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Biographie

Reverend Bizarre

Reverend bizarre est fondé en 1994 à Lohja (Finlande) par Sami Hynninen (ou "Sir Albert Witchfinder", basse / chant), Kimi Kärki (ou "Father Peter Vicar", guitares) et Juippi (batterie). En 1996 sort une obscure démo sobrement intitulée Practice Sessions, pour l'anecdote sans chant car les micros étaient hors d'usage.
Malheureusement, l'année suivante des circonstances défavorables telles que le déménagement de Kärki à Turku, les obligations militaires de chacun et l'addiction grandissante à certaines substances contractée par Juippi causent la mort prématurée du groupe. Heureusement, en 1998 Sami déménage à son tour à Turku, et les deux comparses décident de la résurrection de Reverend Bizarre, embauchant au passage un nouveau batteur en la personne de Jari Pohjonen (ou "Monsieur Earl of Void"), tout juste libéré de prison.
C'est en 1999 que débutent véritablement les répétitions, et une première démo intitulée Slice of Doom est enregistrée en seulement trois jours. Pour l'anecdote, le CD sera accompagné d'un message du groupe déplorant l'absence de scène Doom old school en son pays et s'autoproclamant prêcheur de l'église du Doom, visant à rassembler tous les fans des groupes des 80s tels Saint Vitus, Pentagram, Witchfinder General, Trouble, The Obsessed et bien sûr, Black Sabbath. Dès lors, le message sera entendu avec des concerts dans toute l'Europe, aux Etats-Unis et, cerise sur le gâteau, un deal avec Spikefarm Records.
Il faut attendre 2002 pour voir débouler le premier album de la formation, intitulé In the Rectory of the Bizarre Reverend. Celui-ci convertit immédiatement une cohorte de fidèles aux préceptes du Traditional Doom, et le groupe acquiert un statut de culte très rapidement.
En 2003, une deuxième démo sort sous le nom de You Shall Suffer! ainsi qu'un split en compagnie de Ritual Steel. Mais le meilleur reste à venir avec la sortie de Harbinger of Metal, disque lui aussi monumental mais considéré comme un simple EP par le groupe...malgré ses 74 minutes.
Les Finlandais se montrent très productifs l'année suivante avec la sortie d'un split avec Orodruin, d'un best of intitulé Slice of Doom, d'un nouveau split avec Minotauri cette fois, et enfin d'un nouvel EP, Return to the Rectory.
C'est en 2005 que le groupe assoie définitivement sa popularité avec l'entrée directement en 2e position des charts finlandais du single Slave of Satan, pourtant d'une durée supérieure à 20 minutes. Ce single préfigure Crush the Insects, deuxième album qui viendra plus tard dans l'année, et qui divisera énormément les fans, beaucoup pensant que le groupe est en train de sombrer dans l'auto-parodie.
2006 voit la sortie d'un nouvel EP appelé Thulsa Doom ainsi que d'un split hommage à Pentagram en compagnie de Mannhai. Le groupe annonce alors la sortie de trois autres albums, respectivant intitulés Songs from the Funereal World, Heavier Than Life et How It Was Meant to Be.
Mais le projet avorte lorsque Reverend Bizarre annonce son split qui interviendra après la sortie d'un seul et unique album supplémentaire, So Long Suckers, à venir pour 2007. Sous la forme d'un double disque d'une durée spérieure à deux heures, ce disque représentera l'ultime témoignage d'un groupe adulé et infiniment respecté. Reverend Bizarre laisse derrière lui un héritage énorme et un statut de formation phare qui restera inégalable pour beaucoup, digne héritière de l'esprit des 80s et totalement dévouée à sa paroisse doomeuse.

Chronique

18 / 20
1 commentaire (17/20).
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III: So Long Suckers ( 2007 )

    Reverend Bizarre est de retour, et forcément cela suscite les passions. Après un Crush the Insects, disons, pas des plus fabuleux, le retour du révérend le moins catholique du monde (qui a dit Reverend Beat-Man ?) pour une dernière croisade annoncée exacerbe encore davantage les divisions entre les fidèles convertis depuis le débuts, ébahis devant celui qu’ils considèrent comme l’incarnation la plus pure du Doom Metal, et les autres qui restent sceptiques face cet engouement qu’ils jugent largement exagéré et sont allergiques à tout ce dogme « trve Doom » prêché par le Révérend depuis 1994.

