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Biographie

Ophis

Ophis (serpent en Grec) est à l'origine un side-project de Philipp Kruppa, alors batteur du groupe de Thrashcore hambourgeois Rain Of Ashes. Dans l'optique de jouer une musique lente et massive influencée par SamaelTiamat ou encore My Dying Bride, le one-man-band évolue vers un quartet, mais des problèmes de line-up auront raison de son existence au bout de quelques mois. En 2002 Kruppa réactive le projet et sort tout seul une démo, Empty, Silent And Cold, qui est tellement bien accueillie qu'Ophis redevient un groupe à part entière, avec un nouveau line-up. A présent unie, la formation décroche un deal avec Cxxt Bxxcher Records et sort en 2004 un ep, Nostrae Mortis Signaculum, dont le succès lui permet d'enchaîner les concerts. Ophis revient en 2007 avec son premier album, intitulé Stream Of Misery et convainc de plus en plus de monde avec Withered Shades en 2010 via Solitude Productions.

Chronique

15.5 / 20
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Stream Of Misery ( 2007 )

  Les allemands d’Ophis reviennent en cette fin d’année avec un premier album, Stream of Misery, qui suit l’EP Nostrae Mortis Signaculum. Ce dernier donnait dans du Doom Death purement old school qui, s’il n’inventait rien, avait le mérite d’appliquer à la lettre le dogme prêché par Winter, Necro Schizma et autre dISEMBOWELMENT.

Avec ce premier album, on sent toutefois une certaine évolution : Ophis semble s’éloigner quelque peu de la paroisse old school pour se rapprocher de ce qui se fait actuellement, c'est-à-dire un Doom hybride et moderne, qui erre quelque part entre Doom Death et Funeral Doom, à l’image de formations telles que Loss, Imindain, Indesinence ou encore Ataraxie. Ophis entretient d’ailleurs avec ces derniers une ressemblance assez troublante, que ce soit dans l’alternance entre growl et chant plus typée Black Metal ou dans la structure même des morceaux (Godforsaken est quasiment le jumeau de L’Ataraxie sur Slow Transcending Agony), mais ce n’est (vraiment) pas pour nous déplaire.
En clair, l’auditeur se fait lentement et méthodiquement marteler la tronche et le moral à coup de rythmiques plombées (Thy Flesh Consumed), entrecoupées d’accélérations dopées à la double pédale qui évoquent facilement Morbid Angel (Dead Inside, Pazuzu –où on retrouve dans les paroles un « Lord of all fevers and plague » qui n’est sûrement pas un hasard), le tout assené sur une ambiance de fin du monde. La production limpide est aussi un autre atout de ce disque puisque parfaite pour ce genre de Doom : claire tout en étant un brin poisseuse, idéale pour le développement d’atmosphères glaciales et désespérées.

Alors certes, Ophis n’invente toujours rien, n’a toujours pas le petit quelque chose en plus qui pourrait en faire un très grand, mais ce disque contient tout de même de sacrées pépites telles que God Forsaken qui demeure un très bon titre, Pazuzu et son feeling evil, qui s’ouvre sur un monologue suintant la folie et la rage, tiré de L’Exorciste III (“This I believe in... I believe in death. I believe in disease. I believe in injustice and inhumanity and torture and anger and hate... I believe in murder. I believe in pain. I believe in cruelty and infidelity. I believe in slime and stink and every crawling, putrid thing... every possible ugliness and corruption, you son of a bitch! I believe... in you?), Beneath Sardonic Skies qui évoque Mournful Congregation, ou encore Thy Flesh Consumed, lourde à souhait et qui clôt l’album de bien belle façon grâce à des sons aquatiques assez glauques et dérangeants. Ces pistes viennent contrebalancer l’aspect quelque peu monolithique dû à certains passages plus communs (Dolor Nil Finis, Black Wish), qu’il faut dépasser pour saisir la qualité non négligeable de cet album.

En résumé, ce Stream of Misery n’est pas l’album de l’année mais prouve qu’Ophis a les moyens de devenir un groupe qui compte s’il parvient à faire parler de lui. Ce disque peut d’ailleurs être une belle façon de s’initier à des choses plus extrêmes que le Doom Death mélodique typique du Big Three, même si sa qualité n'est plus à prouver.

God Forsaken et Pazuzu en écoute sur la page myspace du groupe.

A écouter : God Forsaken, Pazuzu, Dead Inside