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Biographie

PoiL

PoiL est un trio lyonnais tout à fait délirant, sévissant discographiquement depuis 2008 avec l'album L'Ire des Papes, au visuel tout à fait vomitif, suivi du EP+ Dins o Cuo en 2011, et enfin Brossaklitt, au visuel bien plus agréable à regarder (réalisé par Lilas Mala), paru chez Dur et Doux en 2014. Leur sorte de rock expérimental, alimenté au jazz, au bruit, à l'électronique ou même au metal, ne cache pas des accointances avec les Mr Bungle, Secret Chiefs 3 et autres Zeus!, Melt Banana, Merzbow, etc, mais tâchent d'en ressortir quelque chose d'inédit, sans jamais, ô grand jamais, se prendre au sérieux.

Chronique

Brossaklitt ( 2014 )

Une nouvelle fois, avec PoiL, les sous-sols de nos villes telles que Lyon exposent une contenance créatrice foisonnante, une dinguerie musicale qui ne pourrait décemment pas se présenter sous des projos plus éclairants. Ce troisième objet du trio, poétiquement nommé, confirme son statut d’incontournable fêlé du cortex, au même titre qu’un Ultra Zook, ou Manhattan-DIY par exemple, pour rester dans nos plus ou moins vertes contrées.

Au-delà de ces considérations géographiques, lorsqu’on s’introduit Brossaklitt dans les oreilles, on pense avant tout aux formations réputées du genre : Secret Chiefs 3, Magma, Mr Bungle, John Zorn, Melt Banana, ou encore Zeus!. Maniement et gestion d’une multitude de sonorités, qu’elles soient organiques par un clavier hystérique, sauvage, à un level d’inspiration constant ; qu’elles soient électroniques, chiptune voire même parodiques (MAO en clin d’œil grinçant aux Daft Punk) ; ou bien fusionnelles, accouplant jazz, rock, grunge, surf, metal et noise. On pourrait craindre une cacophonie sans nom, mais non. Enfin si, c’est un peu le Bronx mais sachant que celui ou celle qui lira ce papier aura sans doute écouté à l’usure les artistes précités, ça ne devrait pas poser de problème.

Car Brossaklitt, à l’instar des objets qui le précèdent, est un bordel savamment organisé, parfois progressif, sachant parfaitement faire monter la sauce (le fantastique Patachou), jusqu’à nous faire péter une durite, atteints de spasmophilie, encouragés que nous sommes par des voix d’internés à vie de l’asile d’Arkham, dans une veine cartoonesque, avec du Patton et du Médéric Collignon dans un coin de tête, toutefois très personnelles, portées par des textes intelligents et inspirants. Introklitt qui vient juste après le grassouillet et fascinant Fionosphère en est l’une des plus brillantes illustrations. Que dire alors de Pikiwa, tout en contretemps, monument instable de plus de quatorze putain de minutes, teinté d’un mysticisme extra-dimensionnel, appuyé par une basse en acier trempé, une guitare crasseuse, volubile, et un frappeur explosif, très jazz ; qui se muera en twist binaire et bruitiste corroboré par de l’électro foutraque néanmoins justement agencée, pour finalement revenir au thème d’origine et nous achever dans une joyeuse déconstruction, afin que nous puissions nous balader sans crainte avec les gentils minouchoux.

Il n’est jamais simple de scribouiller sur un disque aussi multiple, aussi fourni en démence productive. Le fait est qu’on tient là le meilleur album de PoiL, une bestiole difforme, klittoridienne, garnie d’un paquet d’excroissances velues renfermant chacune son lot de surprises. Un temps sera nécessaire aux néophytes du genre pour l’apprivoiser, à condition qu’ils osent s’y attarder, le chemin sera tortueux, cabossé, mais l’arrivée promet d’être salvatrice. Les habitués quant à eux devraient naturellement être conquis dès les premières notes, aussi déglinguées soient-elles.

Épilation intégrale sur bandcamp.

A écouter : dans le bon sens.
PoiL

Style : Rock / Expérimental / Noise
Tags : - - - -
Origine : France
Site Officiel : duretdoux.com
Bandcamp :
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