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Biographie

Parade Ground

L'histoire de Parade Ground débute en 1983 lorsque Pierre et Jean-Marc Pauly décident de matérialiser leurs inhibitions sur le plan musical. Leurs efforts sont repérés par Patrick Codenys et Daniel Bressanutti (Front 242) qui produisent le premier ep en 1983 chez New Dance. C'est le début d'une collaboration de longue durée.
En février 1984, le duo sort un nouvel ep intitulé Man in a Trance, plus axé post punk suivi de Moral Support/Took Advantage avec Flo Sullivan. Il faut attendre 1988 pour que Parade Ground sorte enfin son premier album Cut Up. Mais le groupe entre en stand by peu après. Les frères Pauly trouveront tout de même le temps de concrétiser leur proximité avec Front 242 en participant aux deux albums 06:21:03:11 Up Evil and 05:22:09:12 Off.
Le duo refait surface en 2004 lors du 3° Belgian Independent Music Festival.

Chronique

Rosary ( 2007 )

Artisans de l'ombre de Front 242, les frères Pauly rechaussent leur bottes de sept lieues vingt ans après leur dernière expérience vinylique. Hormis quelques bribes çà et là ("In the Line of Fire", "Stutter"), Parade Ground délaisse les atmosphères déhanchés des dance floors du seigneur belge de l'EBM pour se lancer dans l'obscur, le clinique, le froid, le cryogénique avec les trente plages de glace qui composent ce Rosary. On y retrouve cette atmosphère industrielle que l'on pensait perdue, noyée dans les affres métal. Quelques beats échappés d'une, désormais, improbable manufacture sidérurgique ("Snail's Burial") suffisent à redonner au genre des raisons d'espérer. Parade Ground instaure une atmosphère minimaliste, bruitiste, faisant entrer la musique industrielle dans le troisième millénaire sans pour autant la dénaturer. Très rapidement notre esprit est éclairé par des flashes émanant de Kollaps (Einstuerzende Neubauten), Proven in Action (Test Dept) ou même Le Syndicat pour cette manière d'éclater les structures, tout en maintenant une certaine finesse. Car derrière ce maelstrom en apparence hermétique, cette carapace, vient s'immiscer une nappe caverneuse évocatrice d'une ambiance plus feutrée dans le genre de Depeche Mode ou Nitzer Ebb, parfois éraflée de quelques parties de guitare à la teneur inorganique rappellant un Killing Joke des temps modernes ("Rosary XIII", "Fight Time"), qui tempère un peu l'aridité sans toutefois ébranler l'édifice.
Rosary est aussi et surtout un projet artistique très ambitieux ponctué d'interludes fil rouge dénommés "Rosary I-XV". Quinze épisodes, quinze oraisons, dont le nombre n'est peut-être pas anodin si l'on se réfère aux Quinze Mystères du Rosaire de la religion catholique popularisés au XVIe siècle et répartis en trois groupes, la joie, la gloire et la douleur, qui exacerbent cette dimension sépulchrale déjà omniprésente par le choix d'un chant quasi incantatoire et décharné. Sans agression, sans brusquerie, Rosary imprègne l'espace, envahit l'atmosphère, utilisant le moindre recoin, la moindre parcelle d'oxygène, tout concourant à donner et à faire ressortir une impression malsaine, premières manifestations du malaise et de la paranoïa. Esthétisme de la nausée...

Engoncé durant une heure et des brouettes dans un halo brumeux, l'émersion est rude, brutale, le silence qui suit, assourdissant. Certains auront peut-être du mal à parvenir au bout de ce parcours mais Parade Ground démontre définitivement que la musique n'est pas et ne doit pas être un produit de consommation courante, calibré et formaté.

Tracklist : Rosary I - Windfall - Rosary II - In The Line Of Fire - Rosary III - Snail's Burial - Rosary IV - Happy At All - Rosary V - Naked - Rosary VI - Breath - Rosary VII - Another Week - Rosary VIII - Europe Side Down - Rosary IX - Beads - Rosary X - Cross - Rosary XI - Stutter - Rosary XII - Calvary - Rosary XIII - Fight Time - Rosary XIV - Three Faint Fires - Rosary XV - Immaculate

A écouter : d'une traite