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Biographie

Philm

Philm naît à Los Angeles en 2010 à l'initiative de Dave Lombardo, illustre batteur de la scène metal planétaire doté d'un CV plutôt impressionnant. Connu pour ces groupes principaux que sont ou ont été Slayer, Grip Inc. et Fantômas, il a également collaboré plus ou moins ponctuellement avec John Zorn, Apocalyptica, Testament ou encore Voodoocult. Philm est donc un side-project prenant la forme d'un power-trio pour lequel Lombardo est accompagné de Gerry Nestler (du groupe de prog-metal Civil Defiance) et Pancho Tomaselli (membre du collectif funk rock californien War). Les trois ont des backgrounds musicaux différents et c'est ce qui semble leur plaire au moment de monter Philm, un projet de fusion metal/noise/punk/jazz/funk, qui livre un premier album long-format au printemps 2012 sous le titre Harmonic et via le label de référence qu'est Ipecac Recordings. Deux ans plus loin, le groupe surprend un peu son monde en signant sur le label allemand UDR (Europe, Saxon, Motörhead) pour sortir Fire From The Evening Sun, deuxième long du trio.

16 / 20
2 commentaires (19.5/20).
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Fire From the Evening Sun ( 2014 )

Ça y est, Dave Lombardo a définitivement quitté la machine Slayer et laissé la place à Paul Bostaph, il en profite donc pour se recentrer sur ce qui était jusque-là un projet d’à côté, Philm. Deux ans seulement après un très bon Harmonic, facétieux et parfois envoûtant, celui que beaucoup d’entre nous considère comme l’une des divinités en chair et en os de la batterie, remet le couvert d’alliage prog, metal, punk, etc, avec les mêmes bonhommes - Gerry Nestler et Pancho Tomaselli, eux aussi faits de chair et d’os. Il s'agit juste d'un trio d'êtres humains extrêmement doué en fait, et ce Fire From the Evening Sun vient confirmer la chose, bien que tout ne soit pas absolument génial.

On garde les mêmes et on recommence, en revanche concernant le label on passe d’Ipecac à UDR (Motörhead, Saxon), un grand écart en termes de signatures respectives mais ça n’a eu heureusement aucune espèce d’effet sur la musique exécutée. On y retrouve environ tous les ingrédients – bons, voire savoureux et autres un peu moins digestes - présents sur Harmonic, avec une accentuation des atmosphères toutefois. La fusion de Philm demeure exigeante et demande de gratter avec insistance le sujet, quitte à s’en foutre plein les ongles. Une fois encore, l’impression d’être à cheval entre les 60’s et les 90’s est prégnante. Lancés dans cette valse incandescente qu’est Train, mariant nonchalamment rock sautillant et metal crossover, mis au pas aux premiers roulements martiaux du titre éponyme, déployant une fureur rock n’roll caractérisée, ensevelis sous une avalanche de coups de poing dans la tronche, nous voilà déjà plongés d’une manière un peu plus attrayante dans le délire du trio que sur le premier effort.

Tandis que Lombardo s’éclate comme un gamin derrière ses fûts, on aura le plaisir de constater les progrès effectués d’un point de vue vocal, Nestler élargissant sa palette pour nous rappeler autant Trent Reznor (Nine Inch Nails) que Jaz Coleman (Killing Joke), Jello Biafra (Dead Kennedys) ou encore Richard Patrick (Filter), toujours aussi dément lorsqu’il décide de hurler, gagnant en justesse tout en nous gratifiant de soli quasiment garage ingénieusement placés. Les ambiances semblent davantage travaillées, teintées d’un mysticisme plus ou moins exacerbé en fonction des titres : Lions Pit et ses sonorités orientales subtilement crachées par la six-cordes, le stoner-blues habité de Silver Queen Master, le jazz(spazz?)-rock mutant et réverbéré d’Omniscience, ou le superbe Turn In The Sky davantage orientalisé, agrémenté de percussions, évoquant aussi bien la blague qui tue citée plus haut que Secret Chiefs 3. N’oublions surtout pas Corner Girl, ballade déviante, hispanisante et cuivrée, au piano décharné, clôturant l’album avec délice.

Fire From the Evening Sun se montre finalement plus abouti qu’Harmonic, armé d’une écriture efficace et plus équilibrée malgré quelques approximations qui s’accrochent sur une minorité de titres (We Sale At Down, Luxhaven). Des défauts relatifs en fonction de l’implication de l’auditeur cela dit. Quoi qu’il en soit on a là un excellent disque, imprégné de tout ce qu’on aime dans le rock, et bien au-delà, venant d’un groupe super qui devrait sereinement continuer sa route, surtout avec un Lombardo toujours aussi fameux et aussi libéré qu’au sein de Fantômas.

A écouter : et à gratter.
15.5 / 20
1 commentaire (17.5/20).
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Harmonic ( 2012 )

Philm, c’est d’abord une orthographe bien mystérieuse, à moins qu’il ne s’agisse d’un jeu de mot subtil associé au nom du disque présenté ici... Mais Philm, c’est aussi et surtout le projet annexe actuel d’un batteur qu’on ne présente plus, Dave Lombardo (Slayer, Fantômas, Grip Inc.), entouré de Gerry Nestler (guitare/voix, Civil Defiance) et Pancho Tomaselli (basse, ex-War). Ce premier objet sort chez Ipecac Recordings, ce qui n’est pas un hasard puisque Mike Patton - fondateur du label - et Lombardo sont copains comme cochons depuis leur collaboration sur Fantômas.

Avec Philm, on s’attend donc logiquement à un album vrillé de la tête, plein de rebondissements où de multiples genres musicaux se confrontent ou se succèdent, et ce(t) Harmonic ne nous donnera pas vraiment tort. En effet, les premières pistes paraîtront assez classiques dans leur construction, à commencer par Vitriolize, déployant un heavy punk noisy 90’s bien rentre-dedans qui mettra tout de suite en condition. Mais l'on s'apercevra bien vite que le trio a pris soin d’ingurgiter une multitude d’influences, qu’elles soient hardcore, noise, metal, prog, punk, jazz, funk, dans le but de former une sorte de fusion incandescente au groove massif et imperturbable. Et ça fonctionne plutôt bien sur une majorité des quinze titres proposés par ce premier jet, certains faisant office de « transitions » relativement dispensables entre deux morceaux de qualité (Hun, Killion, Mezzanine). Le rendu sonore global est assez poisseux, situant le disque dans une volonté de sonner « live », mais aussi de s’inscrire vraiment dans une époque, celle des années 90, s’inspirant notamment de la scène metal/hardcore obscure du moment (Zeni Geva, Fudge Tunnel entre autres). Le chant volontairement approximatif pourra de ce fait en rebuter plus d’un puisqu’il évolue dans un délire plutôt punk et gueulard, sachant tout de même se faire parfois étrangement mélodique. Lombardo, qui se retrouve ici avec un kit de batterie réduit à quatre éléments, assure la souplesse rythmique, soutenue par des ambiances malsaines, urgentes (Dome), jazzy (Exuberance), funky (l’excellent Amoniac) ou encore sacrément planantes (le désertique Way Down, suivi de Harmonic).

Philm envoie finalement une musique assez polymorphe sur un disque qui se révèlera peut-être un peu longuet (62 minutes). Malgré ce détail temporel, Harmonic demeure foutrement énergique, cohérent et confirme avec brio les potentielles attentes que l’on pouvait avoir à propos de ce trio qui avait déjà bien de la gueule sur le papier.

Harmonic s'écoute sur Deezer.

A écouter : Way Down, Exuberance, Amoniac, Mild.