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Biographie

Pyramids (TX)

Pyramids vient de Denton, Texas. Voilà. C'est tout ce qu'on sait, aucune autre info nulle part, rien. Line-up inconnu, date de formation obscure, rien ne filtre. Tout ce dont nous sommes sûrs, c'est que le groupe sort en 2008 un album éponyme chez Hydra Head qui reçoit un accueil pour le moins enthousiaste un peu partout.

Chronique

6 / 20
23 commentaires (10.83/20).
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Pyramids ( 2008 )

  Bon bah voilà la nouvelle hype, tout droit sortie de l'écurie Hydra Head. Vous savez, les Ricains qui se veulent barbus comme des bûcherons hardcore et repassent depuis deux ans les mêmes sucreries postdronishoegachiantes. Les plus tantes des hippies, rasées de près, qui sont tout contents de promouvoir les mêmes niaiseries sous couvert d'une branchitude aussi aiguë qu'ambiguë, comme en témoigne l'étrange assemblage de leur catalogue, entre le faux black emo de Xasthur et les derniers roucoulements sirupeux d'un Pelican en perte de vitesse. Alors pour créer la nouvelle sensation, ils nous ont dégoté la nouvelle manne du forumer : Pyramids
  Alors, de quoi ça nous parle cette affaire là ? Bof, prenons la shoegaze éthérée (qui a dit éculée ?) de Jesu, la BAR insupportable d'un Xasthur, les mélodies molles du genou post-truc et les chants clairs dégueu' (qui a parlé d'Isis ?), mettons des samples pour le coté torturé (ahem) de la musique, et ça vous donne un truc plutôt bien gaulé sur papier diraient certains ; si si, je vous vois vous au fond, trépignant, tout émoustillé, en syncope, polka... Et puis ça brasse bien tout le magasin du label...
  Mais c'est pas les nouveaux messies, hélas ! Ils ont bien essayé. Le cocktail est audacieux, un peu trop, il me reste sur l'estomac, je présage l'affreuse migraine. Certains causent que My Bloody Valentine coïterait ici avec le schwartz talmé ? Mais ! Foutaises ! Il n'y a rien de black metal dedans, la noirceur invétérée de ce genre ne se résume pas à quelques ersatz de borborygmes, pseudo-gémissements moribonds et délétères, ce ne sont pas quelques sons un peu déglingués ou une boite à rythme bloquée sur la vitesse maximale, ils s'y sont cru les Texans de Pyramids, mais ils ont tout faux. On esquisse quelques comparaisons avec le post-rock, la shoegaze, ces influences tellement défigurées aujourd'hui... Elles sont plutôt pertinentes. Mais alors en mou, en bâtard, plus salies qu'autre chose par les ambitions malsaines du combo pour créer la sensation. Finalement, malgré tous les essais, timides, de ce groupe, il en ressort parfaitement moulé au carcan Hydra Head... Mais le gâchis fait plus mal qu'un 5ive un peu pataud aujourd'hui, lui aussi trop gentil, car il faut l'avouer, il y avait de l'idée. Mais on fait pas de la musique sur des idées, n'est-ce pas ?
  C'est que pour la crédibilité ils ont trimé, là c'est net, plus que sur leurs compos... Un deuxième CD vient combler le vide laissé par 31 (longues) minutes d'un album inintéressant en nous proposant des remixes d'artistes plus intéressants. Un prétexte comme un autre pour afficher l'éclectisme de Pyramids. Stop ! N'en jetez plus ! Pourtant la parité est bien intrigante... Toby Driver (Kayo Dot), Ted Parsons (Swans / Godflesh), Colin Marston (Behold... The Arctopus), James Plotkin (Khanate / Khlyst), Loveliescrushing, Birchville Cat Motel, Vindsval de Blut Aus Nord... Ce dernier fournissant le remix le mieux loti de tous, car à des lieux de l'original. Il fait du Blut Aus Nord, et il a raison. Sinon, Jesu fait de la grosse merde, normal. Mais cela dit, ces deux groupes étaient tout trouvés : Pyramids ressemble à la sève lasse et infertile du second mêlée au pendant autiste du premier. Le reste des remixes oscille entre le correct et le juste bon, autant dire que pour les invités de marque que ce disque rassemble ça reste très décevant.
  Ah oui, et bien sûr, l'artwork (joli tout de même) est signé Aaron Turner, histoire de bien normaliser une bonne fois pour toute ce groupe... Qu'on l'oublie mieux... et vite... Non mais.

A écouter : Non.