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Biographie

Rocket From The Crypt

Eté 1990, San Diego, Californie: un groupe se désunit (Pitchfork) et de là naissent 2 nouveaux projets emmenés par le chanteur Speedo (John Reis): Drive Like Jehu et Rocket From The Crypt (nom qui rend hommage au groupe rock n' roll des années 80: Rocket From The Tombs). Après la sortie d'un premier album (Paint As A Fragrance) et le départ de 2 membres fondateurs (Sean et Elaina), la rupture est proche mais Speedo voit là une occasion d'évoluer... Il décide d'innover et d'inclure une section cuivres (d'abord un saxo puis une trompette) dans RFTC qui mélangeait déjà r'n'r et punk rock. A ce point là, le groupe commença à sortir bon nombre de 7" (3 titres) autoproduits, ce qui fit parler de lui. le deuxième album Circa: now! suivit très rapidement et aussitôt, la bande fut courtisé par les majors. Il opta pour la toute jeune et permissive Interscope qui hébergeait déjà Primus ou Helmet.
La compilation de leurs 7inches intitulée All Systems Go connut un beau succès, leur permettant d'être vu sur MTV...
En '95, avec Scream, Dracula, Scream!, leur 'best seller', c'est la consécration: tournée avec Rancid ou Soundgarden, Vans Warped Tour, rotation sur MTV grâce à 3 clips...
S'en suivent 3 années très chargées, la réédition d'un EP qui devient album (The State Of Art Is On Fire) et enfin une nouvelle galette: RFTC qui prolonge la carrière du groupe.
2000 est marquée par la fin du contrat avec Interscope et la signature de RFTC sur Vagrant, mais aussi par le départ du batteur Atom Willard (la troupe n'avait pas enduré de départ de membre pendant 8 ans) qui devient technicien batterie pour Weezer, avant de rejoindre The Offspring puis Angel & Airwaves. Le skateboarder professionnel Mario Rubalcaba (vite surnommé Ruby Mars) rempile.
RFTC poursuit donc son bonhomme de chemin sur Vagrant, d'abord avec Group Sounds en '01, puis en '03 avec Live From Camp X-Ray, un album enregistré en studio (au Camp X-Ray) mais dans des conditions live.
Après cet album, le groupe ne sera plus jamais vraiment actif (quelques concerts sont joués ici et là), Speedo se consacrant  davantage à ses deux autres projets musicaux (Hot Snakes et Sultans) ainsi qu'à son label Swami Records. Jusqu'en août '05 quand le frontman annonce dans la foulée de la séparation des Hot Snakes que Rocket From the Crypt arrive aussi à son terme et qu'ils joueront leur dernier concert le 31 octobre au Westin Horton Plaza Hotel de San Diego.

Pour Halloween '06, une version brute de ce concert filmé est éditée par Swami Records. Afin qu'ils honorent leur contrat, Vagrant souhaite tout de même sortir ce DVD. Le projet trainera pendant pas mal de temps, notamment à cause d'un incendie dans les locaux du studio chargé du montage de la performance. Ca ne sera donc qu'en février '08 que le label sortira un CD + DVD de ce concert d'adieu, intitulé RIP.

R.I.P. (CD+DVD) ( 2008 )

Halloween 2005, près de 1500 personnes dans une salle de réception d’un hôtel de San Diego.  La Mort, Bébé Kong, Bjorn Borg et des dizaines d’autres spectateurs sont présents, en tenue de soirée de circonstance. Entrée en scène grandiloquente, cérémonieuse, (un brin pompeuse)… Les enterrés de Rocket From the Crypt refont progressivement surface une dernière fois, affublés de costumes africains (John ‘Speedo ‘ Reis a sorti sa panoplie de Screamin’ Jay Hawkins pour l’occasion).

Les années ont passé, et ces hommes qui ne sont plus vraiment dans la force de l’âge arborent les formes de leur âge : la brioche et le double menton sont de rigueur! Tel un Elvis sur le déclin, Speedo 'Ladies and Gentlemen' Reis tente de maintenir sa barque à flot en renouant avec sa prime jeunesse sur les titres d’ouverture bien anciens ("French Guy", "Don’t Darlene"). Les titres s’enchaînent sans pause, le sextet est dans le rythme même si son frontman un peu tendu a du mal à atteindre la justesse.

