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Biographie

Parabellum

Line-up actuel :
Schultz : Chant, Guitare
Sven : Guitare, Chœurs
Oliv’ : Basse, Chœurs
Xa’ : Batterie, Chœurs


Dans un univers musical où rock ne rimait aux yeux du grand public qu’avec Téléphone, tout un tas de groupes élevés aux consonances punk de la fin des 70s émergent. Parmi eux, Les Rats, Ludwig Von 88, les incontournables Bérurier Noir et donc Parabellum, vont former dans ces musicalement tristes années 80, ce qui sera la scène Rock Alternative.

Après avoir bourlingué au sein de formations diverses : GTI’s, Ex-Babies, Electrodes, DKP, les Ferrailleurs, les Porte-Mentaux… Schultz (Chant&Guitare), Roland (Basse) et Géant-Vert (Paroles) forment en cette année 1984 une nouvelle entité. Un nom emprunté à un slogan écrit sur un T-shirt du Géant-Vert et Parabellum entre en piste. Cambouis les rejoint un peu plus tard derrière les fûts, et les premiers enregistrements « sérieux » débutent. Au grès des indisponibilités et humeurs de chacun, de nouveaux membres jouent les intérimaires en concert ou en répétition, parmi eux Riton (futur Garçons Bouchers) ou Jean-Luc des GTI’s. C’est début 1985 que le groupe prend son envol avec la sorti de son premier EP chez Gougnaf : On est gouverné par des Imbéciles.
Dans les mois qui suivent sont écrits et composés quelques classiques du  groupe comme « Ilot d’Amsterdam », « Cayenne » ou « L’amour à 45km/h », période inspirée car le groupe à la recherche d’un second guitariste recrute d’abord Kemar puis Sven (Porte-Mentaux) en tant que second guitariste.

Première télé et nouveau line-up – Patrick (DKP, Desperados) remplace Cambouis – pour l’année 1986, et nouveau maxi chez Madrigal en 1987. Quatre garçons dans le brouillard et sa pochette made in Vuillemin est le premier succès du groupe, qui entamera une longue série de concerts, dont un printemps de Bourges en compagnie des Bérurier Noir. Malheureusement alors que la machine est lancée, Géant-Vert jette l’éponge. Condamné à écrire ses propres textes la formation n’est pas en reste et pond dès l’année suivante deux petits bijoux avec le fameux « Anarchie en Chiraquie » et le déjanté « Saturnin ».
Il faudra attendre 1990 pour voir la formation entrer de nouveau en studio, cette fois les textes se font en collaboration de Kick (Strychnine). L’album Parabellum sort la même année chez Just-in (racheté par la suite par Fnac-Music), mais à cause d’un pressage dégueulasse – et d’une mise en retrait de la voix sur la galette - l’accueil qui lui est réservé est plus que mitigé. Qu’à cela ne tienne, malgré une promo inexistante, le combo se relance grâce à ce qu’il sait faire de mieux : les concerts.
L’année suivante, la bande fait tout pour quitter la major et obtient gain de cause pour la fin d’année 1991. Toutefois, et malgré de nouveaux enregistrements dans une ambiance rigolarde, et une nouvelle tournée outre-atlantique, le groupe décide de se séparer et donne un intense concert d’adieux aux foufounes électriques de Montréal, nous sommes le 17 Juin 1991.

Pendant 5 années chacun joue de son coté : Sven dans Gas Gas Gas, Patrick et Shultz dans les Tontons Flingueurs, Roland avec les Rats. Et c’est en 1997 que réapparaît la petite troupe, avec une tournée et un live enregistré dès le premier concert à Marmande : le Post-Mortem live.
Les dix années suivantes sont le théâtre de sortie avec une régularité inimaginable dix ans auparavant : Bordel Inside en 1999, Bunker en 2002, Panem, Circenses and Rock'n'roll en 2005, et Si Vis Pacem en 2007. Entre temps Oliv’ remplacera Roland à la basse (1998), les textes seront écrit en compagnie de Piero Sapu (BB docs), Saï Saï, Svinkels  ou encore Reuno (Lofofora) et suite au décès de Z – remplaçant de Patrick – Xa’ intégrera le groupe en 2004.

