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Biographie

SUP

Supuration devenu SUP alias Spherical Unit Provided est le plus goth des groupes de Metal, et le plus Metal des groupes goths français. Sans conteste un des groupes les plus surprenant que jamais connu autant musicalement qu’au niveau des visuels. En 1990 sort leur 1er CD Sultry Obsession, le morceau 1308 JP 08 qui pourtant date de leur début définira de suite le style musical du groupe c’est à dire un Death Mélodique étrange, évolutif avec des riffs de guitares mélancoliques et sensuels; un chant tantôt gras tantôt très New Wave. En septembre 1992, Supuration signe un contrat avec Reincarnate Records-Danceteria pour l'enregistrement de leur premier album The Cube. Et c’est le commencement d’une spirale insolite. Des artworks à contre courant puisque The Cube est un album 100% Death avec une pochette 100% electro, imaginez vous en 1992 la réaction des Death métalleux underground, et oui Supuration attise les critiques et rencontre un franc succès dans son approche musicale totalement différente du reste de la scène de l'époque. En 1995 c'est le coup de théâtre, Supuration devient SUP lorsque sort le deuxième album, Anomaly, un opus assez futuriste qui narre l'histoire de machine ayant pris le contrôle des êtres humains et qui les exploitent, seulement, l'une d'elle à la conscience qui s'éveille... Malgré cet album concept sublimement exécuté le succès n'est pas totalement au rendez-vous. En 1997 SUP signe chez Holy Records qui est alors un label connu pour ses groupes un peu décalé par rapport au reste du monde du Metal (Septic Flesh a eu sa chance grâce à eux, il faut le savoir) pour l'album Room Seven, toujours basé autour d'un concept, celui des rêves d'un enfant autiste. 1999 voit la sortie de Chronophobia, qui peut être considéré comme le chef d'oeuvre de la formation, un opus froid, mélancolique mais dur à la fois qui conte l'histoire de deux frères jumeaux pris dans la spirale du temps. 2002 c'est Angelus qui déboule dans les bacs, Imago en 2005, Hegemony en 2008. Les Français sont des musiciens et des hommes surprenants, en 2004 ils reprennent l'identité de Supuration pour la suite de The Cube avec Incubation, et définitivement clore le chapitre en 2013 avec CU3E, 20 ans après la sortie du premier récit. Naviguant entre l'entité SUP et Supuration, le néophyte peut s'y perdre. En 2015 sort Reveries... qui est une compilation d'anciens titres réenregistrés et masterisés par Dan Swano. 2016 pourrait marquer le retour de SUP avec enfin un nouvel album.  

15 / 20
1 commentaire (14.5/20).
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Reveries... ( 2015 )

S’il y a un groupe français dont le potentiel a toujours été sous-estimé, c’est bien Supuration. Pourtant tout avait bien commencé en 1993 avec la sortie du révolutionnaire The Cube, la critique avait encensé leur Death Metal atmosphérique, l’utilisation de vocaux clairs et surtout le concept autour duquel l’album était structuré. Puis, en 1995, Supuration devint SUP et malgré une carrière honorable, les Nordistes n’ont pas confirmé les espoirs fondés, du moins pour le grand public. Car, cette double entité formée des mêmes musiciens compte de nombreux fans fidèles, qui depuis le début les suivent et se régalent de chacune de leurs sorties.

Il était nécessaire de faire un point historique, puisque ce nouvel opus Reveries… est en fait une compilation de titres des années 90 que Supuration a réengeristré. Pour l’occasion, c’est le grand Dan Swanö qui est passé derrière les manettes. Le génie suédois, producteur et multi-instrumentiste que l’ont ne présente plus, qui a travaillé avec des groupes comme Katatonia, Bloodbath, Therion ou encore Opeth pour ne citer qu’eux.

Ce « lifting » effectué on s’aperçoit très vite que les Français n’usurpent pas leur étiquette de groupe avant-gardiste. Il suffit d’écouter Tales From The Crematory ou Suffocate Through Asphyxia pour voir à quel point le Death Metal de la formation est solide et en même temps très différent de ce qu’il se proposait pour l’époque. Les guitares sont extrêmement puissantes, les riffs plus que jamais entrainants mais sans pour autant être dénués de mélodie. L’approche musicale se veut presque « intelligente ». La différence se fait clairement au niveau des atmosphères, peu de groupes sont capables d’immerger si facilement un auditeur dans leur monde. C’est un peu la marque de fabrique de Supuration, qui, à l’instar d’une formation comme le Paradise Lost des débuts, possède un univers bien à lui. Un univers construit de climats pesants, dérangeants, mais jamais malsains. Sultry Obsession et Reveries of the Bloated Cadaver en sont la parfaite illustration, le combo multiplie les changement de rythmes, passant d’un Death rapide à des parties plus lentes, lourdes, dont les ambiances captivent, voire fascinent. Ce qui est également très réussi sur Reveries… c’est que Supuration n’apporte pas un changement drastique à sa musique d’antan. Oui effectivement les nouvelles technologies sont passées par là, mais dans le fond, l’énergie et la créativité dont le groupe faisait preuve il y a 25 ans ont été respectées. Cette collaboration avec Swanö est une franche réussite, le résultat l’est tout autant. Pour le coup, il est clair que les deux parties se sont bien trouvées.

