Biographie

Pendulum

Pendulum, ce sont trois gars venus tout droit de Perth (capitale perdue de L’Australie Occidentale) et qui, depuis leur formation en 2002, ne cessent de faire monter le buzz dans le monde de l’Electro, et même au-delà. Pour faire simple, le trio est désormais considéré comme un des mastodontes de la Drum & Bass. Délocalisés en Angleterre depuis 2003, les australiens ont à leur actif un seul album de leur composition, Hold Your Color sorti en 2005, et un nombre important de collaborations, mixes et remixes compilés ou sortis sous la forme d’EP. Plus récemment la formation s’est étoffée, enregistrant l’arrivée de musiciens live qui confèrent à leurs prestations un coté toujours plus Rock’n Roll.
Le nouvel album, In Silico, porteur de nouveautés, est sorti en Mai 2008.

9.5 / 20
14 commentaires (15.04/20).

Immersion ( 2010 )

Un supens savamment entretenu à coups de teaser montés au poil, alléchants comme une pâtisserie en vitrine un dimanche après midi, car inaccessible. Puis deux véritables extraits. Assez déroutants pour ne pas dire décevants car un peu faciles bien qu'assez plaisants (Watercolour). Du coup ce n'est plus tout à fait la même histoire au moment d'enfourner la bête dans le lecteur. L'enthousiasme pré et post-In Silico fait place à une inquiétude qui va avoir du mal à s'en aller. La faute à une formation qui vient tout simplement de se prendre méchamment les pieds dans le tapis.

Genesis. Même procédé introductif que sur Hold Your Colour à peu de choses près. Enlevez le texte, rajoutez y du bling-bling vaguement électro. Salt in the wounds, dont on se souvient avoir entrevu l'énorme break sur un teaser prometteur lâché en Janvier, enchaine. Les promesses sont là, le break aussi. Dissolus au milieu de sept minutes de DnB un peu flemmarde gavée d'effets qui se seraient surement révélés bien plus percutants si seulement on pouvait sentir que le groupe voulait insuffler une direction à un morceau trop long. A ce stade Immersion est encore loin d'avoir dévoilé toutes ses surprises. L'évidence tombe vite: Pendulum va continuer ici d'arrondir les angles, de gommer les aspérités pour tendre vers quelque chose de plus mainstream. Mais cette fois ça s'annonce mal, très mal.
In Silico avait pourtant démontré avec brio que c'était chose possible. Tout avait été une affaire de proportions et d'équilibre(s) entre Drum&Bass et élans Rock fm plutôt très bien gérée. Mais voilà, plus Immersion avance et plus la place laissée au doute s’amenuise. Pendulum est uniquement en train de noyer ce qui faisait toute la force de sa musique sous des litres de guimauve mêlée de strass. Faute de prises (de risques), on décroche et, honnêtement, le combo semble lui aussi bien perdu. De titres comme Set me on fire, pétard mouillé aux relents Dance 90 rance, complétés de tentatives Dubstep flamby et d'un featuring reggae/ragga mou du gland à d'autres comme The Island Pt.I(Dawn), catastrophe pour clubber aussi inspirée que du David Guetta tout juste rattrapée par une Part.II (Dusk), bien plus honnête mais qui ne cesse de grimper avant de se heurter de manière inexplicable à un invisible plafond de verre au moment de décoller définitivement, on assiste impuissant à l'effondrement d'une identité musicale. On pourrait aussi citer Comprachicos, sorte de face B d'In Silico mais du coup complètement paumé sur Immersion, Encoder, hymne officiel en puissance d'une prochaine coupe du monde (imaginez les enfants rayonnants, des stars internationales du foot, des sourires, des ralentis et un logo Coca Cola... vous y êtes) ou Self vs. Self, l'horrible duo avec In Flames (wtf?) qui, forcément, chouine beaucoup (trop) sur fond de grosses guitares. Le pire étant peut être qu'avec le recul, malgré cette accumulation de handicaps ce n'est même pas le plus mauvais titre de l'album.

Restent heureusement quelques moments de lucidité au milieu de cet étourdissant raté: Liam Howlet (Prodigy) vient sauver la première partie du disque du naufrage intégral en offrant avec Immunize une grosse mandale (la seule digne de Pendulum à ce stade de l'écoute) qui devrait en faire disjoncter plus d'un en live sur la route des festivals. Steven Wilson (Porcupine Tree) amène toute sa délicatesse vocale et, contre toute attente, un peu de stabilité à une musique qui ne sait plus ou se poser au cours d'un featuring (The fountain) qui s'avère étonnement bon - dans son style - et qui, en comparaison du naufrage autotuné que représente 70% de l'album joue un peu le rôle d'une oasis en plein désert. Quelque part entre l'hallucination et l'ilot de vie salvateur. Forcément quand la musique flanche on fait un peu plus attention au reste. Dommage pour Rob Swire qui n'a jamais été un grand vocaliste. The vulture tire aussi son épingle du jeu: Là ou le style de Warlords Rising est synonyme de retour efficace mais qualitativement en demi-teinte pour Prodigy, la recette fonctionne à bloc pour un Pendulum en perdition.

