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Biographie

Rites Of Spring

Guy Picciotto (Chant, Guitare)
Eddie Janney (Guitare)
Michael Fellows (Basse)
Brendan Canty (Batterie)

Formé en mars 1984, Rites Of Spring a connu un parcours éphémère (1984 - 1986) parsemé de prestations scnéniques rares mais mémorables. En pleine période d'effervescence de la scène punk hardcore américaine, le groupe marque immédiatement sa différence tant au niveau des textes singuliers traitant d'expériences et ressentis personnels que de leur punk emprunt d'une certaine mélancolie. La musique typique et originale du quatuor a rapidement été définie comme "emotive hardcore" et placée à la base de la première vague emo.
En 1985, Rites Of Spring sort un album éponyme sur Dischord Records enregistré aux studios Inner Ear et produit par Ian MacKaye (Fugazi, Minor ThreatEmbrace, The Evens). Cet unique véritable disque de Rites Of Spring connaîtra une seconde naissance (CD et K7) en 1987 avec l'ajour du titre "Other Way Around" et des 4 compositions de l'EP All Through a Life sortie la même année. En 1991 une réédition nommé End On End parait sur Dischord, qui 10 ans plus tard réitère la chose en resmasterisant le disque de 17 titres.
Rites Of Spring se sépare au début de l'année 1986. Picciotto, Janney, et Canty forment alors One Last Wish avec Michael Hampton (Embrace). Le quatuor se reforme également quelques temps plus tard sous le nom de Happy Go Licky, groupe expérimental dédié aux lives. Un peu plus tard, Picciotto et Canty rejoignent Joe Lally et Ian MacKaye pour former Fugazi. Quant à Mike Fellow, il fonde Miighty Flashlight.

Chronique

End On End ( 1991 )

1985. Le punk hardcore est mort. Thank you, and good night. Circulez, il n'y a plus rien à voir. C'est sur ce rideau torrentiel que prend racine la scène emotional-hardcore, appellation immédiatement reniée par les groupes, qui se considèrent avant tout, et à raison, comme punk. Ian MacKaye dira lors d'un concert avec Embrace,  "L'emocore doit être la chose la plus stupide que j'ai entendu de toute ma vie". Quoiqu'il en soit, Washington DC est alors connue pour ses dealers de crack mais aussi pour une scène locale florissante donnant autant dans le mainstream que dans l'underground. Un peu plus au nord, vers Baltimore, l'étoile Moss Icon s'illumine, les fondamentaux Embrace et Dag Nasty se forment sur les cendres de Minor Threat et quelques mois plus tôt, il y avait surtout Guy Picciotto et Rites Of Spring.

End On End regroupe la totalité des enregistrements de Rites Of Spring : 17 titres rassemblés une première fois par Dischord en 1991, mais surtout, un album pour comprendre le "Revolution Summer" et la métamorphose de l'ensemble de la scène punk de Washington DC. Pour se tenir à l'écart de la vague de violence qui ébranlait et gangrenait la communauté hardcore punk, il fallait marquer la cassure musicale, ralentir les rythmes et adopter une véritable posture artistique incluant des paroles réfléchies, voire introspectives, et des mélodies plus alambiquées. Il en résulte une musique nuancée et plus mature dont le LA est donné par le Zen Arcade de Hüsker Dü. Il est impossible d'évincer ce contexte euphorique, à la base d'une génération entière de musiciens et de ce que l'on ira jusqu'à nommer le "DC Sound", sous peine de retenir de Rites Of Spring une musique périmée, bâtarde et perfectible, hétérogène et mal enregistrée.
Picciotto voit en Rites Of Spring une véritable catharsis et le biais d'extérioriser les non-dits réprimés et enfouis au plus profond de lui même. "All I want is release !" ("Drink Deep"). C'est ainsi que sur des bases punk rock, Rites Of Spring déroule le tapis rouge pour une meute sauvage d'émotions personnelles, qui trop longtemps contenues, s'expriment de manière crue, exacerbée et presque dramatique. Les paroles noient la colère dans un désespoir touchant, répandu par un chant hargneux qui dégringole vers des tirades fébriles et mélancoliques. C'est la large palette de sentiments suscités qui pousse inconsciemment Rites Of Spring à mettre son tableau à niveau, à inventer des lignes originales de guitares et de basses, à nuancer les rythmes et à planter des coups de théâtre à répétition. Il en ressort des tubes proto-emo aguicheurs et immédiats ("For Want Of"), des brûlots punk ("Spring") mais aussi des frasques aux tempi ralentis, empruntes de relents pop (post punk ?) et touchées par une certaine naïveté attachante ("All Through A Life") ou totalement désespérées ("Drink Deep").

C'est finalement cela, cette propension à exploser spontanément depuis des racines punk vers de multiples dimensions, de plonger dans  un boyau obscur pour rebondir vers une parcelle de lumière, qui sera la toile de fond de ce que l'on s'efforce encore de rationaliser et de pointer du doigt comme le mouvement emo.

A écouter : Drink Deep - For Want Of - Spring - All Through A Life
Rites Of Spring

Style : Punk-Hardcore / Emo
Tags : - -
Origine : USA
Site Officiel : dischord.com
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