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Biographie

Okkervil River

Fondé en 1998 et prenant son nom d'une nouvelle de Tatiana Tolstaya (petite-fille de Tolstoï), Okkervil River est d'abord un trio, mené par le songwriter Will Sheff, véritable âme de groupe et accompagné par Zach Thomas à la basse et Seth Warren à la batterie. Le premier album du groupe, Stars Too Small to Use, sort confidentiellement durant l'été 1999.

Quelques mois plus tard, une rencontre avec Jonathan Meiburg permet au groupe d'intégrer piano, orgue et accordéon en son sein. Le groupe, bien qu'étant toujours l'enfant de Sheff, évolue par la suite sous l'impulsion de ses deux têtes pensantes jusqu'au départ de Meiburg en 2008.

C'est d'ailleurs en 2001 que Shearwater voit le jour, crée par Sheff et Meiburg. Projet jumeau de Okkervil River, Shearwater est d'abord le récipient des chansons de Meiburg et de quelques chansons de Sheff qui n'entrent pas dans le cadre de son groupe principal. Petit à petit, Meiburg s'approprie le groupe qui devient une entité à part entière.

En 2002, après une année studieuse que le groupe passe en studio, le label Jagjaguwar présente Don't Fall in Love with Everyone You See et Okkervil River passe 2003 sur la route, intégrant un nouveau claviériste à son bord. Le groupe affirme son style emprunté à la fois à folk et à l'indie rock et 2004 marque l'explosion du groupe quand sort Black Sheep Boy et son EP subséquent, Black Sheep Boy Appendix, l'année d'après. Le groupe signe alors avec Virgin / EMI Europe pour diffuser l'album sur le Vieux Continent en 2006. Rien d'étonnant, donc, qu'en 2007, le 4e album des texans, The Stage Names vende 10 000 copies aux Etats-Unis la première semaine. Après l'avoir pensé à l'origine comme un double album, le groupe est contraint de diviser sa sortie en deux, The Stand Ins venant compléter The Stage Names en 2008 avec le même succès public (et critique), gardant l'esprit folk des débuts en y ajoutant quelques élément country inédits.

Témoignage de sa conception quelque part douloureuse, l'album s'ouvre sur un "Loast Coastlines" émouvant, dernière collaboration à ce jour entre Will Sheff et Jonathan Meiburg avant que le duo ne se sépare.

Chronique

12.5 / 20
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The Stand Ins ( 2008 )

Seconde partie d'un dyptique inicié en 2007, The Stand-Ins est la suite logique et complémentaire de The Stage Names, jusqu'aux pochettes qui, reliées, forment un tableau, le jour et la nuit, la vie et la mort. Ce dernier opus serait donc celui de la macabre réalité cachée sous une mer d'huile au soleil couchant. C'est en tout cas la fin d'une époque pour Okkervil River, annoncée sur "Lost Coastlines", dernier morceau qui voit Will Sheff et Jonathan Meiburg collaborer, échanger leurs voix emplies de nostalgie et d'une gravité marquante.

Meiburg alors parti se consacrer à plein temps à Shearwater (Rook sort également en 2008), Sheff mène la barque en solitaire, sans (presque) rien perdre pourtant de son énergie et de son talent de conteur d'histoires. Qu'il chante l'échec, le mensonge ou la résignation ("Singer Songwriter"), déguisés sous des rythmiques variées et optimistes (utilisation des cuivres sur "Starry Stairs" par exemple), Will Sheff le fait avec une douceur et une condescendance qui confèrent à ses personnages une réalité palpable, comme s'il s'agissait de vieux amis. "Blue Tulip" est sans doute la plus touchante de ces preuves d'affection, qui raconte une rupture brutale et définitive (With every single cell of me / I'm going to make you mean / The words you sigh, you lie / Goodbye). Portée par une instrumentation dramatique et le craquement d'une distorsion, la voix se lâche à s'en casser avant de se perdre dans le lointain.

Il est difficile de départager dans cet album ce qui est autobiographique de ce qui est crée; néanmoins, The Stand-Ins est certainement l'album le plus sombre d'Okkervil River par les thèmes abordés (la fin de la collaboration Sheff / Meiburg, en filigrane, y est-elle pour quelque chose?) ou la profondeur de certaines mélodies, loin de la superficialité et de la simplicité qu'elles inspirent à première écoute ("Pop Lie"). Sans s'y tromper, cependant, le disque reste immédiat d'accès, ne fait qu'effleurer certains sujets sans toujours les développer, donnant au final une impression de tourner les pages sans s'inscrire dans la durée; trop court peut-être, trop fade si on veut le comparer au magnifique Rook.

C'est peut-être le syndrome qui a souvent marqué Okkervil River, aux compositions solides et prenantes à leurs moments mais ne réussissant pas à s'inscrire dans la durée. Ce n'est pas faute d'y mettre du coeur à l'ouvrage car le groupe respire la sincérité et la volonté de bien faire. Mais là où The Stage Names savait où il voguait, The Stand-Ins marque une pause, indécis, cédant parfois à la facilité, chose à laquelle les américains ne nous avaient pas habitués auparavant. Reste à voir comment rebondira le groupe mais tout n'a ici pas été dit.

A écouter : Blue Tulip - Singer Songwriter - Lost Coastlines