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Biographie

Pennywise

Jim Lindberg: Chant
Fletcher Dragge: Guitare
Byron McMackin: Batteur
Randy Bradbury: Basse

1988, Hermosa Beach (Californie). C'est sous ce cadre plus qu'enchanteur que 4 copains décident de créer un groupe ayant pour nom le célèbre clown, née du cerveau de Stephan King: Pennywise. Jim Lindberg (Chant), Fletcher Dragge (Guitare), Jason Thirsk (Basse) et Byron McMakin (Batteur) n'ont pas eu pour base, le Skate-Punk ravageur que nous connaissons depuis. Leur première démo, en effet, se composait plus de chansons assez lentes, mais la recette prit, et nous nous retrouvons donc avec les prémices de Pennywise. C'est ainsi qu'en 1989, A Word From The Wise leur ouvre les portes d'Epitaph Records, petit label à l'époque (Cette démo ne sera distribuée qu'à partir de 1992 ). Mais ce ne sera que 2 ans plus tard que le groupe explosera aux yeux du public, dans un skeud ravageur, rangé soigneusement sous une jaquette au sigle reconnu de tous de nos jours. Un Skate-Punk ravageur, rapide, sans concession et aux mélodies efficaces qui offre à ce jeune groupe une certaine renommée. Ils continuent leur petit bonhomme de chemin en sortant en 1993 et non sans soucis ( Jim quitte peu de temps le groupe, reprochant aux membres de ne pas être assez ambitieux ) Unknown Road. Une galette plus mature, plus lente et plus mélodique, l'excellente chanson éponyme témoignant de cette évolution.
Le fait que le groupe participe à énormément de vidéos de skate et de Surf leur apporte une assez grande notoriété et leur permis en 1995 de faire écouler à plus de 200.000 exemplaires le 3ème opus du groupe, About Time. C'est ainsi que Pennywise devint un des leaders de la scène Punk-Rock californienne, ne perdant rien de son énergie et de sa créativité au fil des ans. Tout ça, c'était avant le drame ...
Eté 1996, le bassiste et fondateur du groupe, Jason Thirsk, mit fin à ses jours. Ses problèmes d'alcools le rongeant depuis trop longtemps. Au lieu de signer la mort du groupe, les Californiens repartent de plus belle, dans le but de rendre hommage au défunt. Pour ceci, ils recrutent Randy Bradbury, qui avait déjà joué à l'époque pour Pennywise (après le Self-Titled).

C'est ainsi que sort en 1997 Full Circle, un album faisant principalement référence à leur ami. (En effet, la moitié des chansons le concerne, sans compter la chanson clôturant la galette, "Bro Hymn Tribute". A noter par ailleurs l'intervention au chant du frère de Jason, leader du groupe 98 Mute ) Le style change aussi radicalement. Plus rapide, plus sombre. Les lyriques ont de même perdu leur côté optimiste. Il s'agit de l'un des meilleurs opus du groupe. Cette renaissance se confirme en 1999 avec "Straight Ahead" rencontrant un succès encore plus grand et permettant au groupe de reprendre des couleurs.

Pour l"an 2000, ils signent enfin leur premier live, "Live At The Key Club", enregistré dans une petite salle de 600 personnes à Los Angeles. Rien ne changera en 2001, avec Land Of The Free, si ce n'est des paroles qui se veulent désormais plus engagées politiquement. Pennywise a trouvé une nouvelle voie. Le groupe sortira From The Ashes, deux ans plus tard, The Fuse en 2005 et Reason To Believe en 2008.

13.5 / 20
5 commentaires (14.9/20).
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Reason To Believe ( 2008 )

Neuvième album pour ce dinosaure du punk-rock qu'est Pennywise! Reason To Believe, un album dont il est beaucoup question du fait de sa sortie chez Myspace Records et de son téléchargement libre et gratuit (dans un premier temps seulement et sans les bonus tracks qui sont payants), Epitaph se chargeant par la suite de la distribution européenne des cd et vinyls. Un procédé qui est loin d'échapper au "music business" : beaucoup de bruit pour rien somme toute. Quant à la qualité musicale?

Pennywise égal à lui-même, Pennywise fait du Pennywise, reprenant cette même recette qui fait son succès depuis dix ans et sur laquelle il est inutile de revenir puisque tout le monde la connaît par coeur. Il faut admettre que les vieilles recettes ont du bon car l'album comporte quelque titres très réussis, que l'on fredonnera sans peine lors d'un futur concert ("One Reason", "Confusion", "The Western World"). Néanmoins, l'ensemble plutôt moyennement inspiré, s'écoute sans que l'on y prête une réelle attention, agréable en ambiance de fond, easy listening...Reason To Believe a le goût familier des friandises de l'adolescence dont on s'est gavé avec délice mais qui avec le temps perdent leur saveur acidulée.

