Découverte
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Biographie

Oren Ambarchi

Oren Ambarchi est un expérimentateur né en Australie à Sydney en 1969. Sa passion pour les percussions, la guitare, les samples et autres bruits électroniques l'emmène à briser les approches traditionnelles et les frontières de la musique. Depuis 1986, recherchant, triturant, poussant toujours plus loin ses expérimentations, Oren Ambarchi parvient à produire un son qui se déploie largement au delà des sentiers battus. Ses disques sortent sur les labels les plus reconnus du monde expérimental et de nombreuses formations le sollicite pour intervenir sur leurs productions, notamment Sunn O))) pour Black 1. En 2005, sort Triste sur Southern Lord.

Chronique

Triste ( 2005 )

Si vous ne connaissez pas Oren Ambarchi, sachez simplement que sa personne est des plus connues dans le monde de la musique expérimentale. Avec son passé de batteur de jazz ainsi que sa pléthore de disques sortis sur Touch, Mego, Tzadik et cie, le bonhomme possède un solide bagage derrière lui. Aujourd'hui, sa musique se focalise sur l'exploration chirurgicale de la guitare, et pas n'importe laquelle ! En effet, Oren utilise une antiquité des années 80 qui aurait trouvé sa place au sein des groupes de hard rock ou heavy metal les plus clichés de la planète (je ne vais pas vous faire un dessin). Bref, usant d'appareils et de samples, l'explorateur parvient à faire de la guitare un autre instrument et lui donne une sorte de seconde vie. Toutefois, Oren est un touche à tout, en témoigne la multitude de collaborations qu'il réalise. Ces dernières traversent des paysages tantôt pop avec Fennesz ou Sun, tantôt sombres et puissants avec Sunn O))) (sur Black 1 ou lors de leur tournée commune).

Avec Triste, Oren Ambarchi se veut minimaliste et développe une ambiance à la fois cotonneuse et obscure. Pour davantage de spontanéité, les 4 titres ont été enregistrés "live", laissant ainsi place à une fréquente saturation sonore et à quelques parasites plutôt bienvenus dus au micro. Si d'une manière générale les textures sont ici tirées vers le bas et plutôt dans les tons foncés, on se sent étrangement bien dans la "tristesse" ambiante. Seul, blotti dans un cocon dont les parois s'épaississent au fur et à mesure de la superposition des couches, le sentiment de bien-être va croissant. Puis au fil des écoutes et de l'avancée des compositions, l'inquiétude gagne. Aimerait-on se sentir seul et triste ? 
Les passages les plus denses sont le lieu et l'heure d'étranges mariages de sonorités organiques et industrielles (Pt. 2) qui se révèlent être les points culminants de l'oeuvre, ceux durant lesquels on s'interroge le plus sans doute. Quand la pression se relâche et que le calme revient (début de Remake) pour finalement aboutir à une tension palpable (Remodel), on ne peut qu'avoir les nerfs qui flanchent.

Oren Ambarchi agit ici et maintenant en véritable architecte du temps et de l'espace modélisant avec passion et ferveur un monde intimiste et idéal. Une fois le cap de la découverte passé, chaque écoute donne envie de s'y replonger, puis au final d'y rester.
Triste est un beau disque d'electro acoustique noisy. Très abouti, contenant de multiples niveaux de "lecture", il trace des lignes et des silhouettes inquiétantes et attirantes à la fois. Oren Ambarchi réussit là ou des dizaines d'autres échouent.

Télécharger l'extrait : Pt 1 (Excerpt). Regarder en live lors de la tournée avec Sunn O))) : Partie 1 & 2.

A écouter : Seul