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Biographie

Olafur Arnalds

Olafur Arnalds est un artiste islandais né en 1987 à Mosfellbaer. Il commence à étudier la musique à l'âge de cinq ans et se découvre un intérêt particulier pour les bandes originales de films et la musique classique vers 14 ans. Initialement batteur pour le groupe de Fastcore Fighting Shit, collaborant avec Celestine et composant des parties de morceaux pour Heaven Shall Burn, c’est aux alentours de 2007 qu’il décide de se consacrer à sa carrière solo avec la sortie de son premier album, Eulogy For Evolution  sur le label londonien Erased Tapes. Plusieurs eps sortiront par la suite (Variations Of Statics en 2008, Dyad 1909 en 2009), ainsi que plusieurs albums conceptuels. Le premier d’entre eux, Found Songs (2009), a notamment été composé et mixé en une semaine, un morceau par jour, mis en écoute au bout de 24h sur le site du label. Deux ans plus tard, Olafur Arnalds revient avec Living Room Songs (2011), un album cette fois entièrement enregistré dans son salon d’appartement, avec un piano, deux violons et un violoncelle, pour une musique intimiste et toujours minimaliste. Il compose également des bandes originales de films, notamment pour Another Happy Day (2012) et Gimme Shelter (2013), avant d’être largement reconnu pour sa composition sur la série britannique Broadchurch (2015), ayant contribué à son succès aujourd'hui.

En 2015, il sort avec Alice Sara Ott, The Chopin Project, reprenant des classiques du grand compositeur qui l’ont inspiré. C’est en 2016 qu’il sort Island Songs, projet de collaboration avec d’autres artistes et musiciens islandais au cours d’un voyage de sept semaines dans sept localités différentes d’Islande, où apparaissent notamment Nanna Bryndís, chanteuse dans le groupe Of Monsters And Men, ou encore le South Iceland Chamber Choir.

Entre temps, Olafur Arnalds sort son deuxième album solo, …And They Have Escaped The Weight Of Darkness (2010), ainsi que For Now I Am Winter (2013) présentant quatre morceaux composés avec des voix, chantées par Arnór Dan, chanteur du groupe de Rock Progressif islandais Agent Fresco. C’est en 2018 que son quatrième album Re:member voit le jour, incorporant toujours plus de sonorités Electro ainsi que des beats et rythmes de batterie, Olafur ayant fait appel pour l’occasion à des musiciens issus du milieu Hip-Hop notamment. Eulogy For Evolution se voit quant à lui remasterisé pour l’anniversaire de ses dix ans en 2017 par Nils Frahm, musicien berlinois de la scène Néo-Classique / Ambient, avec qui l'islandais fera plusieurs collaborations musicales. 

Olafur Arnalds réalise de nombreuses tournées en Europe, en Asie et en Amérique, se faisant remarquer à ses débuts lors de premières parties réalisées pour Sigur Ros et Björk en particulier. En parallèle et depuis 2009, il joue également dans son projet de Techno minimale Kiasmos, avec Janus Rasmussen, musicien du projet Bloodgroup

16 / 20
1 commentaire (17.5/20).
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Re:member ( 2018 )

Des artistes nous faisant voyager à travers nos émotions, notre imaginaire et nos rêves, Olafur Arnalds se pose de nouveau dans cette catégorie via sa grande créativité musicale. Adepte de projets musicaux originaux et divers (composant des albums concepts ou jouant avec son autre projet de Techno minimale Kiasmos par exemple), il est devenu un compositeur incontournable de la scène Néo-Classique / Ambient, aussi bien en Islande qu’à l’international. Olafur Arnalds nous livre ici un quatrième album solo d’une composition riche et mature à la fois, que ce soit dans les mélodies, la production ou les intentions.