En bref, Immersion ça brille sans profondeur, c'est un album en toc qui monte en pic vers la médiocrité. Le son est plat et la dynamique s'en est allée. Le disque va surement trouver son public mais pour peu que vous soyiez un peu exigeants... circulez, y'a plus rien à voir (pour l'instant). Quitte à secouer ses fesses sur de la DnB estampillée London, autant ressortir les classiques de la fin des années 90 ou encore les petits nouveaux qui montent. Mine de rien Pendulum en était il y a quelques années. En espérant que cette dernière phrase ne reste pas éternellement à l'imparfait, pour le coup, le seul constat qui s'impose est bien celui d'un échec retentissant.

A écouter : L'avant dernier paragraphe.
16 / 20
5 commentaires (18.2/20).
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In Silico ( 2008 )

2008 marque le grand retour de Pendulum, les surdoués australiens de la Drum & Bass désormais relocalisés Outre Manche et ayant depuis entièrement intégré d’autres musiciens au groupe autant lors des phases de composition et d’enregistrement que durant leurs énergiques concerts. Bref la famille Pendulum s’est agrandie. Des évolutions aisément constatables qui, sûrement, ont du amener la formation vers quelques changements déjà annoncés à demi mots plusieurs mois avant la sortie de ce second opus.

A peine In Silico lancé, la réaction ne tardera pas à se faire sentir : Pendulum a indéniablement changé. Ce n’est qu’une demi surprise, il est vrai, mais une surprise tout de même. Reste à définir si elle est bonne ou, au contraire, mauvaise et synonyme de déception. Dès Showdown, qui ouvre l’album, on note la persistance du synthé (une des réussites de Hold Your Color) mais déjà on sent que les choses ne sont plus les mêmes. Les cordes se font plus présentes et surtout le son « tape » moins. Assurément le contrecoup du choix d’évoluer en formation « classique »… Cependant au fur et à mesure que le titre avance on sent revenir les sensations propres à ce groupe qui jusqu’alors alignait les sonorités qui font mouche avec une facilité et une cohérence déconcertantes. Ce n’est pourtant qu’à moitié convaincu que l’on poursuit l’écoute, déjà à la recherche (vaine, on peut déjà l’annoncer) d’un Tarantula bis. Different, Propane nightmaresMidnight runner et autres 9,000 miles défilent et toujours rien. Arrivés en bout d’album, même prévenu, le coup est dur à encaisser. Malgré/grâce à quelques instants de grosse folie dans le plus pur style de Pendulum cet album dérange : pas vraiment convaincant à la première écoute mais néanmoins impossible à juger aussi promptement que son prédécesseur. Pendulum n’est pas n’importe quelle formation électro et il est impossible qu’ils aient sombré si vite après avoir fait montre de tant de talent. Alors on relance l’album une nouvelle fois pour réécouter et comprendre, et encore, et encore… Et encore. Parce qu’en fin de compte ce In Silico s’avère être… une bombe.
Une fois résigné à ne pas entendre ici un Hold Your Color deuxième du nom (et heureusement), force est de constater que cet album foisonne de tubes et de trouvailles. Moins direct mais plus « facile » et encore plus accessible, Pendulum prend le parti des ambiances au détriment des beats hypnotiques. Beaucoup plus Pop dans son approche (The other side) le groupe dynamite toujours plus les normes régissant les sonorités de la famille musicale dont il est issu, allant même jusqu’à faire disparaître les rythmiques typiques de la Drum & Bass sur plus de la moitié de certains titres pour mieux faire monter la sauce sur un final à rendre fou (le monumental et très électro rock – sauce Pendulum - The tempest de fin d’album) ou tout simplement laisser la place à leurs rêveries électroniques (Visions) ou à de nouvelles expérimentations: percussions sur Midnight runner, intro à la batterie limite Mansonienne (version The beautiful people) et solo de guitare bidouillé pour Mutiny). Pas un titre pour se ressembler. Pas un seul non plus pour que l’on puisse dire sans retenue qu’il est franchement dispensable Le souci du détail et le travail abattu sur les orchestrations est impressionnant. Ainsi Pendulum ne s’est pas moqué du monde en étoffant son lineup. C’était bien plus qu’un effet d’annonce ou un caprice d’enfant gaté.

