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Biographie

Piniol

Poil et Ni, deux groupes issus du label Dur&Doux décident de fabriquer ensemble Bran Coucou, sorti en avril 2018 et composé à sept têtes. L'envie de créer cet animal à bec protéiforme est née de concerts effectués tous ensemble courant 2016. Une idée qui a fait son chemin et poussé cette bande de joyeux drilles à concrétiser les choses sur album.

Chronique

Bran Coucou ( 2018 )

Et si on accouplait les deux plus beaux spécimens rhodaniens de Rock protéiforme, pornographique pour l’un… pornographique pour l’autre, en fait ? Oui, Poil et Ni ont décidé de foutre en l’air définitivement nos perceptions en fusionnant allègrement. Piniol est le fruit de cette union incestueuse, délictueuse.

Deux guitares, deux basses, deux batteries et un clavier dansent et se confondent sur ce Bran Coucou joliment illustré par l’éminent Willy Ténia. Presque tout le monde travaille ses vocalises en une formidable partouze volatile, haut perchée. Comme un amuse-bouche de cette folie faussement incontrôlée les quatorze minutes de Pilon Bran Coucou nous entraînent dans les tourments psychédéliques d’une jungle sonore constituée d’onomatopées, de claviers mécaniques dissonants, de brutales coupures rythmiques et d’élans jazzy tout à fait délicieux. On pouvait légitimement s’attendre à un bordel sans nom avant d'appréhender la somme de ces deux entités déjà correctement foutraques individuellement, mais on perçoit très vite une cohérence pleine et entière dans l’agglomération instrumentale, d’une fluidité extrême malgré le caractère jusqu’au-boutiste inhérent aux deux formations. Le septuor ainsi composé expose tout son savoir-faire, au sein d’une joyeuse complémentarité, où les basses se répondent et se mangent la parole sans que ça paraisse inopportun (Pogne), et ma foi on peut en dire autant de chaque instrument doublé. 

Remarquable surtout de s’apercevoir que l’ennui ne nous guette jamais, bien que la durée totale de la chose (plus d’une heure) puisse nous le faire craindre. Une Mimolle judicieusement bien placée nous astiquera les conduits auditifs à coups de saturation démente, histoire de nous chauffer à blanc à la réception du quart d’heure de Shô Shin, sommet de déviance surnaturelle, aux lignes vocales échappées d’un cartoon nécessairement déconseillé aux enfants, et ce n’est pas sa conclusion tout en contretemps magique qui nous fera redescendre de sitôt. Alors que la noblesse de François 1er étale les guitares au milieu d’une orgie comme on en fait plus, Kerberos assure sa suite (royale), alourdissant les basses, faisant valdinguer les plumages dans un delirium hanté au loin par certains travaux de John Zorn ou de Mr Bungle. Incroyable course surréaliste teintée de sauvagerie maîtrisée qui se terminera en Orbite, et nous voilà volontiers pris au piège des retombées radioactives, enfonçant nos caboches dans une terre labourée, traitée au glyphosate rythmique et marquée d’incantations chimiquement atteintes.

On connaissait déjà les prouesses dissociées de Poil et Ni, on envisage désormais avec euphorie leur association. Bran Coucou est un monstre volant à sept têtes qui déploie toutes les intentions perturbées de ses créateurs, où chaque instrument tient sa place d’une manière étonnamment équilibrée. Une ode à la folie créatrice made in Dur&Doux qui en amènera encore d’autres, sans aucun doute.

A écouter : pour s'envoler.
Piniol

Style : Avant-Garde / Jazz Rock / Math Rock / Noise
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Origine : France
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