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Biographie

Panzerballett

Jan Zehrfeld, guitariste de Jazz de formation classique, se rend compte en 2004 qu’il est « toujours en colère envers quelque chose », et que sa musique est son exutoire. Il créé Panzerballett pour jouer du Jazz-Metal et mettre en forme cet exutoire.

Un premier album, éponyme, voit le jour en 2005, rapidement suivi d’une tournée de laquelle sera tiré un live. L’album contient des compositions originales mais aussi des reprises réarrangées en Jazz-Metal. Panzerballett gardera l’habitude des reprises pour les albums suivants.
Starke Stüke sort en 2008, et ouvre à ses auteurs les portes de différents festivals, tant côté Jazz que côté Metal. L’année suivante, les Allemands publient Hart Genossen - From Abba To Zappa, axé sur des réarrangements de titres des artistes susmentionnés.

En 2012 le groupe sort Tank Goodness suivi d’un live l’année suivante. Le batteur du groupe de Death Technique allemand Obscura rejoint la formation après la parution de Breaking Brain en 2015. Panzerballett dévoile en 2017 l’album X-Mas Death Jazz, qui transpose leur musique déjà folle en chansons de Noël.

Le groupe n’a pas eu un line-up très stable mais est resté axé sur Jan Zehrfeld à la guitare soliste. Aujourd’hui, Panzerballett est aussi composé de Heiko Jung (basse), Sebastian Lanser (batterie - Obscura), Joe Doblhofer (guitare rythmique), et Alexander von Hagke (saxophone).
Panzerballett est connu pour ses concerts décalés (Jan Zehrfeld a par exemple pour habitude de porter une perruque rasta en câbles électriques) et l’humour dégagé dans ses chansons (soit via le titre de celles-ci, soit à travers les paroles lorsque le groupe invite un vocaliste).

Chronique

X-Mas Death Jazz ( 2017 )

Alors oui, j’en ai déjà parlé l’an dernier ici. Mais la période oblige, au fil de l’ouverture des cases de mon calendrier de l’avent, la tentation de réécouter ce Noël Mort Jazz est revenue, par surprise. En fait, l’album est une curiosité que j’avais apprécié sans pour autant me dire que j’y retournerai. Et pourtant, un an plus tard, je ressors mon sapin en plastique, mes guirlandes kitsches, et Panzerballett au passage.

Et quel régal ! Les Allemands nous proposent donc un alliage entre du gros Metal djenty, du Jazz Fusion, du Rock Prog old school, un soupçon de Funk, et tous les ingrédients des chants de Noël (cloches qui tintent et tout ça) ; un mélange forcément idiot dans sa conception, mais tellement bien branlé dans sa réalisation que la blague fonctionne, en fait. D’ailleurs, tout l’album joue sur ça, et fait ressortir ce côté « c’est drôle et bête mais on fait ça bien », cet aspect décalé mais réfléchi, en jonglant entre les moments de virtuosité musicale (sur ce soit par un lead de saxo ou un grosse polyrythmie bien technico-progressive) et les instants de fun et de WTF (le « chant » de Little Drummer Boy, les paroles de Rudolf, The Red-Nosed Reindeer, ou tout simplement le clin d’œil dans le nom du titre For Whom The Jingle Bells Toll). Cette dichotomie rend l’écoute étonnamment facile et agréable, pour un disque au contenu musical aussi complexe, et c’est sûrement la plus grosse réussite de X-Mas Death Jazz.
On notera la présence de chant sur quatre titres sur huit (cinq, si on compte Little Drummer Boy), ce qui aide aussi à encaisser facilement l’album en réduisant l’effet « pavé instru relou pour prog-snob » tout en laissant la part belle aux excentricités et au talent des musiciens.

Si on veut trouver un point faible à Panzerballett, on pourrait évoquer la succession des genres sans qu’il n’y ait forcément de superposition entre eux. L’album est tantôt jazzy (Kling, Glöckchen ou les rythmiques de Rudolf, The Red-Nosed Reindeer), tantôt bourrin (le final de Let It Snow, les breaks « chantés » dans Little Drummer Boy), souvent dans une sorte de Rock Prog intermédiaire, mais assez peu de passages cumulent des éléments Jazz et des éléments Metal en même temps. Mais bon, d’un autre côté, l’ensemble est déjà assez barré comme ça… Les enchaînements d’un genre a un autre sont incroyables, et si on aurait voulu plus de mélanges de styles au lieu de les voir se succéder l’un à l’autre, le résultat proposé reste à la fois fou et intéressant. Et fou.

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de réécouter X-Mas Death Jazz ? Ok, le côté saisonnier fait que ça ne va pas nécessairement avec tout, mais c’est si bon qu’on pourrait faire abstraction, non ? J’essayerai au moins de juin, tiens ; mais j’ai peur que ça fasse comme la raclette : ce plat est objectivement une idée de génie mais personne ne veut s’infliger ça quand il fait trente degrés.
Et puis après tout, c’est peut-être parce qu’on attend fébrilement pendant un an que la saison des cadeaux et des fondues revienne, que tout ça est si bon. Si le plaisir est dans l’attente, alors il est probable qu’on se réécoute ce Panzerballett l’an prochain avec autant de satisfaction.

Et d’ici l’an prochain, justement... Joyeux Noël !

A écouter : Little Drummer Boy, Rudolf The Red-Nosed Reindeer, Let It Snow