Une demi douzaine de titres fusent et Reis communique un peu plus avec le public... Il est cepedant vite refroidi lorsqu’il reçoit un pistolet en plastique en travers de la tronche (acte volontaire ?). Un moment déboussolé, il sourit jaune mais ne se laisse pas démonter et continue à jouer… L’incident semble toutefois le mettre quelque peu en rogne. Il demandera avec insistance à l’assistance de ne pas jeter ses costumes sur scène. Plus tard dans le concert, c’est l’ensemble du groupe qui s’en prend à un des rares slammers en le faisant quitter la scène à coups de pieds au derrière, s’arrêtant de jouer et expliquant que personne ne doit envahir 'leur' espace.
A travers ces légers couacs qui refroidissent l’ambiance (on le ressent moins sur le CD grâce au montage), c’est tout un état d’esprit qui se découvre progressivement. RFTC a beau jouer du punk et du rock ‘n roll, le crier haut et fort… l’esprit n’est plus vraiment là. Les ficelles du spectacle sont de plus en plus visibles et chacun reste à sa place (au propre comme au figuré). Speedo le sous entend d’ailleurs volontiers dans le livret explicatif (chanson par chanson) : ce concert arrive trop tard, la flamme est déjà plus qu’à moitié éteinte et le combo n’est là que pour une re-présentation finale : pour offrir des images et pas forcément pour vivre à plein un moment de communion (en ont-ils les moyens physiques de toute façon ?)

Les brûlots pas si incandescents s’accumulent (il y en a 19 sur le CD mais 27 sur le DVD qui documente davantage la période major des Californiens), et la répétitivité succède à l’énergie, les forces du groupe s’amenuisent et ne font que traîner en longueur l’opus qui n’a certainement pas l’odeur et la sueur de l’expérience in situ.

Restent quelques morceaux de bravoure qui sortent du lot ("I’m Not Invisble" / "Get Down", "Shy Boy" / "Velvet Touch", "Born in ‘69", "On A Rope"…) mais au final la performance tient difficilement la comparaison avec les images d’archive passées en préambule du lever de rideau qui font songer à une grande messe avec le public, sans aucune barrière : le bordel sur scène, la fougue et le sourire, la spontanéité rock ‘n roll… envolés.

(Un petit mot sur l’aspect technique du DVD : menu simpliste, le son est bon, mais les images ne sont pas d’une grande qualité – ça pixellise. Toutefois on compense ici par une multitude d’angles de vue qui offrent une retranscription plutôt convaincante dans l’ensemble, bien qu’à juste titre principalement axée sur l’ego de Speedo).

A écouter : "I'm Not Invisble" ; "Velvet Touch"

Live From Camp X-Ray ( 2003 )

Un titre ambigu pour un disque énigmatque qui a été enregistré en studio mais en prise direct (conditions quasi-live). Cependant on en sait pas plus...
Peut être qu'à travers ce choix de procédure d'enregistrement, les RFTC ont voulu mettre en avant la spontanéité et la pêche de leur musique peu conventionnelle: une bonne dose de rock n' roll, du punk rock, le tout agrémenté d'une section cuivres (trompette + saxo (tenor et bariton)) aux subtiles influences jazzy. Tout un programme!

Ce qui ressort donc principalement de cette galette c'est l'énergie du rock n' roll couplée aux mélodies du punk rock cuivré.
De manière générale, un morceau de RFTC est composé sur une base musicale aux saveurs très rock n' roll (rythme et riffs simplistes, son de grattes pas très saturé mais assez sale, chant sacadé et sec ponctué de "yeahh", "oh ohoo", "waouw") sur laquelle viennent se greffer des refrains un peu plus punk rock et résolument plus mélodiques (chant mélodieux, apparition des cuivres, guitares plus mélo...)

Mais bien que ce schéma général définisse assez bien le jeu du groupe, il serait réducteur d'en rester là. L'expérience des musiciens leur permet d'inclure de fort belle manière des influences (jazz, une touche de psychobilly sur "Bring Us Bullets"...) ainsi que quelques (peut être trop rares) instruments non conformistes (une section cordes entière sur "I Wanna Know...")

Reste que pour apprécier cet album il faut être un minimum amateur de punk n' roll et de ses riffs redondants. Heureusement que les cuivres apportent une part d'originalité appréciable. Et puis 10 morceaux pour 26 minutes de musique c'est un peu léger... d'autant plus qu'à l'exception peut être de "I know what..." et "I'm not invisible", il n'y a pas vraiment de tubes qui se démarque du lot; enfin, rien de comparable au bon vieux (et phénoménal) "On A Rope" qu'ils nous avaient servi sur Scream, Dracula, Scream!

A écouter : I Know What I Wanna Know ; I'm Not Invisible