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Biographie

Seita

Seita est un groupe de death / thrash metal venu tout droit du Brésil. La musique de Seita s'inscrit dans la droite lignée du thrash joué par Sepultura au début des années 90. Le groupe sort un premièr EP en 2008, Imprint Forever. Après quelques dates de concert au Brésil et aux alentours, Seita décide de partir aux Pays-Bas pour conquérir un nouveau public.C'est en 2012 que sort Asymetric Warfare, le premier opus de Seita, produit par Danny O'Really au studio Solid Ground à Amsterdam. Les thèmes principaux sont très classiques : la rage de surmonter les épreuves de la vie, la dénonciation des injustices etc.

Chronique

Asymetric Warfare ( 2012 )

Aaaah, le Brésil. Ses plages paradisiaques, ses forêts luxuriantes, ses bombasses bronzées refaites de partout… Ses inégalités, sa pauvreté, sa corruption, sa scène metal underground. Patrie de nombreuses formations metal de toutes sortes, pas étonnant cependant que le thrash / death soit celui qui prolifère le plus car il représente peut-être le mieux la rage contre les injustices du quotidien, la corruption et toutes les merdes en général que subissent la population locale et le monde entier.

Evidemment au Brésil, le style doit quasiment tout à Sepultura qui a défoncé les portes à grands coups de riffs saccageurs, de dénonciations corrosives, de ceintures à munitions et de tignasses informes. L’impact de la bande de Max Cavalera a ouvert une brèche dans laquelle s’engouffrent des dizaines et des dizaines de groupes et qui ne se colmatera probablement jamais. Et c’est tant mieux !

Seita fait partie de ces rejetons pas beaux qui en ont assez de subir les vices de son pays et compte bien le faire entendre. Aujourd’hui basé en Hollande, le groupe n’a cependant pas passé son temps à fumer et à traîner au Quartier rouge. Il balance également un metal qui repeint les murs encore mieux que Rembrandt et qui sent encore meilleur que du gouda. Passées cette post-intro pourrie, on va peut-être en savoir un peu plus sur le premier album du quatuor, Asymetric Warfare.

Comme dit plus haut, l’album décape sévèrement. Agression non-stop, riffage efficace et moderne, le tout avec une production claire et puissante. C’est simple, on se croirait entre Machine Head, Sepultura et Slayer. Dès la première piste, on en prend plein la tête. Le guitariste / chanteur Michel Gambini hurle fort belle manière et passe aisément dans les aigus pour un peu de variété. Côté paroles, pas vraiment de surprise : Gambini a tendance à rabâcher les mêmes termes que Cavalera, à savoir "enemies", "war", "hate", "we must stand for our freedom" etc. Bref, ça dénonce mais ces mimiques deviennent un poil irritantes à la longue. Encore heureux qu'il y mette du coeur ! Mais même malgré ces efforts, il nous est difficile de tenir les dix pistes d’affilée tant son timbre de voix finit par nous endormir. 

Soyons clairs, Asymetric Warfare est taillé pour le live. Les musiciens vont à fond la caisse la plupart du temps pour mieux voir leurs aficionados se mettre sur la tronche. "Know Your Enemies" en est un flagrant exemple, trois minutes de bourrinage bien thrashy avec un refrain de malade tout en ralentissement et un solo des enfers qui ne veut rien dire sinon "je sais faire des solo !". Mais le rythme élevé des titres sait aussi laisser la place à des passages plus lourds comme ceux de  "Godlike", "What Cures" ou de "The Riot Starter Inside Everyone" qu’on imagine destinés à faire headbanger les foules même s’ils ne sont pas les plus originaux que l’on ait entendus.
De manière générale, il eut peut-être été plus judicieux pour Seita de réduire la durée de ses titres pour (encore) mieux nous rentrer dans le lard. Une moyenne de 4,20 minutes par piste (6 :15 pour "Oppressive Redemption") fatigue l’auditeur, notamment sur les pistes les moins convaincantes comme "Baptism" et "Reborn on Fire" qui n'apportent pas grand chose, ou "Oppressive Redemption" aux relents de Chaos A.D. Les quelques solo qui ornent Asymetric Warfare pimentent un peu le tout même s’ils restent très classiques dans la forme, à savoir du shred, de la pédale « wah-wah » et pour le final une harmonique qui s’envole dans les aigus, « WOUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN ! ».  Reste le final "Ditadura" (il ne manque pas un "c" pour faire "Dictatura" là ?) qui se permet tout de même une atmosphère un peu triste, un peu cliché aussi, mais toujours efficace pour terminer un album correctement sans en faire trop.

Beaucoup de groupes death / thrash ratent l’exercice de l’album car il est difficile dans ce style de garder l’auditeur éveillé pendant une dizaine de pistes. Seita ne s'en sort pas trop mal mais va devoir trouver une vraie patte pour pouvoir se démarquer et éviter de devenir un Legion of the Damned ou un Soulfly bis.

A écouter : The Awakening, Know Your Enemies, What Cures, No One but Me