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Biographie

Oranssi Pazuzu

Oranssi Pazuzu est un groupe de Black Metal Psychédélique formé en 2007 en Finlande par un quintet constitué de Ontto (Basse), Krojak (Batterie), Moit (Guitare), Evil (Claviers / Percussions) et Jun-His (Guitare / Chant).
Adoptant une posture très différente des autres groupes de Black-Metal, Oranssi Pazuzu choisit la voix du psychédélisme autant dans leur approche musicale expérimentale que dans les paroles qui éviquent la relation entre l'homme et l'univers. Cela vient entre autres du leader Jun-His, ancien membre du groupe de Space-Rock, Kuolleet Intiaanit.
Leur premier et surprenant album Muukalainen Puhuu sort en 2009 et fait parler de lui. Après un split avec Candy Cane en 2010, une suite lui est donné en 2011, nommé Kosmonument mais c'est avec leur troisième album Värähtelijä, sorti en 2016, que la formation finlandaise change de dimension. Le succès critique est alors unanime. 2017 est marqué par la sortie d'un EP intitulé Kevät / Värimyrsky. Ce dernier explore les facettes les plus Post du groupe.

Kevät / Värimyrsky ( 2017 )

La nuit est tombée, sombre, glaciale, désincarnée. Oubliez les boucles hallucinées et tribales qui conféraient à Värähtelijä la chaleur malsaine d’une transe chamanique. Long développement progressif d’une trame mid-tempo aux ambiances lugubres, Kevät vous enveloppe de sa noirceur. Le chant de Jun-His, plus menaçant que jamais, accentue le malaise, le sentiment d’inhospitalité. En comparaison, émerge de Värimyrsky une relative sensation de clarté. A l’image des nuits finlandaises, qui peuvent être peuplées d’aurores boréales, cette seconde face du diptyque se montre plus lumineuse. Reposant sur une ligne de basse toute en rondeurs, les guitares se font d’abord aériennes avant de se mêler aux nappes électroniques pour former une envolée finale cosmique.

Un an après la sortie du monument Värähtelijä, Oranssi Pazuzu n’est pas là où on l’attendait. Tirant (le temps d’un EP ?) un trait sur les sonorités Black pourtant fondatrices de leur musique, les finlandais délivrent une production radicalement différente. La référence a beau être éculée, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a du Cult of Luna dans ces constructions toutes en agrégation, dans ces lignes de synthé. Dans un autre style, l’ambiance générale rappelle celle développée par leurs compatriotes Unkind avec leur dernier EP, Polku. A bien y réfléchir, le seul reproche que l’on pourrait formuler à l’égard de Kevät / Värimyrsky est qu’il ne se suffit pas à lui-même et ne peut ainsi qu’être considéré que comme un complément. En ce sens, il ne possède donc pas la force de son illustre prédécesseur. Indulgents, ce n’est peut-pas non plus ce que l’on lui demandait.

17 / 20
14 commentaires (17.39/20).
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Värähtelijä ( 2016 )

Amis lecteurs, vous vous êtes souvent demandés à quoi ressemblerait une fusion de Destruction UnitCan et Darkthrone, probablement convaincus qu'aucun musicien n'oserait un jour se lancer dans ce défi fou ou bien que le résultat ne serait qu'un témoignage de l'impossibilité de faire cohabiter de tels monstres sacrés de la musique. Votre attente prend fin aujourd'hui grâce à Värähtelijä, le nouvel album de Oranssi Pazuzu.

Les Finlandais avaient déjà bien avancé sur cette voie touffue et escarpée de l'hybridation toute leur carrière durant mais il semble bien que leur ascension soit terminée et que nous puissions contempler les résultats de leur difficile effort. Leur quatrième album s'éloigne à grand pas du Black Metal traditionnel pour n'en garder que l'essence, cette science du riff répété de manière hypnotique jusqu'à la perte de tous repères spatiaux et temporels, qualité partagée par le Krautrock et le Space Rock. Il conserve également cette atmosphère froide, sombre et mystérieuse qui donne toute sa couleur à Värähtelijä, personnifiée par la voix de Jun His, maître à penser des démons oranges. 

Les compositions se basent sur une construction souvent similaire, la répétition d'un thème fort, aux accents tribaux dans la plupart des cas ("Vasemann Käden Hierarkia") afin d'amener le lecteur tout en douceur vers le centre d'une forêt hantée. Il ne se méfie pas, entre de son plein gré et comprend trop tard avec quelle force il sera frappé. Solis hallucinés, claviers dignes de bandes originales de films d'horreurs ("Hypnotisoitu Viharukous") ou blast beats brutaux, réminiscence du passé du groupe et d'une époque révolue ("Havuluu"). 

Inventif, Vibreur (oui, c'est bien la traduction du titre) l'est tout autant qu'il est maîtrisé. Oranssi Pazuzu fait appel à chaque style évoqué plus haut et met en avant son caractère unique sur la scène musicale actuelle. D'une durée de plus de 69 minutes, le disque est construit autour de sept pistes ayant chacune leur petite personnalité, de la lugubre "Lahja" à "Valveavaruus" et sa conclusion électronique et mélancolique. 

Oranssi Pazuzu a, avec son dernier disque, créé le cauchemar de tout critique musical : un album excellent, que l'on prend plaisir à écouter mais qui se moque des styles et de toute appartenance à une école comme de sa première corde. Il n'est pas plus agréable avec son auditeur, au moins au premier rapport : dense, riche, long, parfois répétitif, il n'est pourtant jamais ennuyeux et se digère avec le temps. Si nous devions donner une description simple à ce disque complexe, nous dirions ceci : comme son artwork, Värähtelijä est inquiétant, sombre et pourtant lumineux, dense et pourtant aisé à appréhender, une fois que l'on est en son centre. 

A écouter : Sous acide, perdu dans une forêt hantée