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Biographie

Room 204

Room 204 commence en duo (Mric Chaslerie / Pierre-Antoine Parois) en juin 2001 sous forme d'un set instrumental guitare-batterie. Le groupe développe des structures mélodiques et rythmiques fortement teintées d'incisions math/noise rock. Room 204 s'est forgé au fil des année un univers personnel qui se réclame de la scène américaine, Don Caballero et Oxes en ligne de mire.
En 2003 sort un premier album éponyme qui amène le groupe à faire quelques concerts remarqués dont une tournée franco-belge à la fin de l'année en compagnie de Chevreuil, pour laquelle ils sortiront un split 7" (enregistré par Peter Deimel au Black Box studio et sorti chez Effervescence). Puis c'est en 2005 que sortira le second album, Trans Panda. L'univers du duo s'y fait plus hargneux, plus viscéral. Les tournées les mènent désormais à plusieurs reprises sur les routes d'Europe où ils rencontrent, entre autres, le groupe italien G.I.Joe et le label autrichien Interstellar records, ce qui donnera naissance dans le courant de l'année à un split 10inch réunissant ces nouvelles amitiés.

Room 204 revient en 2010 avec un troisième album après un break de presque 4 ans. Balloons contient 8 titres enregistrés et mixés par Jay Pellicci (31Knots, Deerhoof) au Tiny Telephone à San Francisco et masterisés par TJ Lipple (Aloha) à Silver Sonya, Washington DC. Le disque sort en vinyle chez Kythibong (France) et en CD chez Stiff Slack (Japon). Encore quatre ans plus tard, le duo se reforme et s'acoquine avec Nicolas Cueille (Seal Of Quality) qui vient grossir les rangs, ainsi que le son du groupe sur le quatrième album Maximum Végétation, toujours chez Kythibong évidemment.

line-up :
Mric Chaslerie - Guitare
Nicolas Cueille - Guitare
Pierre-Antoine Parois - Batterie

Maximum Végétation ( 2014 )

Kythibong a le chic pour sortir ses disques aux moments opportuns. Le Tennis de Papaye a vu le jour en avril 2013, le Yes! moite de Binidu a été édité en juin de la même année et ce Maximum Végétation apparaît alors que mère Nature fait péter ses plus belles couleurs, comme vexée de ne pas avoir pu exprimer convenablement son dernier printemps.

Room 204 donc, repointe le bout de son patronyme de punk-rock californien, sous forme de trio, toujours équipé des baguettes de Papier Tigre et d’une six-cordes de Papaye, augmenté par les intentions métallisées du mec de Seal Of Quality. Si l’on est déjà habitué aux sonorités des groupes cités dans ces lignes, l’écoute du nouvel album de Room 204 ne devrait pas être trop déroutante. Les trois bonhommes font tout comme avant, avec une guitare en plus et une prod’ qui tape la tronche. Le feeling des musiciens s’en fait d’autant plus ressentir, ça joue à mort, sans temps mort. Les oiseaux sont les seuls à chanter, ils annoncent et concluent la déferlante math-noise-rock à suivre, soit l’équivalent d’un collier de perles enfilées en a peine vingt-et-une minutes, mais chargées en matériau précieux. C’est ainsi qu’En Dix Neuf Cent Trente Et Un, une Population de Cocotiers entreprit un soulèvement à grand renfort de saturations épaisses mais optimistes, l’objectif étant d’agiter frénétiquement les corps, en attendant L’Heure d’Eté pourtant déjà en vigueur. Le plan est Non Cartographié mais la route est droite, une trajectoire idéale pour éviter la Dépression Herbeuse.

On pourrait sans mal fabriquer une histoire environ cohérente en s’aidant des titres de ce Maximum Végétation. Des compositions qui préservent bien Don Caballero ou Oxes comme base indécrottable, mais il s’en est écoulé du temps depuis Balloons, ajoutant la présence du second guitariste, qui permet d’alourdir un son qui n’en demandait pas tant. Et puis du temps, on en a eu pour se délecter de Pneu, Papaye ou Marvin, car à l’écoute on sait instantanément que l’on a affaire à cette famille-là et ses pratiques musicales incestueuses. Une chaleur désormais familière mais renouvelée sans cesse, dont Room 204 fut l’un des initiateurs (w/ Fordamage et feu-Komandant Cobra). La boucle est donc bouclée, jusqu’à la prochaine sortie.

Disque en écoute chez New Noise.

A écouter : Pas sous la douche.

Balloons ( 2010 )

Strike ! Le van dans ta gueule. La pochette de Balloons est on ne peut plus explicite. Room 204 (pour moitié le batteur de Papier Tigre) n'y va pas par quatre chemins pour t'exploser dans les doigts. Le duo n'a dans le viseur que l'essentiel et finalement que le nécessaire. Pourquoi étirer une idée ou un plan de tueur sur 5 minutes alors qu'une seule suffirait à tout dire ? Cette question, les nantais ne se la sont même pas posée. Pour eux l'important est de filer droit sans jamais regarder dans le rétro'. Certes leur rock lorgne vers le math (rock), mais jamais Room 204 ne cherche à te noyer, à condenser le maximum de notes en un minimum de temps ou à ressembler à Don Caballero. Ce qui modèle une bonne partie de leur empreinte reste ce foutu son qui donne l'impression d'avoir les oreilles scotchées aux amplis. Une sensation sans aucun doute accrue par l'utilisation d'une guitare barytone, donc accordée plus bas, qui communique à l'ensemble un grain et une couleur rauques complètement jubilatoires.

Là où certains duos laissent une impression (loin d'être mauvaise la plupart du temps) de lutte bicéphale, la paire joue ici dans le même camp. Ca se télescope pour crever le plafond. Ca se replie gentiment un court instant pour mieux te gifler recto verso dans la seconde qui suit avec une justesse bluffante. Ces deux là sont nés pour tirer à la catapulte ensemble. Un qui arme, l'autre qui tranche la corde (et vice versa). Leur nom est moins rigolo que Pneu, ce n'est pas une bonne raison pour faire l'impasse. Balloons est un album de moins de 20 minutes qui peut boucler à l'infini et qui sort sur Kythibong, label déjà responsable de Fordamage et Komandant Cobra.

A écouter : en boucle