Un album ni bon ni mauvais, sans surprise, prévisible. Du Pennywise qui ravira sans doute les inconditionnels et engendrera chez les autres une moue résignée car il n'y a aucune raison de croire que cela évoluera un jour.

Track-list : 01. As Long As We Can ; 02. One Reason ; 03. Faith And Hope ; 04. Something To Live For ; 05. All We Need ; 06. The Western World ; 07. We'll Never Known ; 08. Confusion ; 09. Nothing To Lose ; 10. It's Not Enought To Believe ; 11. You Get The Life You Choose ; 12. Affliction ; 13. Brag, Exagerate & Lie ; 14. Die For You.
Bonus Track : Just One More Day

A écouter : One Reason, Confusion, The Western World
17.1 / 20
6 commentaires (16.67/20).
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Unknown Road ( 1993 )

Si cela ne tenait qu'à moi, la chronique d’Unknown Road de Pennywise serait très courte et ne se tiendrait qu’à l’essentiel : album culte. Rien d’autre à dire. Avec ce deuxième album sur Epitaph, Pennywise signe l’album référence d’une génération entière, l’album aux perles. Rien à jeter, tout y est. La fureur de la jeunesse, la pointe de désinvolture, le côté sombre du soleil de Californie. Tout comme d’autres groupes du coin avant (The Circle Jerks, Black Flag, The Descendents, Bad Religion), Pennywise pose son style dans  le punk hardcore californien et s’impose leader d’une époque.

Déjà, le sample d’intro de piano est à lui seule une pièce unique. Ce piano mélancolique qui sera repris plus tard pour la chanson cachée de Full Circle et qui ouvrira plus tard chaque concert du groupe. Ensuite, une succession d’hymnes s’enchaîne, sans temps mort. Tout avec d’abord Fletcher Dragge, à la guitare, qui balance les premières notes agressives de la chanson éponyme "Unknown Road". Une guitare tranchante tout au long de l’album, mélange de tous les restes d’influences de son maître. Le chant de Jim Lindberg s’emballe, mélodieux et souple, toujours parfaitement placé ("Tester", "Try to conform"). Véritable marque de fabrique du groupe, il contrebalance l’agressivité des six cordes. La batterie de Byron McMackin est sans égale, rapide et bondissante, régulièrement en apnée. Mais en feu d’artifice permanent. Jason Thirsk s’occupe discrètement de la mélodie de base avec sa basse au toucher subtil, tout en rondeur. L’intro de "Time to burn" et la ligne de "City is burning" en sont les preuves mêmes.
La recette fonctionne à la note près, les chansons ne sont que plus grandes grâce à de nombreux petits charmes : citons les petits solis de guitares qui allégent souvent les compositions sur de brefs passages ("Time to burn", "Vices", "Dying to know"). Cette dernière sait aussi se faire plus sauvage quand les larsens s’échappent ("It’s up to me"). Ou quand elle mord la mélodie ("You can Demand"). Byron, de son côté, ose frapper lourdement les cymbales comme chez ses voisins plus à l'est ("Tester") ; en effet, les compositions de Pennywise sont doucement imprégnées d'un peu de la rugueur du NY hardcore.
Les paroles de Jim Lindberg trouvent donc le ton parfait. Textes engagés (violence urbaine pour "Homesick" "City is burning", drogue pour "Vices") mais gorgés de métaphores, les sens cachés et la subtilité de mélangent au plus haut niveau quand la philosophie s’invite ("Unknown Road", "Time to burn", "Dying to know", "Give and get"). Embarqués par un débit soutenu, le rythme des mots fait mouche à chaque coup. Le message passe, soutenu quand il faut par des chœurs ("Give and get", "Try to conform"). Et vient malheureusement l’explosion finale avec "Clear your head", ses samples radio, une basse qui file sur les aigus et cette batterie qui donne des coups de massue. La performance est close de la même manière qu'elle commença. A 200 à l'heure.

La production de Donnel Cameron (ingénieur son en maître des premiers albums d’Epitaph (Bad Religion, NOFX) et de Fat Wreck (Lagwagon)) est à la hauteur de ce bijou, assez brute pour que l’agressivité de la musique du combo d’Hermosa Beach soit pleinement restituéee. Sans sacrifier la mélodie. Toute une époque.
D’ailleurs, laissez bien le Cd s’écouler  jusqu’au bout car la piste cachée n’est pas en reste. Bref, la volonté première était de faire court mais on se rend compte que l’on pourrait parler pendant des heures de cet album, accroché à ce dernier comme les trois hommes enchainés sur la pochette. Je m’arrête en vous assurant, qu’après avoir découvert le punk rock avec Unknown Road de Pennywise, vous devenez très difficile…

A écouter : tout, de suite, trs vite!