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Biographie

Phazm

Phazm est un groupe atypique qui mélange du Death/Black et du Blues/Rock. Pour imaginer la chose pensez à un croisement entre Morbid Angel et Motörhead. Cet étonnant mélange voit le jour à la fin 2003 sous l'impulsion de Pierrick Valence (Scarve), qui tient la guitare et assure le chant, et du guitariste Patrick Martin (Scarve). Ils sont rejoints peu après par le batteur Dirk Verbeuren (Scarve, Soilwork), puis par le bassiste Max Nomine. Très vite Phazm sort Hate At First Seed sous la direction de Jacob Hansen (Hatesphere, Aborted...). En 2005 Cedric Lickel (Solekahn) remplace Dirk Verbeuren qui a quitté le groupe pour se focaliser sur Scarve et Soilwork. Antebellum Death'n Roll débarque l'année suivante et donne toujours autant dans l'esprit Death'n Roll à tendance nécrophile. Après le bouclage de l'album Patrick Martin quitte à son tour le groupe et se voit remplacer par Victorien Vilchez (Yykroon). En 2008 sort le troisième album studio des Français, Cornerstone Of The Macabre, peu de temps après la formation se sépare. Ce split ne sera heureusement que temporaire, en 2012 Phazm revient sur scène pour partager l'affiche avec Entombed, ce concert annonçait comme unique donne des idées aux gaillards. Un peu plus tard dans l'année la reformation est officielle, Phazm multiplie les dates et annonce courant 2015 qu'un nouvel album est en préparation, sa sortie devrait se faire en 2016.

13 / 20
2 commentaires (17.75/20).
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Scornful Of Icons ( 2016 )

Rarement un groupe n’aura si bien porté son nom. Le Phazm, cette entité aux formes multiples, entre une apparence d’alien et une ingéniosité à toute épreuve, l’animal est semblable au groupe : insaisissable. C’est donc le mélange des genres, savoir prendre ce qui se fait de mieux au sein de chaque style qui est leur marque de fabrique, à l’image du Death ‘n’ roll mis en place depuis leurs débuts. C’est après une hibernation de 8 ans que le Phazm sort de sa torpeur et nous propose un album qui regorge de surprises …

Le premier changement et pas des moindres, est qu’il ne s’agit plus de Death ‘n’ Roll. Exit la moindre trace de blues, finis les riffs aux relents de désert texan et au groove dévastateur, un autre voyage nous est proposé : celui du Black Metal et de ses contrées hostiles et froides. Phazm a donc pris un virage à 180 degrés, mélangeant du Death entre autres avec le Black. Force est de constater que la sauce prend assez rapidement de par le fait que ces deux styles se complètent assez bien, surtout quand ils sont incarnés de manière si professionnelle par des instrumentistes virtuoses. Le groove signature est encore bien présent au travers des riffs tranchants directement inspirés de Death comme dans Ubiquitous Almighty où les frontières se brouillent.

Une autre très grande évolution vient du chant de Pierrick Valence qui prend le risque de sortir de sa zone de confort et de s’essayer à de nouveaux growls, le travail sur sa voix est notable depuis Cornerstone Of The Macabre. Utiliser le chant comme un didjeridoo peut avoir l’air d’être une idée saugrenue, mais comme toujours Phazm sait surprendre, proposant des morceaux tels que Ginnungagap, dans lequel le chant est réellement utilisé de manière inédite et offre de nouvelles perspectives de création. Cette idée brillante possible uniquement grâce au timbre de Pierrick est une innovation incroyable donnant une profondeur quasi mystique.

Un énorme travail sur les ambiances a été mis en place, chaque détail a été pensé avec minutie. Il en ressort un disque dans lequel on peut sentir une très grande maturité. Libéré de la pression classique qu’impose le secteur du disque et ses contraintes, Phazm s’épanouit et propose un disque complet et très intéressant à l’image du très créatif morceau éponyme dans lequel le contrepoint au chant offre une profondeur à l’ensemble.

Malheureusement, toutes ces belles initiatives restent en demi-teinte, les compositions sont très déstructurées rendant le tout illisible et difficile d’accès. Il est clair que le fan de la première heure ne reconnaîtra pas la musique qu’il a connu à ses débuts, surtout que le mélange de Black et de Death a déjà été vu maintes fois, la formation perd alors son côté novateur et une partie de ce qui faisait son charme. Bien que quelques réminiscences de Punk résistent dans The Godless Pope par exemple, la transformation du Phazm a été complète, ne laissant rien percevoir de ce qu’il était auparavant. La philosophie du groupe a changé tout comme les musiciens : en 8 années beaucoup de recul a été pris pour prendre un nouveau départ si éloigné de là où ils s’étaient arrêtés. Les conséquences sont en revanche bien concrètes donnant parfois l’impression de ne pas être dans les clous, comme dans Never To Return où le chant ne semble pas encore tout à fait en adéquation avec le reste du morceau.

