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Biographie

Sael

C'est en 2002, à Munich, qu'Iconoclast crée Sael avec des membres du groupe Arcarum Odem, et c'est en 2003 que la première démo du combo voit le jour.

De retour en France, Iconoclaste s'entoure alors d'amis, membres de Funeraille, d'Acarus Sarcopt et d'Asmodée pour continuer son projet. Le groupe enregistre alors un titre qui apparaît en 2004 sur le split avec Azaghal (None Shall Escape...).
Rejoint ensuite par Serge d'Acarus Sacropt et MG d'Asmodée, le groupe enregistre Ocean, son premier Ep, entre 2004 et 2006.

Suite à un nouveau changement de line-up et une période d'enregistrement s'étalant de 2007 à 2009, le premier album du groupe, The Sixth Exctinction, sort enfin sous le label Pictonian Records.

Line up actuel :

Boris : Chant
Iconoclaste : Guitares / Choeurs
Ar : Guitares
Gervreau Matthieu : Bass / FX
Roubiere Vincent : Batterie

Chronique

15 / 20
1 commentaire (14.5/20).

The Sixth Extinction ( 2010 )

Arrêtez de chercher, la France possède bien son cachet à elle en ce qui concerne le metal (et il se trouve ailleurs que dans ces groupes « ni metal-ni core » franchouillard qu'on nous rabâche depuis des années). La France (à l'instar de l'Allemagne) est un pays où le black metal a pu trouver refuge pour conserver sa flamme et même s'épanouir de manière sérieuse en se forgeant de nouvelles déclinaisons, urbaines, poétiques, dissonantes... On peut alors se targuer d'avoir l'une des scènes les plus intéressantes du globe à ce niveau.
Sael vient donc planter son propre drapeau sur cet apanage précieux, avec un premier album ma foi assez attendu chez les érudits.

Bien sur, il vous faudra monopoliser toute votre attention pour que les portes du monde enchanté de Sael s'ouvrent à vous car oui, Sael fait partie de ces groupes intelligents, compliqués, chiants et difficiles d'accès. Sael, à l'inverse du Big Mac, se savoure calmement et se digère avec le temps. C'est une oreille attentive et entièrement dévouée qu'il faudra poser sur La Sixième Extinction si vous voulez avoir une chance d'y desceller la vérité !
La particularité de Sael c'est la finesse de ses arrangements, la richesse du jeu de ses musiciens et ces passages ambiants, qui bien souvent, arrivent sans prévenir. Les Charentais aiment bien nous prendre de cours ! Mais rapidement, on apprend à se faire malmener jusqu'à se laisser bercer par ce je-ne-sait-quoi de psyché dans les mélodies.
Oui, Sael n'hésite pas à nuancer la cadence et à donner carrément dans le doom (The Sixth Extinction). Un black metal aux allures progressives même ! Tant par ces nombreuses cassures de rythmes que par ces riffs alambiqués et ces notes de piano/clavier fondues dans le décor avec une finesse absolue (mixage et mastering made in Drudenhaus Studio).
Un esthétisme musical plutôt sophistiqué donc, qui pourtant nous parle de l'extinction de la race humaine. Un maquillage théâtral soigné mais qui n'empêche pas à l'ensemble de posséder tous les éléments significatifs d'un bon album de black metal sans, à aucun moment, mettre le pied dans un bête cliché.

Agréable aussi de voir comment chaque musicien semblent s'épanouir pleinement dans cet orchestre hallucinatoire. Le jeu de batterie, notamment au niveau des cymbales, est d'une richesse formidable. On note également quelques solis en plein dans le mille, dont un de basse (Priest of Nothingness), chose à souligner pour le genre tant la quatre cordes est mise en avant ici. En revanche, l'aspect monolithique de la voix n'est brisé qu'à de trop rares occasions, c'est un peu dommage tant les interventions du chant clair sont brillantes !

On se retrouve au final avec sept pièces aussi variées que cohérentes, racées, intelligentes, conçues par des musiciens pas manchots et plein de passion ! Les amateurs peuvent y plonger les yeux fermés. Pour les autres, il faudra un petit effort pour goûter au nectar.

A écouter : en boom, au mariage de ta soeur ou la nuit face à un orage...