Biographie

Pissed Jeans

Originaire d'Allentown (Pensylvanie), Pissed Jeans recrache un punk nourri de noise (The Jesus Lizard) et d'influences hardcore 80's (Flipper, Black Flag). Après un premier 7" et un album sur Parts Unknown, Pissed Jeans signe sur Sub Pop et se fait remarquer avec Hope For Men et des concerts mémorables autant qu'imprévisibles. En 2009 le combo récidive avec King Of Jeans, un disque furieux, d'un niveau supérieur à son prédécesseur.

Chroniques

Honeys King Of Jeans
16 / 20
1 commentaire (17/20).
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Honeys ( 2013 )

Honeys est un album de gros branleurs. Rien que ça. Mais pour les Pissed Jeans c'est également un putain de compliment. L'argument de l'album photocopie est ici invalide. Pissed Jeans est le punk et le punk est Pissed Jeans. Honeys aurait pu se caler à n'importe quelle place dans leur discographie. Il se trouve que c'est en 4ème position qu'il arrive. Pas de chance pour lui. Ce ne sont pas les quelques parenthèses au rythme volontairement ralenti et mou du genou de "Cafeteria Food" ou "Chain Worker", si excellentes soient-elles, qui viendront modifier l'ordre des choses. Que ce soit clair, il n'y a aucune prise de risque sur Honeys, juste la même putain de bonne came que les gaziers inoculent avec la même frénésie carnassière. L'épaisseur poisseuse du trait est toujours là, dans les moments les plus basiques et limite rétro-kitch ("Cathouse", "Loubs"), comme dans les instants de pure véhémence qui leur sont propres ("Bathroom Laughter"). En roue libre sur la face B, ces types n'en ont strictement rien à foutre de pondre un disque "intéressant" (il faudra aller voir du côté de STNNNG ou Useless Children pour ça), ils veulent juste te latter les couilles en agglomérant dans une bile vénéneuse tout ce que le rock sauvage et bestial a pu inscrire de manière indélébile dans leurs gènes. C'est bien leur interprétation primaire et primale, électrique et électrisante, qui fait de Pissed Jeans un groupe d'exception, insaisissable et tout juste inimitable à aller voir sur scène coûte que coûte.

Honeys n'est donc ni meilleur ni moins bon que les autres disques de Pissed Jeans. On ne le choisira ni pour son contenu, ni pour son visuel. On l'écoutera si c'est le premier qui nous tombe sous la main. Peu de groupes peuvent finalement prétendre à un tel luxe.

Regarder le clip the "Bathroom Laughter".

A écouter : Bathroom Laughter - Loubs - Cafeteria Food
16 / 20
3 commentaires (17.17/20).
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King Of Jeans ( 2009 )

Pissed Jeans est un groupe énorme sur scène. Le genre de groupe que tu vas voir en connaissance de cause mais dont l'issue de leur set reste un truc imprévisible. Tu sais juste que ça va être punk jusqu'au bout des ongles et surtout que tu vas t'en mordre la langue jusqu'au sang. Parce que Pissed Jeans c'est juste ça, du rock corrosif, balancé avec les amplis dans le rouge, dans ce qu'il peut revêtir de plus primaire, de plus bestial et finalement de meilleur. Ces gars là s'en foutent royalement d'avoir un son léché, une production de luxe, ou une pochette de disque qui le fait bien dans les bacs. Ce qu'ils veulent, c'est te le foutre dans le cul jusqu'à l'os, le gros bras de la pochette justement. Tu vois le tableau ?

Leur premier disque sur Sub Pop, Hope For Men, était déjà un bon gros ramassis de nerfs, de sueur et de distorsions, quelque part entre les flaques saumâtres de Flipper et le early grunge de Seattle (TAD, Mudhoney), le tout baigné dans une aura hardcore 80's. Un truc un peu foutraque, mais qui envoyait déjà la purée (dans tous les sens du terme). Sur King Of Jeans, les gaziers semblent s'être affranchis de tout ce qui leur collait un peu trop à la peau. Désormais, les Kings Of Jeans c'est eux, dans chacun de ces 12 morceaux, nihilistes et désabusés au possible. Même si le tempo s'est ponctuellement ralenti (pour devenir encore plus vicieux ?), comme sur le très sexuel "Request for Masseuse" ou l'inquiétant "Spent", long et lent titre halluciné et rampant de 7 minutes calé en plein milieu, ce nouveau disque sonne infiniment plus cohérent et plus "personnel" que Hope For Men. Quant aux morceaux joués pied au plancher, c'est à dire la majorité, ils ne sont là que pour te faire bouffer la poussière par les narines à chaque invective de ce chanteur qui te (dé)gueule dessus comme un lance-flamme. Tout file dans la même direction, submergé par un sentiment de malaise palpable à chaque seconde, issu d'une véritable sensation de frustration que ces 4 bouseux doivent traîner depuis des lustres à leurs basques.

Véhément au possible, pas à la mode pour un sou (quoique ?), et surtout asséné avec une rancoeur sournoise qui fait froid dans le dos, King Of Jeans est le genre de disque déjà dépassé qui ne prendra pas une ride, façon Bleach de Nirvana (qui vient d'ailleurs tout juste d'être réédité par Sub Pop). Te reste plus qu'a choper une version originale de ce putain de disque.

A écouter : la bave aux lvres