Biographie

Rosa

Composé de Jérémy, Valentin et Vincent, Rosa est d'un certain côté la suite de Jarod, après le split du groupe. Un premier EP, I, sort début 2021, mêlant Post-Rock et Screamo sur un seul titre de 24 minutes masterisé par Magnus Lindberg.

Chronique

15.5 / 20
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I ( 2021 )

Jarod n’est plus, on le savait. Mais c’était sans compter sur la persévérance artistique d’une partie du line-up, qui décide de prendre forme sous un nouvel avatar : Rosa, qui sera également l’occasion d’une mue sonore. Là ou Jarod s’orientait vers un Screamo / Hardcore, le trio s’accapare ici d’une nappe Post-Rock, gardant une ligne vocale plus orientée Hardcore. Pour finir avec cette évolution Drosera portait déjà ce message musical, au travers d’aspects plus posés (« L’emprise »), qui prennent ici totalement forme sur quasiment 25 minutes d’un bloc entrecoupé de citations / extraits sonores. Si on établit parfois des parallèles avec Yarostan ou ErrataI pose des nappes sonores sur sa moitié, avec une montée en puissance très typée Post-Rock qui n’amorce qu’un chant hurlant « Nous ne cesserons jamais d'aimer. Nous ne cesserons jamais d'espérer. »

On tirera de Rosa ce que l’on en veut, des paroles à la musique, du font à la forme, mais le dernier quart s’acoquinera avec Gantz, les répétés « Et nous vivons, et nous vibrons » résonnant comme une symbolique d’espoir. Et c’est là ou il devient difficile qu’on ne peut séparer l’artiste de l’être : ces textes qui sont portés ici sont un engagement qui ne fait que lier le patronyme du groupe à son message. Rosa est politique, social, une interprétation de Rosa Luxemburg dans la musique, comme l’avait fait Jarod en son temps aux travers de ses propres vers.
Tout au long de cette sinueuse compo, Rosa se fait parfois vecteur de colère, mais jamais de résignation. La musique reflète on ne peut plus les textes, l’ajout des spoken-words / extraits étend le parallèle avec Yarostan, mais le travail des mots reflète un miroir. Des restes sombres des premiers couplets, la lumière et chaleur de la suite s’oppose, avec en point de rupture ce passage centrale « Y'a des luttes et des rêves qu'on forge en silence ». Rosa prend le parti d’envolées dont on verra l’ombre de Sed Non Satiata.

Si l’on peut faire le parallèle avec Jarod, on tournera vite la page pour en laisser deux entités distinctes. Rosa, c’est l’effluve Post-Rock, qui cite dans ses morceaux Damasio, Sergio Leone et Rosa Luxemburg. Il n’est d’ailleurs pas surprenant que le patronyme du combo soit lié à cette dernière, vectrice d’idées qui ont causé sa mort. On ne souhaite pas le même destin aux musiciens, mais on ne peut que reconnaitre une certaine subtilité dans cet EP qui s’écoute d’une traite.

Rosa

Style : Post Rock / Screamo
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Origine : France
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