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Biographie

Saetia

Billy Werner (Chant)
Greg Drudy (Batterie)
Jamie Behar (Guitare)
Adam Marino (Guitare)
Alex Madara (Basse)

Saetia, prononcez "Say-cha", est né en 1997 à New York. 2 ans et demi et 17 morceaux plus tard, Saetia joue son dernier concert au ABC No Rio, endroit ou le groupe a livré sa première prestation. Cette courte période suffira au groupe pour graver de manière indélébile leur image au sein de scène indépendante emo hardcore. Le nom du groupe vient d'une faute d'orthographe de "Saeta", titre composé par Miles Davis pour l'album jazz Sketches Of Spain.
Si aujourd'hui Saetia n'est plus, ses membres continuent de faire vivre l'âme du groupe au sein de formations comme Precision Auto (Colin Bartoldus), Hot Cross (Greg Drudy et Matt Smith), ErrorType 11 (Adam Marino) et Off Minor (Jamie Behar et Steve Roche).

Chronique

19 / 20
6 commentaires (18.67/20).

A Retrospective ( 2001 )

It's too sad, too tragic, spent myself
Choking on, motions, leading up to said, misfortune
- "Some Natures Catch No Plagues"

C'est beaucoup de ça l'histoire de Saetia. Une trajectoire d'étoile filante à la lumière sombre, parsemée d'embûches et d'accidents dramatiques comme le décès du bassiste Alex Madara en 1998. Malgré les obstacles, Saetia agrippe les coeurs, effleure les âmes et s'extirpe du carcan charnel. Aujourd'hui, il ne reste qu'une poignée de particules émotionnelles, en suspension, pour l'éternité. Puis ce disque, sur lequel sont gravés les sillons de Saetia comme une preuve irréfutable. Une belle initiative que l'on doit au label Level-Plane, aujourd'hui dirigé par Greg Drudy, batteur de Saetia et premier batteur de Interpol.

A Retrospective retrace la fuite en avant des new-yorkais à travers 17 compositions fébriles & hardcore. Les 9 titres de l'album éponyme, les 3 titres du 7" Eronel, les 4 titres de la démo K7, les 2 compositions du 7" éponyme, le morceau paru sur la compilation ABC Rio Benefit CD (disque dédié à récolter des fonds pour la sale de concert du même nom) ainsi que 5 titres lives. Tout est là, enveloppé dans un écrin à la classe folle, avec paroles, photos mais surtout, des mots de chaque membre sur l'influence qu'a pu avoir, et a encore, Saetia sur leurs existences personnelles au delà du groupe.

Saetia appartient à la génération bénie post-Shotmaker (1993 - 1996) au même titre que des formations telles que Orchid, Jerome's Dream ou des moins connus Maximillian Colby, voire des premiers efforts de Twelve Hour Turn. Si la plupart des groupes de cette frange se tourneront vers une musique sans temps mort, épileptique et viscérale avant tout, Saetia saura y intégrer le tact des mélodies touchées par la grâce. Saetia créé la folie et le tiraillement entre colère absolue et résignation presque suicidaire. De la lave en fusion coulée sur un iceberg titanesque aux arrêtes acérés. Des notes sensibles et bouillantes déposées sur un édifice musical déstructuré en proie à la violence, aux fractures rythmiques et au cris de douleur. Portés par une guitare galopante caractéristique, des morceaux comme "The Sweetness And The Light" ou "An Open Letter" montrent à quel point Saetia est cet animal traumatisé, imprévisible, en rage et sans espoir. Un espoir anéanti par un chant parfaitement reconnaissable, vrai et parcouru d'aspérités. Capable de faire nâitre les larmes ("Venus & Bacchus") puis la seconde d'après, de façonner le Chaos au sens littéral du terme ("Notres Langues Nous Trompent"), Saetia vogue sur les extrêmes. Son ambivalence est sa griffe, acerbe et vive. Saetia donne de sa propre personne à chaque volée de coups. Un sacrifice.

Bercé par un enregistrement authentique, A Retrospective est de ces disques qui pointent la Vie par le prisme de la Mort car vecteur de sentiments, sombres et moroses, sans aucun intermédiaire. Ecoutez, vivez et mourrez. Mais surtout pas en paix.

There Is No Happy Here

A écouter : et vivre