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Biographie

No Fun At All

Ingemar Jansson : Chant
Stefan Neuman : Guitare
Krister Johansson : guitare
Mikael Danielsson : Basse
Kjell Ramstedt : Batterie

L’histoire débute naturellement en Suède, dans une petite bourgade peuplée de 2.500 âmes portant le doux nom de Skinnskattenberg. Le renouveau du punk-rock battant son plein depuis maintenant quelques années, trois jeunes prirent la décision de former un groupe à leur tour lors de l’été 1991. Ce combo qui se nommera No Fun At All - mélange astucieux entre la chanson "No Fun" des Stooges et du groupe Sick of it All - est composé de  Mikael Danielsson alors guitariste et compositeur, d’Henrik Sunvisson à la basse et de Jimmy Olsson à la batterie, en plus d’avoir le privilège d’être le chanteur.
Après quelques répètes, leur premier effort vint au monde en 1992 sous la forme d’une démo intitulée Touchdown. Malgré ce premier CD, Olsson est le premier à quitter le navire un an plus tard pour se consacrer entièrement à son autre groupe, Sober.  Ne voulant pas que l’aventure se termine ainsi, les deux membres restants recrutèrent au chant Ingemar Jansson, Krister Johansson à la guitare et Kjell Ramstedt derrière les fûts.
C’est ainsi que sort en 1993 sur le label Burning Heart, leur premier EP Vision, franc succès car vendu à plus de 25.000 exemplaires. Un CD qui posera les bases de ce que sera No Fun At All, à savoir un punk rock incisif, hargneux mais teinté de mélodie grâce à la voix particulière de Jansson. Pas de temps mort puisque viendra par la suite leur premier album (ainsi que celui du label notamment ) No Straight Angles permettant au combo de concrétiser leur succès.
S’enchaînent alors les EP comme In a Rhyme en juin 95 et There is a Reason to Believe in Miracles la même année. Out Of Bounds sortit donc en octobre 95, bien accueilli par la presse et les fans, recelant des morceaux cultes du groupe comme "Beat’em Down" ( qui servira de nom au label du groupe par la suite) ou "Master Celebrator". Cet effort marquera notamment la participation du fondateur de NFAA Jimmy Olsson aux chœurs.
Après l’EP  And Now for Something Completely Different en juin 97, on retrouvera à nouveau Olsson en tant que co-auteur de la première piste de l’album The Big Knockover un mois plus tard. Un effort qui marque un changement radical tant au niveau du son que de la puissance des morceaux.
Une compile des premiers EP sort en 1998 sous le nom de Going’s Steady et c’est Henrik Sunvisson qui quitte le groupe à son tour, remplacé au pied levé par Mikael Danielsson. Stefan Neuman fera son apparition pour prendre le poste de guitariste désormais vacant. Ce dernier arrivant à temps pour le fameux live à Tokyo en 1999.
Ce début de millénaire ne débutera pas sous les meilleurs auspices, car après un State Of Flow en 2000, album déconcertant, bien plus profond et  travaillé mais manquant de cette pêche qui caractérisait tellement le groupe, le split pointera le bout de son nez en 2001 marquant la fin d’une grande aventure qui fit de No Fun At All un des fers de lance du punk-rock européen, si ce n’est mondial.
Le groupe continua néanmoins à jouer quelques fois, en Suède ou hors de leurs frontières à partir de 2004, jusqu’à ce que 4 ans plus tard, lors d’une apparition au Groezrock, en Belgique, NFAA déclara officiellement sortir un album sous peu. Low Rider sortit donc sur leur propre label, Beat’em Down, un retour aux sources tant le groupe se veut explosif mais tout aussi mélodique.

14 / 20
3 commentaires (14.67/20).
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Low Rider ( 2008 )

Pionniers de l'explosion de la scène punk/hardcore suédoise des années 90 aux côtés de groupes comme Refused, Millencolin et autres Satanic Surfers, No Fun At All a incontestablement fait les beaux jours du punk mélodique. Pourtant avec un dernier album, State of Flow, moins direct, moins véloce, les Scandinaves avaient laissé un arrière-goût quelque peu amer dans les tympans de leurs fans, avant de finalement mettre un terme à leur carrière en 2001.

Mais comme pour beaucoup d'autres, le plaisir de jouer ensemble et en public leur musique favorite les a bien vite rattrapés et depuis quelques années, les No Fun At All avaient permis à quelques vieux regrets, dont les miens, de s'évanouir. Mais manifestement ce n'était pas encore assez et ces quelques prestations ont du leur ouvrir l'appétit puisque c'est carrément un nouvel album, Low Rider, qui débarquait dans les bacs fin 2008. Comme on pouvait raisonnablement s'en douter, on n'aura pas vraiment droit à un bouleversement majeur dans la musique proposée par le groupe. Mais malgré tout, la question qui brûle toutes les lèvres c'est celle de savoir si le groupe reprend les choses avant ou après l'accalmie de State of Flow. Et la réponse est : ni l'un ni l'autre, ou plutôt un peu des deux.

