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Biographie

Prosperr

Trio instrumental guitare/basse/batterie, Prosperr fut fondé en 2001 à Pau. A la base, une envie pour les trois musiciens de se frotter à des ambiances post-rock et à des sonorités abrasives issues de la noise. Les influences du groupe vont de Shellac à Man Or Astroman ? en passant par Neurosis et Unsane.
Encouragés par la sortie d'un E.p live enregistré à Ampli (Pau) en 2003 et aprés avoir partagé l'affiche avec des groupes comme Zu, Double Nelson, Hypos, Marvin, Aerôflôt ou Berlin vs Brooklyn, Prosperr affirme un son de plus en plus direct, cru et violent, beaucoup plus radical, sans concessions et toujours à moustaches !

Chronique

15 / 20
1 commentaire (18.5/20).

Black Museum ( 2006 )

Un peu à l'image d'une bonne poignée de groupes de part chez nous ces derniers temps (37500 Yens, Sincabeza, Absinthe ...), ce sympathique trio moustachu cherche à se faire une belle place au soleil entre math et post rock. Oubliez immédiatement le post rock contemplatif et cristallin qui réchauffe la poitrine ou qui fait pétiller les yeux, mais pensez plutôt à celui qui fait grincer des dents, éclaboussé de sueurs froides, millimétré, mécanique et rampant. Bref, celui qui tache, viril et rentre dedans.

En empruntant des cordes déjà allégrement pincées et des cymbales déjà ardemment tabassées par des Shellac, des Honey For Petzi voire des Hella et des Oxxes, Prosperr, celui avec deux "R", pas le roi du pain d'épice (il fallait bien que je la case...), parvient à faire bien plus qu’accrocher l'oreille de l'amateur de noise rock tendu. Non pas grâce à une originalité tape à l'œil ou la prise à la corde d'un tournant révolutionnaire dans le genre, mais par des morceaux variant l'approche et tâtant le terrain un peu partout alentour.
Le combo se base aussi bien sur une itération rythmique entêtante ("Eugene") que sur des mélodies touchées par un spleen non étranger à Slint ("2513 = 2514", "4 étages pour un piano"). D'une technicité sans faille et d'une précision façon Don Caballero, Prosperr aime la rythmique en acier, celle qui fait onduler la taule et qui enfonce des clous d'un seul jet. Quand la guitare ne s'engouffre pas dans des riffs et des larsens électriques, elle participe également aux tempos soutenus imprimés sur la plupart des titres. Le trio rabâche jusqu'a l'hypnose et ne relâche la tension que rarement, en trainant des pieds ("300 pound boulders") ou par des passages rock'n roll catchy, mais uniquement dans l'idée de repartir à l'assaut à grand coup de basse bondissante et de guitare épineuse.

Mis à part "Omaha Bitch", titre loufoque fourni en effets et autres samples, et qui clôture le disque, Black Museum n'introduit aucun vocaux ni artifices. La musique des béarnais se suffit largement à elle même. La scène post-math-noise rock française persiste en signe via ce Black Museum, une nouvelle bonne pioche signée Prosperr (Youpla... t'es lourd !).

Téléchargez : Eugene, 2513 = 2514, Bamboo, Dim Aka.

A écouter : Moustiquaire - Eugene - 2513 = 2514