Bien sur tout cela reste très fortement influencé par l’univers Drum & Bass, loin d’être délaissé finalement, et les sonorités restent à part, plutôt hors du monde du rock. Le génie de composition  de Pendulum rencontre ici le soucis de mélodie et d’accessibilité de FatBoy Slim avec, encore une fois, ces relents de Prodigy dans l’inspiration et les aspirations à la création d’une musique hybride et dansante. Si Hold Your Color était un ado impétueux, In Silico montre qu’il a bien grandi depuis. Pendulum est toujours le même au fond mais affiche une sagesse nouvelle et une grande maîtrise. Et tant pis pour ceux qui diront que le groupe s’est fait ouvertement plus commercial et a composé cet album pour faire de l’argent. De la musique « commerciale » de cette qualité on en voudrait bien plus souvent.

A écouter : The tempest, Midnight runner, Showdown, Propane nightmares... tout!
16 / 20
6 commentaires (13.83/20).
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Hold Your Colour ( 2005 )

Mise en situation : Nous sommes en 2005 et cela fait une quinzaine d’années que la Drum & Bass (ou Jungle, bien que certains considèrent ces deux courants comme indépendants) a déferlé de Grande Bretagne. DJ Hype, Dj Krust, Shy Fx, Goldie ou encore Roni Size sont des maîtres du genre et on compte leurs fans par millions dans le monde de l’Electro. Quelques formations comme Asian Dub Foundation ont su populariser le style hors de sa fanbase via divers métissages musicaux et on assiste depuis quelques années à l’émergence de nouvelles formations de talent (High Contrast, Future Prophecies, Big Bud…).

Pendulum est de celles-ci. S’étant notamment fait connaître par leur single Slam et par un excellent remix du Voodoo People de Prodigy, le trio débarque en 2005 avec son premier album studio. Autant le dire tout de suite, c’est une Drum & Bass de haute volée que nous servent les australiens, épaulés par de grands noms de la scène, sur leur Hold Your Colour. Et mine de rien ce fameux remix de Prodigy préfigurait pas mal de ce qu’allait être Pendulum sur ses propres travaux. Le choix même du groupe, à la croisée du Big Beat, du Punk et du Hip Hop révélait déjà la nature des aspirations musicales de Pendulum (pour les anglicistes : « an electronic Led Zeppelin, a crunked up Soundgarden, Tool meets Timbaland, combined with the synthetic aggression and sonic purity of the original Pendulum sound » - sur leur Myspace).

Pendulum fait incontestablement de la Drum & Bass mais est très loin de faire dans le réchauffé ou de simplement proposer une vague soupe Electro à 180 BPM. Les codes du genre sont incontestablement là (MC’s, basses graves, rythmique caractéristique) mais le groupe a clairement son son propre et le montre dès la seconde piste de l’album: Slam, hit en puissance et véritable bombe Electro qui sera pour beaucoup dans le succès de l’album. Le son est gros, le beat imposant et à faire pâlir le fan de Hip Hop US mainstream et la mélodie au synthé qui vient se poser sur ces bases déjà hyper solides finit de faire s’emballer la machine et d’emporter l’auditeur.

A partir de ce moment l’album s’écoutera d’une traite ou ne s’écoutera pas, et la variété d’ambiances qu’est capable d’apporter le trio australien à ses productions y est pour beaucoup. En effet là est la grande force de cet album : quatorze pistes, treize chansons à part entière, et une intro. Ici pas d’impression de déjà vu malgré un son aisément reconnaissable de la première à la dernière seconde du CD. Pas de schéma type et préétabli chez Pendulum. Le groupe se laisse aller à ses envies à l’image de l’enchaînement Sounds of Life / Girl in The Fire / Tarantula où l’on passe de deux titres légers, dansants et frais (notamment grâce à la mise en sourdine des velléités les plus agressives du groupe, à la participation de Jasmie Lee sur l’un et à des samples de guitare sèche sur le second) à un énorme titre Ragga/Drum & Bass écrasant et abrasif à souhait. Jouissif. On pourra aussi citer un Another Planet ne cessant d’aller crescendo avant de redescendre sur la fin comme pour annoncer la fin du voyage sur un Still Grey final éthéré et assez irrésistible ou encore Through the loop qui ne sera pas sans rappeler quelque peu l’énorme Snapshots 3 de Roni Size.

Energique, contemplatif, jumpant, imposant… sont autant d’adjectifs qui conviendraient parfaitement à cet album varié qui, partant de bases connues, n’hésite pas à jongler entre gros son, accalmies planantes un tantinet House Music, ou feeling Rock en alignant les featuring de qualité, les mélodies qui font mouche et les samples judicieux.
A écouter de toute urgence pour les amateurs étant passé à coté, fortement conseillé aux curieux et à ceux qui penseraient encore que l’Electro se résume à la Makina (à ne pas confondre avec les excellents français de X Makeena) et à la bande son des réunions de tunning.


Le clip de Slam sur Youtube.

A écouter : Tarantula, Slam, Hold Your Colour, Sounds of Life