 

La démarche concernant ces réenregistrements n’est pas mercantile, mais bien artistique. De plus elle permet une séance de rattrapage pour celles et ceux qui ne connaissent pas ou peu ces musiciens si spéciaux qui, au-delà d’une maîtrise incroyable de leurs instruments, savent retranscrire les émotions et surtout les diffuser. Chose qui n’est pas donnée à tout le monde.

A écouter : Tales From The Crematory, Suffocate Through Asphyxia, Sultry Obsession
17 / 20
2 commentaires (16.25/20).

Imago ( 2005 )

Il se pourrait que le 24 novembre soit une date charnière pour le groupe. Imago n’est pas le premier album du combo à être sortit pile poil un 24 novembre. Pure coïncidence ou volonté ? Un simple détail, allez vous me répliquer ? Certes… Mais en plongeant dans l’univers fécond de S.U.P on distingue petit à petit que presque rien n’est abandonné aux fruits du hasard … Ce groupe hors normes, aux diverses déclinaisons Supuration, Sup, Spherical Unit Provided reste une des formation les plus énigmatique, mais aussi une des formations les plus active : 4 CDs + 1 DVD sortis en 3 ans à peine. Rajoutez à cela, un champ de création diversifié : side-project cinématographiques (Insanity)&Cie. Pas de doute… S.U.P est incontestablement « Unique » … C’est bluffant !

Côté textes, Imago ne déroge pas aux règles Supiennes/Supistes, puisque tous les albums du groupe s’articulent autour d’une seule et unique histoire. Au fur et à mesure des 12 morceaux, le narrateur nous conte son envie désespérée d’obtenir une seconde dose d’un sérum assez particulier « la chrysalide ». Il le réitère infatigablement comme pour s’auto persuader : « with DNA the medecine, my life I reconstruct ». L’action se déroule dans un futur où les chrysalides d’insectes seraient devenues un remède miracle, seulement… Il y a un hic. Ce remède extraordinaire n’est à consommer qu’une seule fois dans sa vie, sinon c’est irréversible… S.U.P nous a peaufiné ici, un univers animé de problématiques concernant la vie, les drogues, les choix décisifs, les métamorphoses. J’avoue être encore une fois étonnée par la créativité de leur imagination débordante. Nous avons affaire à un scénario pertinent et subtil, ils ont réussi à dénaturer et contrecarrer une imagerie (papillon) chargée de codes (féerie, légèreté) pour l’envahir de paradoxes. Les synopsis des albums de S.U.P restent inlassablement aussi ahurissants. Je vous invite vivement à vous plonger dedans. C’est saisissant.

Côté digipack, on retrouve les travaux de Mathieu Carton et sa façon toujours aussi insolite d’illustrer les univers spécifiques de S.U.P. J’avoue ne pas être sensible à sa charte graphique réalisés via la 3D, et ses choix esthétiques que je trouve un peu bruts, ainsi que ces morphings un peu primaires. Mais Mathieu Carton est un artiste qui assume ses partis pris, et qui besogne très loin des stéréotypes clichés des métalleux et des gothiques, rien que pour cela, je trouve sa démarche plus que louable.

Côté musique, Ludovic Loez annonçait (source Violent Solutions):
« Il y a autant de différences entre "Incubation" et "Imago" qu'entre "The cube" et "Anomaly" ».
Pas de doute les deux n’ont pas grand chose en commun, même s’ils disposent du même son S.U.P. (Que ce soit dans son death ou dans sa cold wave, S.U.P garde son propre son si particulier, inimitable,… C’est assez déconcertant...).
S.U.P évolue avec cet album vers des horizons qu’il n’avait pas ou peu fréquenté jusqu’alors, les nappes de samples, de synthé sont bien plus présentes, plus léchées. Elles donnent encore plus de profondeur, plus de vie au scénario. Le dernier morceau 100% instrumental « Imago », le prouve ô combien ! Les chants clairs et death se diversifient eux aussi, en une palette de voix qui pour le coup s’adaptent à merveille avec la mutation du héros. L’album semble s’ouvrir à d’autres publics. Mais il n’en reste pas forcément plus facile d’accès, car le chant clair prend des langueurs teintées cold wave pas forcément évidentes à apprécier aux premiers abords. Et puis, le rendu reste glacial, mais il semblerait que ce soit inhérent de toutes façons à nos chers Lillois. Les rythmiques, elles, s’affolent, et s’alourdissent. C’est la première fois qu’un album de S.U.P est aussi bigarré, aussi riche. Certains morceaux comme « Insect drug », « desolation », « Sublimation », ont des orientations plus brutes, plus rock ‘n rollesque. Le morceau « Hybrid State » est probablement l’exemple le plus flagrant pour ces riffs plus saccadés, ou bien encore l’intro de « strange vibrations » qui pourrait presque faire penser à des riffs d’AC/DC version doom !!! Paradoxalement, d’autres morceaux comme « Metamorphosis » sont plus ambiants, plus lancinant… Niveau production, rien à redire, le son est énorme.

