logo Rufus Bellefleur

Biographie

Rufus Bellefleur

Projet Hip-Hop / Country de Julien Cassarino (Psykup, Manimal) et Yuz vite rejoint par  Laurent Bechad (Zombie Eaters), deux choristes ainsi qu'un dessinateur de BD (Gwen Vibancos). Le projet parle d'un redneck du baillou, Rufus Bellefleur décrit comme suit :
« Tout le monde dans la ville de Montrouge connait l'histoire de Rufus bellefleur. Pour certains, il ne s’agit que d’une histoire bonne à effrayer les enfants, pour d'autres c'est un authentique drame , aussi terrifiant que sanglant. Ceux là vous diront que l'esprit tourmenté de Rufus Bellefleur flotte encore sur le Bayou, qu’il hante à jamais les rives tumultueuses du Missisipi, dévoré par sa recherche de sexe, de vengeance et de hip-hop old school. Voici l’histoire de Rufus Bellefleur, elle ne fait que commencer. »
En 2011 sort le premier album du groupe : Groovin' Tales From The Gator Blaster, masterisé par Jay Franco (Johnny Cash, Beastie Boys).

Chronique

16 / 20
3 commentaires (17/20).

Groovin' Tales From The Gator Blaster ( 2011 )

Rédiger des critiques d’albums, après de longs mois d’écoute, cela permets de ne pas passer à côté de certains détails subtils, ou d’une certaine lassitude sur du long terme. Ici, c’est ce que j’ai fait, des dizaines et des dizaines d’écoute sur de longues semaines … que dis-je, c’est ce que nous avons fait. Et, oui… Cette fois ci pour la rédaction de cette chronique, je me suis acoquinée d’un fin amateur de jazz, blues, soul qui a des goûts musicaux pas tout à fait aux antipodes des miens mais presque. Pourquoi écrire à deux ? Et bien tout simplement parce que cet album de Rufus Bellefleur nous unis de façon UNANIME. Nous aimons, nous dansons, nous chantonnons à tue tête et en cœur, c’est tellement rare que ça vaut la peine d’être mentionné ! 
Voilà donc une chronique atypique pour un ovni. Un objet non identifiable et qui par je ne sais quel miracle, telle une boulle à facettes, diffuse tout un tas de jolies petites étincelles à travers la gueule d’amateurs de musique aussi diversifiés les uns que les autres. 

Rufus Bellefleur, c’est qui, c’est quoi ? 
Monsieur Cassarino (Psykup, ManimalSimone Choule…) avec Yuz (Youssef Dassouli) 
Les 2 bougres ont voulu s’attaquer à un album concept. Un nom bucolique et mystérieux, une pochette (de Gwen Vibancos), et un florilège d’ambiances musicales. Le livret, quant à lui nous propose des illustrations, un mix de rage, de noirceur et de légèreté. Référence ou pas, l’illustration de « a hole in this cage » fait penser à un Totoro crasseux et malsain attendant le chat bus sous la pluie ! 

Côté musique, puisque c’est bien cela qui nous importe le plus, … 
... Rembobinage sur bruit de forêt crépusculaire. La première ligne mélodique nous plonge dans un blair witch burtonnien ponctué par un chant de coq abrégé au fusil de bassecours. Le jour se lève, la musique se réveille...
Premières constations : étonnante profusion de styles musicaux, de références et autres clin d’œil. A commencer par cette rythmique à la Tom Waits (« 2 :19 » - Orphans: Brawlers, Bawlers&Bastards - 2006), sorte de locomotive à vapeur bercée par un banjo frénétique dans « First Blood ». Touché au premier sang sans même m’en apercevoir ! Et ça s’enchaine sur un effet « Twist » (Korn - Life is Peachy - 2001) où l’on passe de la maitrise gutturale à la douceur vocale. Chassé croisé. Encore. Le premier morceau s’achève et ... 
La suite de l’album nous emmène alors dans un monde urbain hypnotique, presque familier. On se sent rapidement chez soi au milieu d’inspirations telles que cette ligne au clavecin dans « Drink (this is my soul) » nous rappelant un bon vieux « Tear Drop » de Massive Attack revisité à la sauce Beetljuice baroque ; ce « t’as pas tout dit » (Boby Lapointe) dissonant au banjo dans « R.U.F.U.S. », chanté par un Justin Timberlake déjanté ; ce côté bisounours auto-dérisoire de « Ma blonde » sur un accent américain exagéré non sans rappeler le premier album de Little Rabbit ; ce timbre de basse façon fanfare très prisé par un certain Dr Dré et qui vient rythmer « Dirty Feet » ; cet industriel à la Marilyn Manson, ou même Orange Blossom, et qui se mêle à une guimbarde dictant le tempo décortiqué de « All your humanity » ; ...
A écouter encore et encore ! Tant la minutie avec laquelle l’album a été travaillé est impressionnante d’efficacité et d’originalité. Il ne s’agit pas ici de reprendre bêtement des airs bien connus et de les jouer à sa sauce dans le grenier insalubre de la voisine édentée du quartier. Non, ça va bien au-delà ! Rufus nous démontre que les frontières des genres ne sont qu’illusoires. Il déchire les étiquettes qui nous classent dans des catégories prédéfinies. Et pourtant, il nous marque en même temps au fer rouge de son univers intemporel pour mort-vivant du Tennessee et de Louisiane. C’est sa marque de fabrique. Sa signature. Son caractère. Notre fil conducteur pour ce premier album.
Si je devais résumer, je n’aime pas, J’adore. 
Et ça fait 4 mois que je l’écoute à toutes les sauces, dans le bain, dans le train, sur les chiottes ou en soirée mondaine. Et chaque fois, c’est la fessée. Mon acolyte me souffle à l’oreille que ça lui rappelle ce groupe d’acid-jazz : Wizzard of Ooze.
Rufus Bellefleur ? C’est surtout cette frustration en tant que chroniqueurs de n’avoir pas assez de ligne vierge pour écrire tout ce qu’on en pense... Vraiment. Car c’est un joyau, un trésor aux 1000 et 1 surprises. 

A écouter : 4 mois minimum