Quelques secondes d'introduction, puis cette batterie qui entame sa cavalcade au galop et on a compris que le groupe s'était réconcilié avec ses aspects les plus rentre-dedans. Les riffs aux légères saveurs de hardcore mélodique s'enchaînent, toujours contrebalancés par la voix très mélodique et si particulière d'Ingemar Jansson. C'est ce contraste qui faisait la force et le charme de No Fun At All et qui permet de retrouver ici ce sentiment de détermination toute en légèreté, qui donne envie de lever le poing serré sur les refrains à reprendre en coeur, mais jamais de l'abattre sur la tronche du voisin. Tout ça nous rappellera immanquablement les heures de gloire du genre et la fin des nineties, mais sans malheureusement jamais parvenir à les transcender. Et c'est là le premier reproche qu'on peut faire à ce disque. Les ingrédients sont là mais le chef manque d'inspiration et du coup, les morceaux se révèlent pour la plupart assez linéaires avec leur construction alternant couplets et refrains sans grands changements. C'est pas désagréable mais ça manque de consistance sur la durée.

Mais avec ça je ne vous ai encore parlé que d'une grosse moitié de cet album. Car au milieu de ces charges délivrées à tout allure No Fun At All a décidé d'intégrer des morceaux plus lents, aux rythmes punk-rock plus traditionnels qui ne sont pas sans rappeler ce fameux State of Flow justement. Ils ont heureusement eu le bon goût de ne pas les faire retomber dans les travers limite "pop" de ce dernier, et au final ces titres amènent des respirations plutôt bienvenues qui viennent dans un premier temps sauver l'album d'une platitude certaine. On notera que parmi ces titres le plus intéressant est aussi le plus surprenant puisque il se révèle être une reprise de leurs compatriotes metalleux d'In Flames. "Episode 666" se retrouve ainsi très joliment adapté à la personnalité de No Fun At All qui nous fait découvrir ce titre sous un tout autre jour. Dommage qu'à part ce dernier, les morceaux plus lents souffrent finalement des mêmes défauts que les plus véloces au niveau du songwriting : peu de changements et encore moins de surprises.

Au final, No Fun At All nous gratifie ici d'un retour en demi-teinte. Les Suédois n'ont certes rien perdu de leur sens de la mélodie qui fait mouche, mais semblent maintenant peiner à les habiller et les étoffer de ces petits plus qui font les grands albums. N'en restent pas moins quelques titres vraiment sympathiques, et un certain plaisir à se replonger dans un style musical qui s'est indiscutablement tari depuis quelques années.

Tracklist : 1. Mine My Mind ; 2. Never Ending Stream ; 3. Reckless (I Don't Wanna) ; 4. Anything Could Happen Here ; 5. Forevermore ; 6. It's Such a Good Thing ; 7. Man with the Powers ; 8. Sorry to Say ; 9. Such a Shame ; 10. Episode 666 ; 11. The Beautiful Sound ; 12. Wind-Up ; 13. Willingly Unknowing ; 14. There Must Be a Better Way

A écouter : Episode 666, Reckless, Man with the Powers, Anything Could Happen Here
15.5 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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The Big Knockover ( 1997 )

Bien rapide et corsé (comme dans Out of Bounds; State of Flow n'évoluant pas tout à fait dans le même genre), The Big Knockover est certainement l'un des meilleurs albums du groupe.
Il démarre sur l'hymne qu'est "Catch me Running Round" et la voix particulière d'Ingemar Jansson, qui n'est pas celle du chanteur de punk rock new school moyen, se détache immédiatement. Son timbre de voix spécial la rend efficace et intéressante, difficilement imitable.

Les riffs des deux guitares, puissantes, angulaires, rentrent rapidement dans le vif du sujet, et la batterie à 200 à l'heure donne le change. De bons breaks inspirés font généralement monter la sauce habilement avant que le groupe ne reparte pour une ultime cavalcade ("Catch me Running Round", "Sorry Lad", "Away From the Circle"). La basse sait aussi se faire présente pour introduire un petit groove par-ci par-là ("Should Have Known", "When the time Comes").

Cependant, les grands garçons suédois ne se limitent pas à une succession de riffs ayant une légère saveur de hardcore, ils savent aussi se montrer plus dociles sur certains morceaux entiers comme "Break my Back" et "The Other Side", ou lors des nombreux ponts, ralentissements, breaks... inclus dans tous les morceaux. Sans être déroutants, les changements de rythme de Kjell Ramstedtsont sont effectués avec brio.

Pas question d'aligner deux accords et un rythme unique ici; l'immense côté mélodique du groupe avec ses chœurs bien intégrés, les intonations mélodieuses de Jansson, les jeux de guitares harmonisées... Tous rappellent le penchant pour le mélodique et la singularité des Scandinaves.
Au final, ce Big Knockover (comprendre K.O.) est un petit coup d'assommoir asséné à une assistance 90s friande de "pogo" comme disaient les djeuns à l'époque.

A écouter : "Your Feeble Mind", "Should Have Known", "Away From the Circle", "When the Time Comes", "Catch me Running Round"