Nouvelles orientations musicales donc pour S.U.P qui encore une fois me surprend. Il semblerait que de toutes façons surprendre soit le leitmotiv du groupe... Pour être sincère, j’ai eu du mal à accrocher avec tous les morceaux à la première écoute, certains étaient phénoménaux, mais d’autres me paraissaient assez indigestes. Quelques mois après, mon écoute a considérablement évoluée. De tous les albums de S.U.P je trouve qu’il est  -et de loin- le moins accessible. Ceci dit S.U.P reste à mon sens un de ces ovnis de la scène française aux côtés de ces acolytes de Carnival In Coal, Kunamaka, Gojira, ou encore Manimal. Ces groupes sont tellement à part, si créatifs, inventifs et surprenants, que j’aime à tenter de saisir leur créations même si c’est pas évident à la première écoute. Et à chaque fois cela ne loupe pas… Après un temps d’adaptation, je savoure avec délectation cette jouissance !



Enregistré au studio S.H. en juillet 2005 par Eric Dochez et Fabrice Loez. 
Mixé par Eric Dochez, Ludovic Loez et Fabrice Loez au studio Erison en août 2005. Masterisé par Yves de Carpigny au studio Erison en septembre 2005.
Produit par Ludovic Loez, Fabrice Loez et Holy Records.
line up
Ludovic Loez (guitare, basse, claviers, chant)
Fabrice Loez (guitare, samples).
Thierry Berger (batterie).
Frédéric Fievez (basse live sessions).

A écouter : Insect drug, apprehension, desolation, sublimation, hybrid state
18 / 20
1 commentaire (19.5/20).
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Anomaly ( 1996 )

1995 Supuration après The Cube et Still in the sphere où les bougres reprenaient shout du groupe new wave Tears For Fear version death, reviennent avec Anomaly ( sorti chez PIAS- Revelation) avec un digipack (qui n’était pas monnaie courante à l’époque) dont l’artwork est Blanc!
Et ouais c’est ça qui est fou chez SUP, c’est cette façon de concevoir le rock énervé différemment… (bon évidemment aujourd’hui ça paraît normal mais essayer de vous mettre dans le contexte : le death dans les années 90 Ce bijoux Anomaly porte bien son nom, car il n’est pas compris par le public death, et pourtant cet album concept (un album concept est un album où les morceaux se succèdent en racontant une histoire) est une vraie merveille d’avant garde puisque le style joue entre new wave, métal Goth, indus, et métal symphonique (loin du métal soporifique). Alors forcément il va falloir du temps avant qu’on l’accepte.
Le chant est vraiment peaufiné, à coup de gros cris gras aux tendances death, entre mêlés de chuchotements et autres chants des années 80, les riffs de grattes restent étonnement 100% Supuration, sur n’importe quel album de SUP (qui pourtant sont très variés on reconnaît ce son particulier qui est propre au groupe). Il y a des ambiances incroyables dans cet album sans doute grâce aux interludes… Le genre d’album qui même 10 ans après ou presque vous donne toujours la chair de poule. 9 titres étonnants, glauques, et sensuels… Avec un 10eme titre expérimental …
Bon évidemment au niveau son faudrait peut être remasterisé un peu le tout pour donner plus de pêche vu que ça date un peu… D’ailleurs il existe une version remasterisé et plus complète de l’album (que je n’ai pas écouté). Ceci dit l’album reste toujours d’actualité puisqu’il fait référence à un avenir dans lequel la planète surpeuplée voit sa population contrôlée et régulée par un robot qui prend conscience de l'horreur de sa tâche... Un thème qui se veut avant tout « humain », encore une particularité du groupe ce côté « humain », loin des fioritures de la scène du « meilleur groupe », ils se veulent simples, et depuis plus de 10 ans ils continuent leur passion qu’est la musique. Alors Anomaly c’est sans conteste un album étonnant pour 1995, humain est incontestablement bon.

A écouter : The Work, In deepest silence, In Those times