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Biographie

Overmars

Formé en 2002, Overmars n’était à ses débuts que le side project de Donefor (avec lequel le groupe sortira d’ailleurs un split en 2002). Donefor sabordé, Overmars devient un projet à part entière en 2003. Après deux splits avec Iscariote et Fugüe, le groupe sort en 2005, Affliction, Endocrine... Vertigo, album d’une lourdeur et d’une qualité rare. Evoluant dans un style que l’on qualifiera de Post Hardcore, le groupe impose ses ambiances sur de longs morceaux dans lesquels on retrouve des influences Doom, Sludge, Hardcore, renvoyant aux groupes de chez Neurot Recordings. Overmars  vient prouver que la France n’est pas à la  traîne en ce qui concerne les musiques lourdes, oppressantes et malsaines et encore davantage en 2007 avec la sortie de Born Again, disque ne contenant qu'un seul morceau, monolithique et caverneux. 2008 voit l'apparition de deux splits avec Icos et Kill The Thrill où les lyonnais reviennent à un format plus cours de leur musique.

15 / 20
1 commentaire (15/20).
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Split avec Starkweather ( 2010 )

Finalement Overmars et Starkweather auront bien poireauté en attendant que sorte ce split. Trois ans pour accoucher d'un quatre titres, on a connu label plus réactif que Deathwish d'autant plus que pas mal de flotte est passé sous les ponts. Xavier s'est fait la malle de la cambuse lyonnaise et le Overmars de 2008 n'aura peut-être plus grand chose à voir avec celui de 2011. Qu'importe, on va pas bouder notre plaisir. Deux titres puissants et denses, à l'obscurité communicatrice, Overmars ne surprend pas et fait ce qu'il sait faire le mieux. Il y a toujours quelque chose de malsain chez les gones, conférant quasiment au religieux avec ces tournures maladives et le chant incantatoire de Xavier sur "Last Sail Sinking", sorte de messe noire cadencée de deux notes d'orgue. La folie n'est pas loin. La suite est moins agressive mais pas moins nocive. Sous des dehors calmes, la menace reste présente, notamment dans le chant de Marion, entre pythie et victime expiatoire hurlant "Sail&Sink on the Altar of Conviction" sur "Following the Sperm Whale" (toujours cette obsession séminale de la faune marine). Pas renversant mais toujours prenant.

Chez Starkweather on aime les tournures dégueulasses. "Nightmare Factory" nous enferme dans un univers de cris, d'accords dissonnants, de torsions et de vrilles, de lacérations corporelles, de scarifications auditives. Build : Destroy. Construire pour détruire juste après, caractère éphémère des choses, chair incluse. Surtout ne s'attacher à rien ou plutôt s'attacher à tout en ayant bien présent à l'esprit que çà ne durera pas. Peut-être pour çà aussi que la passion est si forte. On a certainement oublié l'apport de Voïvod depuis vingt ans mais quand les québécois ont décidé d'inverser les doigts sur les manches de guitare, la musique a pris une autre dimension. Et Starkweather, comme Rorshach ou Converge, leur sont largement redevables, témoin ce break faussement indolent mais au final chaotique sur lequel Resmini fait hurler ses polypes pour donner à l'ensemble une ambiance nocive qui ne laissera pas indifférent. Mais dans son obsession agressive Starkweather en oublie peut-être le principal sur "Armed Memory", du coup moins efficace et moins intéressant que son prédecesseur sur la face. Légère faiblesse largement compensé par le bel artwork de Jean-Luc Navette qui justifie également l'adhésion à cette association de malfaiteurs.   

A écouter : Following the Sperm Whale (Overmars), Nightmare Factory (Starkweather)
13.5 / 20
2 commentaires (12.5/20).

Split avec Icos ( 2008 )

Un split Overmars / Icos, que du bonheur à première vue. L'un des leaders de la scène postcore française rencontre un groupe phare de la même scène suédoise. Au vu de la qualité des dernières productions de chaque groupe, on peut s'attendre à un split lourd et imposant.

The Road To Awe, morceau des lyonnais de Overmars, dépasse à peine les 4 minutes, ce qui peut sembler faible face aux 40 de Born Again. Alors que le groupe nous avait habitués aux lents démarrages étouffants et à une douleur poignante, The Road To Awe ne sait sur quel pied danser. Une intro dans le pur style Born Again, puis une soudaine accélération rappelant Obsolete, sauf que même après plusieurs écoutes, on ne sait si le morceau est joué trop rapidement ou trop lentement. Le chant et les instrus sont étouffants, malsains, le morceau semble distordu, sauf qu'à peine l'esprit accoutumé et prenant plaisir à l'écoute de The Road To Awe, celui-ci se clôt. Tentative avortée de clouer l'auditeur sur place ou alors prise de risque réussie de mettre l'auditeur mal à l'aise ? Sans doute les deux, mais ces 4 minutes restent un plaisir avorté, à l'apparence maladroite...

