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Biographie

Sect

Formé par d'anciens Catharsis, Cursed, Earth Crisis et Fall Out Boy, Sect est un groupe de Hardcore reprenant certains thèmes chers aux groupes précédemment cités, s'inscrivant sur son premier opus éponyme dans la continuité du dernier Cursed. L'année suivante, le combo revient à nouveau avec No Cure For Death, produit par Kurt Ballou (Converge).

Blood Of The Beasts ( 2019 )

Quand j’ai vu l’artwork rapidement, j’ai pensé à une réédition de l’éponyme de Chimaira. Puis finalement, non, c’est bien un tout nouveau Sect, à peine deux ans après No Cure For Death. On ne va pas se mentir, on sait que les prochaines vingt minutes seront rudes.
Non pas car les compos de Sect seront inintéressantes, mais bien parce que le groupe continue de malmener les tympans. Reprenant ce qui fait mouche sur les opus précédents, ce Hardcore héritier de Cursed, mais évite de s’embourber dans une redite. Le principal défaut de No Cure For Death, sa sensation de déjà-entendu, s’effrite peu à peu ici : « Domestic », « Cirrhosis Of Youth » ou « The Blankest Cheque » développent un intérêt certain, porté par une partie rythmique bien ancrée au sol (« Terminus »).
On y retrouve la richesse sonore du III : Architects of Troubled Sleep, qui permet d’avoir une multitude d’ambiances, à la fois dans les variations de rythmes, mais aussi le côté parfois enragé de l’ensemble qui laisse place à une lourdeur sans concession (« Like Animals »). Cela fait quelques temps qu’un disque de ce style n’avait pas donné quelques frissons, et il semble que les musiciens aient trouvé un point d’équilibre stable (le très bon « Wait »).

Blood Of the Beasts tient-il son titre du film de Georges Franju ? Il y a de fortes chances tant les musiciens portent un discours Vegan / SxE, qui se retrouve tout autant dans les titres que les paroles.
Si l’on ne jugera pas du bien-fondé du discours du groupe, il est cependant certain que Sect ne met pas d’artifices sur ses mots ou ses images (le clip de « Like Animals ») : on te crache la vérité au visage, sans pourtant y voir une facette haineuse du groupe, mais juste un dégout et rejet de certains aspects de la société.

Plutôt réussi, ce nouvel album continue à suivre le fil rouge mis en place depuis 2016. Rien à redire, le groupe fait le nécessaire pour que Blood Of The Beasts soit un bon album, peut être plus amené à revenir dans la playlist que No Cure For Death.

No Cure For Death ( 2017 )

Sect a tout, sur le papier, pour réussir. Pensez bien, des bouts de Cursed, Catharsis, Earth Crisis et Fall Out Boy. Que demander de plus ? On a encore en mémoire OnePassion et To The Death et, pour ceux qui en ont entendu parler, un premier opus éponyme pour Sect en 2016, donc autant dire que les attentes sont élevées.

Lourd. Gras. [Intégrer ici tout adjectif adapté]. Autant dire que l’effet escompté en 2016 semble à nouveau reproduit. Certes moins brut en termes de production (on se rapproche plus du dernier Nails, merci Kurt Ballou), No Cure For Death reprend les mêmes codes et les utilise à nouveau sans fioritures. De l’artwork en teintes de gris à cette sensation d’un mastodonte sautillant sur le sol, Sect pourrait faire dans la redite et ne pas aller plus loin que précédemment, mais heureusement semble durcir le ton (Born Razed) de son Hardcore qui tient au final assez facilement un nombre de passages élevé sur la platine.

Difficile de ne pas retrouver Cursed à l’écoute du chant : même ligne vocale qu’auparavant et une assurance qui n’a pas pris une ride, si bien qu’il est parfois compliqué de ne pas voir Sect comme une continuité de Cursed, d’autant plus que les mots ou thématiques sont similaires (Liberal Arts).  C’est d’ailleurs ce qui fait que No Cure For Death peut paraître fade : sensation de déjà-entendu, compositions souvent prévisibles (Reality’s Wake), Sect prend des chemins dont les sillons sont déjà profonds et ne semble qu’enfoncer ses pieds dans ces traces. Les musiciens connaissent parfaitement comment s'y prendre (Stripes), savent alourdir l’ensemble et créer quelques passages épiques (Day For Night) mais les dissonances auditives se font plus malmener au fil des écoutes qu’elles ne marquent l’esprit.

Hardcore sur 17 minutes, vérociférant de la première à la dernière seconde, Sect ne fait aucune concession. Plus incisif que le premier opus, mais moins influencé par Earth Crisis, on lorgne quand même plus vers Cursed et Catharsis que Fall Out Boy, mais cela fait un bien fou de pouvoir écouter un disque de cet acabit. Les fans de Nails trouveront également une alternative en termes de sonorités, mais en moins syncopé. Les autres risquent d’être moins réactif à l’ensemble.

A écouter : Liberal Arts - Born Razed