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Biographie

Old Gray

Old Gray est un groupe mené par Cameron Boucher, Raphael Bastek et Charlie Singer, officiant dans un Emo teinté d'influences proches de la scène Screamo. Les premières sorties du combo voient le jour en 2011, au travers d'une démo puis de différents eps et split avec Modern BaseballGirl Scouts, ou Tiny Moving Parts.

15.5 / 20
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Slow Burn ( 2016 )

Une baffe qui aurait pu être magistrale : Old Gray a fini par foutre le feu à ses compos, passant des braises chaudes de dex aux flammes ardentes de Slow Burn, malmenant le Screamo originel sur « Razor Blade » pour en tirer sa quintessence en 29 brèves secondes.
Des samples qu’utilisait Louise Cyphre aux envolées d’Orchid, les Américains prennent tout à contre-pied, les interludes se font titres, les compos se transforment en coupures bruitistes. Le combo va jusqu’à partir sur un PostRock / Core sur « On Earth, As It Is In Heaven » pour clôturer l’ensemble, mais montre clairement son meilleur jour sur les fragments Screamo disséminés ça et là (« Blunt Trauma », « Razor Blade » ou « Pulpit »).
C’est sans conteste la meilleure production à ce jour de Old Gray, sans retenue mais pourtant pleine de poésie, capable de t’emporter dans les cieux sur son dernier titre après t’avoir roué de coups. Les mots sont des armes, le groupe l’a bien compris en s’éloignant peu à peu de certains artistes auparavant proches tels Tiny Moving Parts (avec un excellent Celebrate sorti quelques mois avant), Park Jefferson ou Brave Bird. Le côté Emo a mûri, pris en fougue ce qu’il a perdu en délicatesse pour devenir Portrait ou Orchid (période Chaos is Me).

Là ou le résultat final atteindra ses limites, c’est dans cet enchainement de morceaux au tempo et durée tous plus instables les uns que les autres. Les opus précédents trouvaient un équilibre, là ou Slow Burn est un roller-coaster musical, perdant parfois le fil conducteur que le groupe aurait pu vouloir dessiner : une première moitié renversante, une seconde que les détracteurs qualifieront de poussive, à l’encontre de l’urgence voulue au début.

Avec Slow Burn, Old Gray signe une oeuvre époustouflante sur sa première moitié et son dernier instant. Dans la continuité de ces albums qui ont imposé leur présence sur une scène, ce disque fera plier n’importe quel adepte des deux styles représentés sur ses extrémités, après un très délicat passage à vide sur quelques minutes. On pensait déjà énormément de bien du groupe, cette fois ce dernier confirme qu’ils maintiennent le cap.

A écouter : Razor Blade, en boucle.
15.5 / 20
1 commentaire (15/20).
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An Autobiography ( 2013 )

« It’s not that I want to die, I just want to disappear. »

C’est ainsi qu’aurai pu démarrer An Autobiography. Plein de doutes, de remords, d’égocentrisme maladif dans lequel le narrateur se noie sur chaque titre. N’est-ce pas ce que l’on attend parfois au final d’un simple disque : s’approprier ses maux et mots pour en vivre chaque instant. Ne se plonge-t-on pas dans la poésie de Baudelaire comme dans les sonorités de certains disques ?

Dans la fragilité de quelques titres, Old Gray emprunte la fraîcheur de Brave Bird. Sous la délicatesse ambiante, le combo se mue parfois en Foxing, tout en crachant sa douleur à la manière de Suis la Lune (période Quiet, Pull the String!) ou de Comadre (« The Artist »). Le groupe est ici un tout structuré, ne manquant jamais de consistance dans ses instants les plus douloureux (« Coventry ») mais sans augmenter de façon exagérée le volume de sa partie rythmique. Le double chant, présent par moment, évoquera les effluves de 1905, sans apporter toutefois ce côté contestataire des plus anciens, mais bénéficiera aussi - en complément - de chœurs propres au styles.
An Autobiography est livré de manière brute, presque imparfaite : l’entrée en matière de « The Graduate », fouillie à la première écoute ; le côté Post-Rock de « My Life with You, my life without You » qui rebouclera avec les premières notes de « Wolves », dont le chant parfois à la limite de la rupture rappellera les aspects plus screamo du combo. Pourtant, cet opus n’atteindra pas l’intensité de Do I Dare Disturb The Universe, qui portait les mêmes influences sur quatre titres majestueux (« Her Tongue Was Tattooed On the Back of her Teeth »).

Difficile de s’imaginer que An Autobiography n’est que le premier album de Old Gray, et pourtant le disque reflète cette sensation d’abandon, de volonté de se laisser porter par la vie. Amateurs de Brave BirdSorority Noise ou de sensations plus Emo / Indie portées par Prawn et Foxing, laissez vous transporter.

« It’s just another dream. »

A écouter : Wolves