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Biographie

Planks

Planks est un trio germain du Bade-Wurttemberg constitué de Benjamin Hintz (Batterie), Frank Hörsch (Basse) et Ralph Schmidt (Guitare / Chant) oeuvrant dans l'obscur et l'apocalyptique. Une première démo voit le jour en 2007, suivie un an plus tard d'un premier album éponyme chez Narshardaa Records. Dans la foulée, Planks s'embarque pour une tournée US aux côtés de Tombs avant de sortir un split en leur compagnie chez Black Box Recordings. En 2010, le groupe enregistre son second album, The Darkest Of Grays. Deux compilations sortent en 2011 et 2012 avant que Planks ne reviennent une nouvelle orientation musicale et Funeral Mouth à la fin de l'année. Frank abandonne alors le projet et est remplacé par Marius Reiss.

Chroniques

Funeral Mouth Planks
16 / 20
3 commentaires (17.33/20).
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Funeral Mouth ( 2012 )

Planks, c'est probablement pas un nom que vous avez dû lire ou entendre souvent, tant le trio allemand a du mal à s'extirper de ce statut de second couteau de l'extrême. L'autre problème étant évidement qu'il est aujourd'hui difficile de se faire une place bien visible quand on est associé aux hybridations Metal/Post-Hardcore, vu la concurrence actuelle.

Et c'est assez dommage. Sur les deux premiers albums (parmi les trois splits et trois compilations en 5 ans, ces jeunes gens ne chôment pas), on avait déjà pu mesurer la qualité de leurs travaux, initialement une rencontre entre un sludge à la Black Cobra et un Post-Hardcore à la Cult Of Luna – qui leur avait valu une flatteuse mais pas très appropriée comparaison à Mastodon à leurs débuts et qu'on leur colle toujours, injustement – qui a finalement évolué avec l'apport d'une forte influence black metal sur The Darkest Of Grays. Le groupe y fait déjà montre d'une science de la compo assez impressionnante, même handicapé d'une certaine hésitation, comme n'arrivant pas à se jeter pleinement dans une nouvelle mue, à présent achevée avec ce Funeral Mouth.

Résumer à une hybridation Post-hardcore couillu / Black Metal ambiancé ce disque ne serait pas lui rendre service. En effet, en bon français que vous êtes, vous arrêteriez sûrement de lire ce papier en vous disant « ah oui, comme Céleste ». Mais non, pas comme Céleste. Si on ne peut s'empêcher de songer aux lyonnais quelques fois, Planks n'utilise pas la même approche. Là où les français font feu de tout bois et s'écorchent à nue avec violence et brutalité, les allemands n'utilisent pas ce ton hardcore/emo-violence. Leur truc à eux est plutôt identifiable comme une synthèse réussie des ambiances metal issues du Doom et du Black Metal avec celles empruntées à des formes pas forcément lourdes et mastocs de groupes comme Cult Of Luna mais plutôt une subtilité noire dont il semble plutôt qu'elle viendrait de l'école suisse (Impure Wilhelmina, Cortez, Zatokrev...) qui sait savamment alterner rage et mélancolie.
Enfin, le plus impressionnant dans ce disque n'est pas tant l'arrivée à maturation quasi-parfaite d'une forme musicale menée de manière très personnelle que l'incroyable sincérité qu'elle nous fait ressentir. Chaque riff, rythme et hurlement recèle son lot d'émotion délivrée avec la plus grande honnêteté du monde. Le chant surtout, semble être puisée au plus profond de lui-même par le vocaliste du groupe, presque révéler une part d'intime et de fragilité. Planks arrive à donner une certaine pureté à son déferlement de décibel, dans un état d'esprit comparable à celui de Neurosis.

Je pourrais vous citer plus précisément des pistes spécifiques pour illustrer mon propos, mais je préfère vous laisser écouter cette galette de bout en bout, chacune des pistes s'enchaînant parfaitement, le tout sublimant la somme des chansons prises isolément. Laissez-vous donc emporter pour un voyage dans le noir pays de Planks au fil des évolutions de ce vaisseau qu'est Funeral Mouth, une vision musicale mature et achevée, dirigée avec toute la confiance d'un groupe qu'on sent parfaitement sûr de lui.

A écouter : En totalité, et beaucoup !
15.5 / 20
1 commentaire (13.5/20).
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Planks ( 2008 )

En optant pour une thématique romanesque, Planks se démarque entièrement du réel. Pour le trio de Bade, l'actuel est si terne, tellement formaté, tellement transparent qu'il est peut-être besoin de s'en inventer un nouveau. Peut-être reprendre l'aventure un peu plus avant, repartir presque de zéro aux abords du XIXe siècle, chercher des raisons d'espérer dans la littérature des Melville, Verne ou Poe chez qui Planks puise une grande partie de son inspiration. D'oû cette vision d'outre-tombe, puissante, massive, une optique obscure qui se dégage de cette première oeuvre à l'aura si dense qu'il est quasi impossible de ne pas s'y engloutir. Epuré, dénué de toute aspérité, l'univers de Planks est évocateur de toutes ces ambiances crépusculaires - "Avec résignation sous les cieux gisent les mélancoliques eaux. Tant se confondent ombres et tourelles, que tout semble suspendu dans l'air : tandis que d'une fière tour de la ville, la Mort plonge, gigantesque, le regard".
Le trio se repaît de tout ce qui passe à portée. Si "Deluge" dévoile une vision plutôt chaotique dans le genre de Damad, entrant dans le sujet de manière plutôt convenu, Planks frappe un grand coup l'instant d'après avec un "Forgiveness to Tyrants" pas piqué des vers, puissant, rustique, hérissé d'épines crust dont on ne ressort pas indemne. Mais dont on n'est pas dupe. Voile de fumée pour mieux nous noyer par la suite dans une déflagration sludgy/postcore ou, même si tournée vers la poésie de la mer, de l'océan, tels que le flamboyant "Mollusk King", la musique de Planks éclabousse d'embruns acides, offrant des reflets flirtant avec l'apocalyptique d'Old Man Gloom, le haineux d'Eyehategod ou de His Hero Is Gone ("Fist of the Ocean", "the Curse of all Things Drowned"). Huit titres bouillonnant d'inspiration, aux enchaînements réactifs, servis par une production de qualité et le mastering de James Plotkin (Khlyst, Khanate...) qui doit être pour quelque chose dans le résultat final, ce premier album brille par sa rythmique de feu, ses attaques percutantes - le chant de Ralph agresse littéralement -  compensant avec certaines faiblesses de composition ("Narrows").

On sera pas mesquin pour autant. La perfection n'étant pas de ce monde, Planks a bien mérité d'intégrer le contingent des bonnes surprises de l'année 2008. D'autant plus que l'accent a été également mis sur un artwork idoine d'Oliver Hummel (Omega Massif, Gregor Samsa, Lvmen) composé de deux planches de Gustave Doré, "I had done a hellish thing" et "The Death-Fires Danced at Night", ayant servi à illustrer The Rime of the Ancient Mariner  de Coleridge. Tellement de finesse dans une carure aussi brute, çà valait bien qu'on y accorde plus qu'une petite attention.

Tracklist : 1. Deluge; 2. Forgiveness to Tyrants; 3. Mollusk King; 4. Fist of the Ocean; 5. Totenschiff; 6. the Curse of all Things Drowned; 7. Narrows; 8. The Harpooner's Divide

A écouter : Mollusk King, Fist of the Ocean, The Harpooner's Divide.