Peu de groupes peuvent se vanter d’être aussi novateurs et protéiformes que Phazm. Se moquant toujours autant des cases dans lesquelles on essaie de le placer, il est impressionnant de voir à quel point, même avec un changement aussi radical que celui proposé avec Scornful Of Icons, ils parviennent à garder une identité sonore reconnaissable. Malgré tout, le changement est si brutal tant dans la forme que dans le fond que le choc pourrait déstabiliser plus d’un fan.

A écouter : Ginnungagap - Ubiquitous Almighty - The Godless Pope
14 / 20
1 commentaire (18/20).
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Cornerstone Of The Macabre ( 2008 )

Cornerstone Of The Macabre est le très attendu troisième album de Phazm. Après la baffe Antebellum Death'n'Roll, le groupe avait placé la barre bien haut. Entre ces deux albums, le line-up a changé et quelques évènements importants sont survenus dans la vie du groupe et de ses membres, le plus marquant étant le départ de Pierrick Valence du groupe qui l'a fait connaître, Scarve. Ce départ, qui ne s'est pas fait dans de très bonnes conditions positionne Phazm comme la priorité de Pierrick (Agressor étant en stand-by pour l'instant). Mais revenons à l'album lui-même. On repart pour un tour de musique de cadavres en décomposition, avec chapeaux de cow-boy, chemises à carreaux et du gras !

La première chose qui frappe lors de l'écoute de Cornerstone Of The Macabre est l'atmosphère qui s'en dégage. En effet, l'ambiance générale de l'album est plus sombre et plus sérieuse que sur les précédents. La mort semble y gagner en réalité et en consistance. L'album s'ouvre sur Love Me Rotten (Love Me True), qui marque bien par son titre, pour ceux les ayant oubliées, les racines musicales américaines du groupe. On est cependant un peu surpris par le son des guitares, qui se veut plus net, moins crade que sur les opus précédents.

Le corps de l'album est fait de morceaux bluesy mais rapides, de bonne facture, parsemés de bons riffs de guitare et de basse grasse. De manière générale, on retrouve ce mélange savamment dosé que Phazm sait faire entre différents genres musicaux, sans jamais perdre son caractère propre. Citons pêle-mêle du doom (Welcome To My Funeral), du jazz (intro de Damnation), du black metal scandinave (The End), le tout mêlé au death'n'roll US. Au final, les ingrédients d'un disque varié mais qui ne se disperse pas... Histoire de calmer le jeu, on a aussi droit à un très bel instru, qui nous fait approfondir l'ambiance bluesy qui pénètre l'album (Strange Song), avec guitares folks et percus. En parlant d'instruments, les inconditionnels de l'harmonica, très présent sur l'album précédent, ne seront pas gâtés : seul un morceau en est pourvu. On peut quand même se réjouir que Phazm ait su éviter d'en faire une marque de fabrique, qui se serait révélée trop réductrice. Mucho Mojo restera sans doute comme un des emblèmes de l'album : intro très Far-West, blues-rock sur lequel Pierrick pose une voix profonde et narrative ... avant de revenir pour le refrain au metal déjanté. On notera la présence d'une reprise de Damage Inc. de Metallica. Bien fichue, mais elle reste sans doute trop proche de l'original pour apporter véritablement quelque chose.

Alors qu'est-ce qui ressort de tout ça ? Du bon, du très bon même, et des rythmiques qui sont un vrai plaisir. Mais on n'éprouve pas le même saisissement qu'avec Antebellum Death'n'Roll, pas de renouveau important ni de bond en avant, mais quand-même la confirmation d'albums de qualité. En résumé, pour ceux qui ne sont pas encore accro à Phazm, foncez, mais intéressez-vous aussi aux deux précédents opus sur lesquels vous trouverez de vraies pépites. Pour les déjà fans, laissez passer les premières écoutes peu marquantes et prenez le temps de retrouver et d'apprécier tout le « southern flavour » de la musique de Phazm.

A écouter : Love Me Rotten (Love Me True), Strange Song, Welcome To My Funeral, Mucho Mojo, The End