morceau de bravoure (9 minutes) de leur nouvelle offrande donne ici clairement le ton d'un album qui s'annonce massif et entraînant, bavard, subtil et généreusement arrosé de fuzz. Sans se défaire de son amour du groove, le quatuor met très nettement l'accent sur les aspirations les plus progressives exposées par sa précédente sortie dès les premières minutes. Les anglais, à l'aise dans leur Stoner Doom, annoncent la couleur: place aux jams d'outre-espace et paix aux nuques insuffisamment échauffées.
Plus aventureux et versatile que précédemment, Sergeant Thunderhoof élargit sa zone de confort en diluant ses influences évidentes (Black SabbathAcrimony, Monster Magnet ou encore Sleep pour ne citer qu'eux) dans un Stoner qui se veut désormais plus personnel et s'exprime maintenant entièrement par lui-même plus qu'à travers les références qu'il évoque. Ce que Ride of the Hoof perd en force brute et en efficacité immédiate comparativement à Zigurat, il le regagne en caractère et dans la virtuosité dont il fait preuve lorsqu'il s'agit de naviguer entre Stoner Doom, Blues et Rock Psyché le long de compositions à tiroirs sérieusement trippées ("Reptilian Wooman") culminant jusqu'au-delà des 13 minutes (l'énorme "Goat Mushroom"). Avec un Dan Flitcroft en grande forme vocale qui s'est visiblement autant amusé à déclamer ses histoires d'aliens et de démons qu'à aller explorer des tessitures inédites ("When Time Stood Still"), le groupe réussit là où d'autres continueront de se vautrer: en faisant passer le plaisir avant la posture et en évitant de mélanger rigueur et rigorisme ou de confondre influences et mode d'emploi. Ride of the Hoof, second étage de la fusée Sergeant Thunderhoof lancée sur la piste du Stoner cosmique il y a maintenant deux ans de ça vient de s'écraser non loin de de chez nous et son message est clair: les anglais pourraient bien être partis pour un sacré voyage.

Ambitieux, Ride of The Hoof s'affirme comme un premier album imparfait (la bluette "The Staff of Souls" qui fait un peu dévisser le tout en fin de disque) mais débordant de vie sur lequel Sergeant Thunderhoof parvient à retranscrire son univers dans un Stoner Doom singulier qui, s'il ne révolutionnera pas le genre (qui le peut encore vraiment?), fait entendre sa propre voix. Les ingrédients de la réussite n'ont pas véritablement changé pour les quatre anglais, tout juste ont ils réussi à pousser leur recette un peu plus loin sans la dénaturer. Que demander de plus?

15.5 / 20
2 commentaires (15.5/20).

Zigurat ( 2014 )

A l'origine était Acrimony. Puis vint Sigiriya et son premier album (oubliez la suite). Points communs: l'Union Jack, un sens du riff hors du commun et un certain Dorian Walters, hurleur au timbre inoubliable, incarnation idéale du son massif, enfumé, groovy et belliqueux développé par les deux groupes. Que vient foutre Sergeant Thunderhoof dans cette sympathique histoire me direz-vous? Tout, absolument tout. Oh j'en vois déjà quelques-uns pouffer au dernier rang pendant que leurs petits camarades hurlent à l'infamie. A raison peut être car comparer une formation vieille de quelques mois (!) au mighty Acrimony semble exagéré. Tant que Zigurat ne tourne pas sur la platine, se sent on alors immédiatement obligé d'ajouter.

Plus que certainement biberonné au son des groupes précités qui lui auront, certes, facilité le travail en quelques 20 ans de défrichage, le quatuor de Bath marche crânement dans les pas de ses aînés pour semble-t-il reprendre le travail là où ils l'avaient laissé en plan en 2012 lors du départ de Walters. Vocalement bluffant (mimétisme total et ultra maîtrisé par instants) Zigurat n'en finit plus de semer en route accélérations fulgurantes, riffs sabbathiens, vieux relents de hargne hardcore et fumerolles épaisses au goût d'illicite dans le plus pur style Acrimony dès "Devil Whore", ne laissant que peu de place au doute quand à la capacité du groupe de jouer le jeu du tribute à merveille. Comme pour se rassurer Sergeant Thunderhoof cale ses (jeunes) repères et prépare le terrain pour la suite. Juste au cas où.
Non contents d'apporter rapidement la preuve qu'ils avaient le coffre pour tenir à distance le rythme des patrons sans forcer 40 minutes durant - je dis bien sans forcer - les petits nouveaux tiennent visiblement déjà à faire travailler leur créativité. Résultat: de "Pity of the Son" (quel morceau!) jusqu'à "After Burner", la démonstration par l'exemple s'avère implacable. Si le talent ne s'invente pas, Sergeant Thunderhoof en a en revanche clairement à revendre.

Tout à la fois plus resserré ("Om Asato Ma Sadgamaya", seulement 4'50) et plus relâché, voire progressif, et directement influencé par ses contemporains (Sungrazer, TruckfightersKings of Frog Island aussi bien que Valley Of the Sun ou The Sword...) sur "Lunar Worship" ou "Pity of the Son" Sergeant Thunderhoof n'en sacrifie pas pour autant son Stoner massivement riff-driven. Sur Zigurat, jamais lourdeur ne rime avec ennui, pas plus que respirations avec longueurs, bien au contraire, ses auteurs retrouvant invariablement le chemin de leur QG posé non loin du canal de Bristol. Admirablement balancée, cette première sortie d'un groupe au CV jusque là vierge effectue un passage en revue impressionnant du spectre du Rock enfumé, ultra-heavy et chaloupé sans perdre de vue que la production (excellente) sans compositions n'accouche que de coquilles vides ni oublier d'y insuffler une grosse dose de conviction et d'intensité.

En cinq morceaux l'affaire est purement et simplement pliée pour Sergeant Thunderhoof qui rentre dans la cour du Stoner Doom directement par la grande porte. Aussi efficace dans l'abattage Stoner couillu que dans les explorations tourbillonnantes, sur de ses forces - les influences revendiquées sont déjà souvent reléguées en arrière plan - le groupe donne follement envie d'y revenir. En attendant de pouvoir croiser les anglais sur la route hors de leurs frontières, Zigurat a tous les arguments qu'il faut pour faire sensiblement (re)grimper en flèche la température dans les chaumières en cette fin d'année. Faites de la place dans le salon, Sergeant Thunderhoof arrive.

En écoute et 'Name your price' sur Bandcamp.

A écouter : Pity of the Son
Sergeant Thunderhoof

Style : Stoner / Doom / Psyché
Tags : - -
Origine : Royaume-Uni
Facebook :
Bandcamp :
Amateurs : 3 amateurs Facebook :