Les géants du froid de Icos se livrent donc sur Far From Home, un morceau cassé, sentant la solitude et le désespoir à plein nez. Comme sur Fragments Of Sirens, on retrouve des effluves de Neurosis (l'intro qui s'étire ou les passages plus lourds par exemple) qui sont maitrisés avec talent. Far From Home souffre, agonise avec un chant monolithique, érodé par le temps mais solide comme un colosse de Pâques. Même les passages les plus aériens ne sont que le reflet d'un ciel sombre et nuageux. La qualité de cette composition en demeure aussi stable, et même si Far From Home peut sembler indigeste, plusieurs écoutes permettent d'assimiler le poids de l'œuvre.

Trop court pour arriver à s'immerger totalement dedans, et trop long pour arriver à mettre la baffe méritée, ce split reste en équilibre précaire tout au long de ses 11 minutes. Alors qu'Overmars avait livré plusieurs albums de qualité, on ne peut que rester sur sa faim tandis qu'Icos marque bien plus que les français, et restera sans doute le point fort de ce split...

A écouter : Far From Home
16 / 20
2 commentaires (13.25/20).

Büccolision (Collaboration avec Kill The Thrill) ( 2008 )

Après un split avec Icos assez fade, Overmars s'associe avec Kill The Thrill pour sortir Büccolision, œuvre en deux parties où les musiciens se côtoient et les notes s'entremêlent avec une base originaire d’Affliction, Endocrine ... Vertigo. Nouvelle vision de l'œuvre, nouvelle construction du morceau, les deux groupes avancent dans des sphères pourtant si proches et si distantes que l'on ne peut que frémir à l'idée d'écouter Büccolision.

Etant livré sur un 7", Büccolision se voit donc coupé en deux parties que l'on pourrait écouter sans fin tant les transitions sont parfaites. Même si la structure reste très proche, une véritable évolution se fait sentir tout au long de ce disque : une musique qui prend peu à peu de l'ampleur, tant par l'ajout d'instruments que par une atmosphère de plus en plus envahie par un arrière gout de bile. La première partie semble beaucoup moins lourde, sans doute du fait que la seconde s'ouvre sur un chant caverneux, se noie dans un océan de cordes vocales malmenées et traduisant une souffrance sans nom. Le côté angoissant de la version originale semble avoir bien disparu, les cris se font plus étouffés, la douleur moins directe. Sur cette collaboration, Overmars et Kill The Thrill ne font pas les choses à moitié et s'allient pour faire front, comprimer l'esprit et faire plier la conscience face à une horreur libérée de tout fer. Condensé vibrant et ployant sous ce sentiment massif de nerfs tendus attendant la fin du châtiment, Büccolision se clôt à la manière de Born Again : sur une lueur au bout du tunnel, pleine de promesses irréalisées, promettant d'autres supplices... Overmars et Kill The Thrill se font bourreaux, armés de cordes et de peaux.

Œuvre beaucoup plus prenante que le split précédent, Büccolision s'impose dans la discographie d'Overmars, proche de Born Again par ce côté de terreur froide, d’Affliction, Endocrine ... Vertigo grâce à une terreur maîtrisée, mais aussi dans celle de Kill The Thrill qui apporte à ce 7" un côté plus industriel et noise. Büccolision fera souffrir bien des esprits, mais au final, c'est sans doute ce que l'on demande...

A écouter : Oui
16.5 / 20
6 commentaires (16.75/20).
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Born Again ( 2007 )

Affliction, Endocrine ... Vertigo avait marqué les esprits d’amateurs de musiques sombres et malsaines. Ce Born Again va enfoncer le clou ; un ambitieux monolithe de 40 minutes d’une noirceur incroyable ; malsain, glauque, dérangeant. Un disque à ne pas mettre entre toutes les mains.