Chronique

Si Vis Pacem ( 2007 )

Ce n’est pas après 25 ans de carrière que l’on change une formule bien établie. Ainsi, l’arrivée de ce 8eme album dans la carrière de Parabellum, ne prétend aucunement à une quelconque révolution musicale. Toutefois, un titre avec tant de signification – Si Vis Pacem est extrait de la citation « Si Vis Pacem Parabellum » (si tu veux la paix, prépare la guerre) ayant donné le nom du groupe – engendre forcement une importance toute particulière pour la galette. Continuité, seconde vie ou synthèse ? Il n’en reste pas moins 11 titres naviguant toujours entre un rock alternatif dérangeant et un punk revendicatif de la première heure.

On ne s’y trompe pas, dès les premiers instants du disque, cette dualité est bien présente : Schultz interpelle directement l’auditeur par un « Allez viens gamin, faut qu’on cause » Phrase lourde de sens en ouverture de « Comme un Héros »  - ou l’histoire d’un gamin rejeté - mais également d’un disque où ne cesseront jamais d’être déversés rage, griefs et ironie.
Si musicalement l’ensemble apparaît toujours aussi simpliste, la production très présente signée Bruno Preynat (Mickey 3D) offre des sonorités inhabituelles. Le son semble plus propre, les passages saturés moins puissants ; et à contrario, les passages calmes / mélodiques et pistes utilisant une guitare acoustique,  prennent une dimension rarement atteinte, tel le nostalgique « Noir sur Bleu » ou le surprenant « Bang Bang » (communément chanté par Nancy Sinatra) Habitué aux reprises de titres français d’une autre époque : le chant traditionnel « Cayenne », ou le « A Saint-Lazare » d’Aristide Bruant, Parabellum s’exécute donc une nouvelle fois, mais innove en piochant dans le répertoire anglo-saxon. Grâce à la voix rauque de Schultz, qui contraste allègrement avec celle de la fille du père, le titre surprend ; cependant il n’atteint pas le niveau de la version des 70’s ni même celle, très récente, de The Raconteurs.
Pour le reste, on retrouve inévitablement les formules souvent utilisées dans les années 80 : tantôt rapides « Le Boxon » à la Ludwig, tantôt hachées « J’ai Ramassé » à la Bulldozer ou tout simplement Rock’n’Roll « C’est Pas Gagné » Si elles ne sont pas aussi inspirées qu’un « Ilot d’Amsterdam » ou un « Anarchie en Chiraquie », elles demeurent très efficaces et accrocheuses, autant par la musique que par des textes plutôt osés.
Malgré certains mots étonnement actuels (Reuno de Lofofora est passé par-là) on retrouve la touche Parabellum. Derrière le phrasé habituel, les idées n’ont pas changé : entre drame « Comme un Héros », récit de rixe «J’ai Ramassé », abus des médias « Pourquoi Tu T’inquiètes ? » , politique exagérément utopiste « Le Boxon » ou encore hommage à la musique « Tant Qu’il y Aura des Watts » ; il faudra attendre l’avant-dernière piste « Sale Gueule » pour être un quelque peu dépaysé. Cette curieuse, mais pertinente, critique du paraître dépeint le choix entre changer son physique ou assumer et encaisser le poids des années.

Et c’est ainsi que l’on pourrait définir les choix de carrière de Parabellum. Après avoir bourlingué, lutté, pris des coups, et avoir été marqué, la formation aurait pu – comme bon nombre – opter pour un changement radical afin de rentrer dans un moule plus vendeur. Seulement les Parisiens ont fait le choix, quitte à paraître parfois répétitif, de rester fidèle à une idéologie, une ligne de conduite qui leur a permis d’en arriver là, et ce Si Vis Pacem en est la preuve.

A écouter : "Noir sur Bleu", "Pourquoi Tu Tinquites ?", "Sale Gueule"