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Biographie

Piri Reis

Originaire de Malaisie, Piri Reis tire son nom d'un amiral de la flotte ottomane du 16ème siècle. Oscillant entre Screamo et Emoviolence, le combo sort une première démo en 2015, suivie de 2 split avec Child Meadow et Coma Regalia. Un premier album, Ritma, sort en 2022 chez Moment Of Collapse Records, React With Protest Records, Framecode Records et Zegema Beach Records.

Ritma ( 2022 )

Piri Reis fait partie de mes chouchous en quelques EPs. Les musicien.ne.s avaient mis la barre assez haut, surtout que ce Ritma était attendu maintenant depuis quelques mois. Toujours sur ces mêmes nuances de couleurs (rouge / jaune) se cachent ) peine plus de vingt minutes de son, dix titres qui s’annoncent dans la continuité du split avec Sto Cosi Cosi.

Après quelques écoutes, on retiendra le magistral « Burden By Beauty » (avec la fin qui m’a littéralement donné des frissons), la montée en charge de « Curse on Pasumpahan Island » ou le riff très dansant de « Berkelana ke Kelana Jaya ». Piri Reis prend aux tripes, te retourne l’estomac et peut te faire vriller en quelques minutes, à la manière de SjanseDeer in The Headlights ou les premiers émois de Yotsuya Kaidan sur le principe - sans oublier ceux cités sur les chroniques précédentes bien entendu. Pourtant, le son est plus clair, presqu’acide, notamment au travers du chant.
A noter que les paroles alternent entre Anglais et Malaisien, mais tout est porté par la ligne vocale parfois malmenée (« Pusara Atas Langit », qui donne la sensation de voir couler des larmes), qui parle de mal-être (« Heimlich Manoeuvre Tiger Suplex ») mais aussi beaucoup de thèmes centrés sur des régions de Malaisie mais qui n’en vantent clairement pas un côté optimiste (« Berkelana ke Kelana Jaya », « Curse on Pasumpahan Island » ou « Merentap Sayap Malaikat »).

Cela fait un bail que je n’avais pas enchaîné de la sorte plusieurs écoutes d’un disque du genre, en dehors de quelques classiques, mais Ritma s’écoute et se subit avec plaisir. Entre les quelques samples disséminés, le chant hurlé (vraiment le gros point fort du groupe sur cet opus) et quelques riffs bien sentis (l’Orchidien « Curse on Pasumpahan Island »), rien n’est laissé en berne.

Ainsi, Ritma est l’Emoviolence meets Screamo façon 2022. Un opus à écouter, ressentir, qui finira sans conteste dans le top des sorties 2022 du genre. La folie, la haine, la fureur : emotional music.

Sto Cosi Cosi Split ( 2019 )

A défaut de sortir un nouvel album, Piri Reis semble aimer le format salit. Après Child Meadow et Coma Regalia, c’est cette fois Sto Cosi Cosi (Screamo / Emoviolence japonais) qui accompagne les Malaysiens sous 3 titres calfeutrés sous un chouette artwork.
Pour les références, reprenez les noms cités sur la chronique précédente : Piri Reis n’a pas changé son fusil d’épaule, mais a su intégrer dans ces effluves de La Quiete / Danse Macabre des aspects plus surprenants (les samples disséminés sur « Madness, You’re Beautiful ») si l’on connait un peu la discographie du groupe. En dehors de cette nouveauté, Piri Reis garde le même cap, avec une mention particulière au chant d’une intensité captivante (« Last Light for Venetiian Blind »).

Pas la peine de s’étendre plus au final. Ce split confirme tout le bien que je pouvais penser du combo : impétueux, fougueux, riche en termes de sonorités. On sent clairement une évolution depuis le premier split, et on se retrouve ici un cran au-dessus du déjà très bon disque avec They Sleep We Live.

Child Meadow Split Tape ( 2017 )

3 petits titres et puis s’en vont. C’est en ces quelques mots que l’on pourrait résumer la participation de Piri Reis à ce split avec Child Meadow. Et pourtant, en un peu plus de cinq minutes, le combo révèle sa passion pour l’école Italienne. Des fragments apparents de La Quiete à Raein, les Malaisiens reprennent ces envolées (« Lost Before Nagano Shimbashi ») mais flirtent aussi, notamment au travers du chant et de la rage, avec les Danse Macabre ou Louise Cyphre. Pour les plus récents, on pensera à The Ultimate Screamo Band ou Drei Affen. Et il n’en faudra pas plus pour faire pencher la balance du côté positif de l’ensemble, si ce n’est le nom de ce dernier titre : « Petit A Petit, l’Oiseau Fait Son Nid ».

Si l’on prend la suite du split avec Coma Regalia, Piri Reis est ici plus construit, moins dans une envolée proche d’Orchid (sur « When Life Hand You Grenade » notamment), même s’il manque parfois l’explosion de « Deceived by the Beneficial Hegelian Dialectic ». Pour autant, il reste de ce split trois titres dont on peut aisément se délecter.

A écouter : Petit A Petit, l’Oiseau Fait Son Nid