Produit par Nicolas Dick (Kill The Thrill), autre figure marquante de la scène française en matière de musique sombre, ce Born Again au titre évocateur (le groupe s’étant séparé de son clavier et ayant connu des moments de doute) se démarque de la mouvance postcore par son épurement au niveau musical ; le groupe ne balance pas riff sur riff mais fait durer chaque son, tout semble ralenti, chaque note semble douloureuse rendant l’album d’une lourdeur incroyable et renforçant ce sentiment d’oppression déjà bien présent sur le précédent opus.
Dans son mélange doom / drone / postcore les lyonnais trouvent la composition idéale pour plomber l’ambiance, Marion que l’on entendait peu auparavant s’époumone de plus en plus et la fragilité de cette voix féminine poussée à l’extrême glace le sang.
Le titre arrive, malgré quelques longueurs, à ne pas être trop indigeste grâce à des passages assez diversifiés, le chant faisant souvent office de point de repère entre les différentes parties, chant guttural, écorché ou ce chant féminin si virulent, le tout séparé par de longues plages ambient.
Overmars mise l’ensemble de son œuvre sur l’ambiance, et de ce coté le groupe excelle ; les premières minutes sont marquées par la haine et la douleur et ces sentiments semblent évoluer petit à petit, le final moins dense sonne presque comme une lueur d’espoir après 35 minutes passé dans les tréfonds du genre humain ; ou serait-ce une résignation ? La musique d’Overmars fait appel à des sentiments personnels et l’appréciation se fera vraiment sur son vécu tant le coté introspectif du titre est omniprésent.

Certains resteront de marbre face à ce titre unique, pour d’autres ça sera un voyage douloureux mais dans lequel l’envie de se replonger sera vécu comme une messe, forcément noire. Si entendre du Knut ralenti 50 fois encore plus sombre et malsain ne vous fait pas peur, foncez.

A écouter : D'une traite.
18.5 / 20
15 commentaires (16.6/20).
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Affliction, Endocrine... Vertigo ( 2005 )

Noir, lourd, oppressant et malsain voilà quelques mots qui pourraient amorcer la description de la musique d’Overmars. Avec ce premier album cet ex side project place la barre très haut en nous vomissant en environ 70 minutes ce que la musique a de plus sombre.
Affliction, Endocrine ... Vertigo est la bande son parfaite pour un film de Gaspard Noé ou les productions nippones les plus insoutenables ; ce CD est un crachat contaminé sur le genre humain, rien que ça.
La musique nous plaque au sol, nous assène avec violence le coup de grâce, nos tympans crevés en redemandent toujours plus, plus de bruit, encore plus de cette violence,encore plus de cet extrême musical qui puise sa substance dans ce que le monde a de plus bas. Ovemars nous conduit vers ce qui nous attire et nous repousse à la fois, ces mondes que l’on s’interdit par peur, pudeur ou tout simplement par connerie. Avez-vous assisté à un accident de la route ? Avez-vous vu, voir même été vous-même, une personne ne pouvant s’empêcher de tourner la tête vers ce corps inerte, déstructuré sans vie éclairée par ces gyrophares morbides ? La musique d’Overmars pourrait être cet instant, tant bien qu’une musique puisse être un laps de temps.
Naviguant en eaux troubles et impropres à la consommation Overmars viens boire à de nombreuses sources  tels Neurosis, Cult Of Luna, Impure Wilhelmina (Michaël -chant- vient d’ailleurs prêter son timbre à certains morceaux de cet album), Bongzilla, …mais la teneur de ces 12 titres n’a pas à souffrir de la comparaison de ces mentors.
Overmars prend le temps, parfois plus de 10 minutes, pour installer ces ambiances glauques, chant écorché, voix féminines malsaines, guitare saturée s’adoucissant pour mieux nous éclater en pleine gueule, boucle et samples organiques ou a l’inverse froides et industrielles, … tout les ingrédients sont là pour nous fusiller.
Même visuellement cet album viendra nous plonger dans ce monde noir, livré avec un DVD qui ne pourra pas être simplement appelé « bonus » au vu de sa qualité et de son contenu, entre live, remix et même un court métrage, sombre à souhait, Overmars s’assure la destruction de nos rêve et les remplaces par des cauchemars à faire pâlir les amateurs de snuff movie.
Overmars dont le nom tournait déjà depuis quelques temps inflige avec ce Affliction, Endocrine ... Vertigo une claque magistrale que l’on aimerait recevoir plus souvent. Amateur de musique sombre, malsaine et foutrement bien ficelée ce CD est pour vous, pour les autres il est temps de plonger dans cette noirceur, Metalorgie décline cependant toute responsabilité en cas d’effets secondaire ou d’addiction…


MP3 : This Is Rape

A écouter : Avec attention