En effet, l’attention portée au son des divers instruments, comme toujours piano, violons et violoncelles, est grande. A ceux-ci s’ajoutent quelques rythmes à la batterie et des beats electro que l’on peut retrouver sur Inconsist, se mêlant aux notes de synthétiseurs rajoutant une profondeur à certains morceaux tels que Ypsilon. L'utilisation de son piano "fait-maison", le Stratus Piano, consistant en deux pianos jouant des harmoniques aléatoires à partir de notes jouées par un clavier central contrôlé par Olafur Arnalds, créé au fur et à mesure des harmoniques inattendues, tantôt étonnantes, tantôt innocentes, voire oniriques comme sur le morceau Re:member ou encore They Sink. Soudainement un changement inattendu intervient, le morceau Momentary nous faisant faire une pause dans le temps avec sa mélodie nostalgique et un son rétro comparable à un vieux phonographe. Le voyage se clôture sur une invitation à la contemplation, la prise de recul, avant de plonger yeux fermés dans une mer de songes que dépeint Nyepi.
Ici, les ressentis intérieurs s’entremêlent, bien que la mélancolie ainsi que la nostalgie nous guettent du début jusqu'à la fin. Des mélodies introspectives mais pleines d’espoir comme sur Undir, et parfois quelques morceaux aux notes joyeuses, tel que Ekki Hugsa. Les morceaux défilent et le temps s’arrête, les différentes parties s’enchaînant progressivement nous emmenant visiter nos souvenirs, nos choix et nos expériences. Chaque pièce apporte comme une sensation d’apaisement, une sorte de petite voix nous accompagnant et nous murmurant à l’oreille que, peu importe ce qu’il va se passer, tout ira bien.

Que l’on soit heureux ou triste, que la vie soit simple ou compliquée, cet album peut devenir votre compagnon de route, car il réussira à vous toucher d’une quelconque manière à un moment ou à un autre de votre écoute. Olafur Arnalds prouve une fois encore sa maîtrise du son et de la composition, et signe une œuvre différente des précédentes, mais tout aussi touchante et envoûtante.

16 / 20
6 commentaires (15.5/20).
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Variations Of Static ( 2008 )

Variations of Static se découvre comme un jour naissant. Sur "Fok", la piste d'ouverture, la nature s'éveille et se met en mouvement. Piano et violoncelles, bases de l'instrumentation d'Olafur Arnalds, prennent peu à peu leur envol, rejoints enfin par quelques beats electro délicatement dosés. Les éléments pourtant rassurants se transforment alors sous un ciel changeant. 'And all I heard was the screaming silence of the night'. Au milieu des plaines parcourues par le souffle des instruments , le fantôme d'une voix samplée s'élève, inquiétante puis désespérée. Sa présence hantera l'album tout au long des cinq morceaux comme une âme perdue et abandonnée.

5 pièces, comme autant de variations autour de la mélancolie où piano et violoncelles se répondent et s'entremêlent. Aux notes brisées de "Við Vorum Smá..." font écho les pleurs des cordes de "Haust" progressivement embrassés par de douces nappes electro. Un jeu de la tristesse et du hasard qui met en valeur tout le soin apporté à l'orchestration qui allie à la puissance des émotions portées les instruments classiques les songes éthérés de la musique électronique.

A la question de savoir d'où lui venait la mélancolie dégagée par cet album, Olafur Arnalds répondit qu'il n'y avait pas pensé en composant: 'Ces morceaux ne sont pas mélancoliques pour moi, j'essaie juste de trouver des mélodies qui touchent. Les gens peuvent les interpréter comme ils veulent'. L'invitation est alors lancée à façonner soi-même l'oeuvre et ses sentiments. L'enchevêtrement des instruments n'est qu'un gigantesque tableau esquissé par l'islandais auquel l'auditeur est encouragé à apporter les couleurs. Tout cela, au gré de ses propres voyages à l'intérieur des paysages dessinés par le compositeur.

A 21 ans, Olafur Arnalds signe là une oeuvre d'art dont la richesse réside dans sa portée évocatrice. Progressant sans cesse dans sa démarche de transformation de la musique classique, il dresse une sublime toile intimiste aux traits fins, changeants sous le regard du public et que chacun peut s'approprier. Olafur Arnalds est un artiste peintre au pinceau en forme d'archet.

A écouter : Comme un tableau