Il faut dire qu’avec Reverend Bizarre, on ne donne pas dans la demi-mesure. Jamais. A commencer par le titre des plus explicites et le format des plus… impressionnants de cet ultime (double) album sensé refermer pour toujours les portes de la paroisse : So Long Suckers, ou comment un groupe envoie ses fans se faire voir une dernière fois pendant plus de deux heures, pour huits pistes. Autant dire qu’à première vue, la bête bicéphale promet de donner du fil à retordre à quiconque voudra l’apprivoiser, sentiment renforcé par les deux premières compos, They Used Dark Forces / Teutonic Witch et Sorrow, qui atteignent en effet quasiment l’heure à elles deux (!).

Pour autant, ces pistes et plus particulièrement la première constituent l’entrée en matière idéale pour un tel album puisqu’elles en synthétisent parfaitement la teneur et confirment que le groupe reste un fervent défenseur de la foi doomeuse. Toute n’est que lourdeur incommensurable, lenteur effarante… et groove incroyable, headbanguant as fuck, fleurant bon les atmosphères enfumées de quelque pub perdu au fin fond du Maryland, dont seul le groupe finlandais a le secret. Le révérend est de retour et frappe décidément très fort d’entrée, et profite de l’occasion avec Teutonic Witch pour refaire le coup de placer un single à rallonge en tête des charts de son pays natal, deux ans après Slave of Satan. Ainsi l’album reste dans ce registre d’un bout à l’autre, le rythme se faisant parfois trépidant (Teutonic Witch, Sorrow, Kundalini Arisen) mais le plus souvent rampant (One Last Time, Caesar Forever, Anywhere out of this World), et toujours englué dans une atmosphère des plus maléfiques et sombres, au feeling terriblement evil mais incroyablement attirant.

Cependant, dire qu’il est facile d’appréhender cet album serait un blasphème ; il faut bien admettre que l’aspect monolithique et assez effrayant de cet opus en rebutera plus d’un, de même que son itération et sa lenteur presque pénible lors des écoutes initiales. Il est également vrai que chacun des disques aurait pu à lui seul constituer un album parfaitement honorable, mais la cohérence de l’œuvre prise dans son ensemble n’est jamais remise en question d’un bout à l’autre du disque, et notamment dans l’enchaînement entre Funeral Summer et One Last Time, qui marque le passage du premier au second disque. Au fil des écoutes, tout semble prendre sens, chaque élément est justifié, car note, chaque évolution joue un rôle particulier et décisif dans l’assimilation de l’album, que l’on peut ainsi voir comme un concept autour de l’achèvement, de l’aboutissement, de l’apogée. Ce disque en lui-même est l’aboutissement du projet musical de Reverend Bizarre, qui contient perle sur perle, de l’incroyable Teutonic Witch à l’insondable Anywhere out of this World, faux final magistral du disque, puisque Mallorca se charge de refermer le dernier chapitre de la carrière du groupe en deux minutes trente de Drone fantomatique ultra glauque.

Certes, rien de véritablement novateur dans la démarche des nordiques qui continuent de rendre un vibrant (c’est le mot, tant dans la musique que dans l’émotion qui s’en dégage) hommage aux vénérables Pentagram, Saint Vitus, The Obsessed ou Witchfinder General, derrière lesquels plane l’ombre immortelle du Sabbath, mais pouvait-on réellement espérer un changement de la part d’un révérend aussi radical dans la mise en pratique de sa religion ? Probablement pas, mais quoi qu'il en soit rien n'est à jeter dans ce So Long Suckers, œuvre monumentale qui devrait sans nul doute rallier les âmes errantes qui s’étaient éloignées depuis In the Rectory of the Bizarre Reverend.

Ainsi, So Long Suckers est un immense accomplissement, qu’il est aussi dur à écouter qu’à commenter sans user de tous les superlatifs, quelque soit leur sens. Ce disque est probablement ce que Reverend Bizarre a fait de mieux depuis In the Rectory of the Bizarre Reverend et, avec le temps, devrait s’imposer comme une sortie majeure de l’histoire du Doom. En attendant, cet album est évidement un incontournable de cette année 2007 riche en sorties de haute qualité dans le genre. D’ici là, adieu bande de nazes

Un adieu peut être pas si définitif que ça en fin de compte, lorsqu’on connaît la myriade de projets divers et variés dans lesquels les trois compères sont impliqués tels que The Puritan, Armanenschaft, Orne… A suivre.

A écouter : Avec du temps devant soi