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Biographie

Screaming Females

C'est au lycée que Mike et Marissa forment Surgery On TV, le groupe cherche alors ses marques puis change fréquemment de line-up afin de se stabiliser sous la forme d'un trio, après la rencontre de Jarrett. Ils se renomment alors Screaming Females et participent allègrement aux concerts rock underground de New Brunswick (New Jersey). Entièrement DIY et indépendant à leurs débuts, ils font confiance à Don Giovanni Records, un label du coin, à partir de leur troisième album, Power Move. Leur 4ème album, Castle Talk, voit le jour en 2010 et les entraîne dans une folle tournée sur le vieux continent.

Marissa Paternoster (Guitare, Chant)
King Mike (Basse)
Jarrett Dougherty (Batterie)

Rose Mountain ( 2015 )

Moins cités que certains camarades de jeu avec lesquels ils partageaient un amour inconsidéré pour le fuzz et les mélodies franches (Jawbreaker et Dinosaur Jr reviennent souvent), les Screaming Females affichent une régularité à toute épreuve qui n'a rien à envier à leur vis-à-vis. Plus qu'un simple supporting band, le trio a prouvé en six albums qu'on pouvait toujours compter sur eux. Pour les sceptiques, l'écoute de "Doom 84" (Ugly, 2012) devrait couper court à toute conversation.

Talons aiguilles. Là où Ugly se révélait comme le disque le plus épique des Screaming Females, Rose Mountain frappe par son aspect plus compact. Trente-cinq minutes au compteur pour dix morceaux, on ne s'embarrasse pas de fioritures. Retour à une ambition plus sage ? Pas si sûr : d'entrée les riffs de "Empty Head" et de "Ripe" sont de ceux qui restent en tête de longues heures. La lourde guitare de Marissa Paternoster occupe l'espace, bien aidée par une rythmique au diapason et par la production de Matt Bayles dont on connait le goût pour les sons bruts et musclés (les premiers Minus The Bear, Narrows, KEN Mode pour n'en citer que quelques uns). A l'instar de la dernière sortie de Sleater-Kinney, No Cities to Love, les compositions de Rose Mountain transpirent le Rock simple et efficace, woo-ooh-ooh sur les refrains, mesures enlevées et solos dissonants compris dans l'addition ("Burning Car"). Avec les talons aiguilles, et la netteté des riffs et la désinvolture apparente, les deux groupes partagent décidément beaucoup.

Ouvert. En gardant son énergie et son inspiration intactes, le trio reste maître de son évolution. En dix ans, on imagine que les priorités ont changé. A côté d'un disque comme Castle Talk (2010), et malgré un départ canon sur ses deux premiers titres, Rose Mountain perd rapidement son urgence punk et en profite pour s'aérer, allant jusqu'à s'offrir des ballades low tempo plus personnelles ("Wishing Well", "Hopeless") portées par les lignes vocales graves de Marissa Paternoster, autre constante de qualité dans la discographie du groupe et cette fois-ci au centre de toutes les attentions. Un choix judicieux pour renouveler son style, sans sacrifier à l'impact du riffing par ailleurs. Même si, aux premières écoutes, on pourra peut-être regretter une baisse d'intensité assumée et une prise de risque moindre qui rend l'album plus prévisible.

Malgré tout, l'heure n'a pas encore sonné pour les Screaming Females. Rose Mountain reste un bon album (si on considère que son prédécesseur avait placé la barre très haut) et arrive à temps pour se rappeler à notre bon souvenir en toute simplicité. Ses quelques éclats ne devraient en tout cas pas laisser indifférents ceux qui avaient frémi dans les années 90 et qui se montrent encore sensibles au revival actuel.

Castle Talk ( 2010 )

Ne vous y trompez pas, Screaming Females n'est pas un rip-off de Bikini Kill, ni même un quelconque groupe affilié au mouvement riot grrrl. Dans les rangs de ce trio du New Jersey, on ne dénombre qu'une seule fille, à l'âge indéfinissable, aux tenues fabuleuses et au talent remarquable. Pour faire fuser son riffing affûté et son chant mémorable, elle compte sur les "fast basslines" de King Mike et sur la rigueur de Jarret à la batterie. Ces 3 là se comprennent au quart de tour et jouent du punk rock ensemble comme si cela était une aptitude innée. Leur passage en France en fin d'année 2010, fut en ce qui me concerne une véritable révélation. En une soirée, Screaming Females a volé dans mon coeur une large place de la part acquise par les disques de Dinosaur Jr tout en gravant sa propre épitaphe, ailleurs. Car le plus important dans tout cela, c'est que tout en évoquant très subtilement des monstres sacrés aussi disparates que Fugazi, Nirvana ou Sleater Kinney, Screaming Females reste un groupe d'une singularité et d'une humilité rarissimes. Je ne sais pas si ce sentiment provient de ces soli tortueux, finement intégrés aux morceaux afin d'en conserver toute l'énergie punk, et mieux encore, leur en communiquer. Je ne saurais dire si c'est le chant - qui hante littéralement tout le disque de son magnifique timbre grave et d'une aura vampirisante - qui en est la principale source. Où pourquoi pas cette section rythmique, dure sans pour autant être rigide, qui abreuve la machine pour qu'elle crache le feu ? Peu importe, Castle Talk respire d'une seule et même paire de poumons et évoque les heures et les heures de répétitions à s'en cisailler les phalanges et les milliers de kilomètres de van pour aller jouer chaque soir devant 5 ou 500 personnes, impassibles ou en transe, avec la même conviction et le même plaisir. Tous liés par la même pellicule de sueur, les 11 titres de Castle Talk renouvellent tour à tour l'intense satisfaction d'écouter un vrai disque de rock, original et originel, avec tout ce que cela comporte de fédérateur et de sauvage.

Au disque est joint un coupon pour obtenir les morceaux au format numérique.

A écouter : I Don't Mind - A New Kid - Boss - Nothing At All